Favoriser la qualité des fourrages
Conseils d’Élise Gagnon, agr., pour maximiser la stabilité et la qualité de la matière sèche contenu dans votre RTM.
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Lorsque l’on parle de maximiser la qualité des fourrages, il faut d’abord savoir à quel groupe d’animaux sera destiné ce que l’on s’apprête à récolter. Les objectifs pour le produit final seront différents selon que le fourrage est destiné aux vaches en lactation, aux vaches taries, aux génisses ou encore aux veaux. Il faudra donc faire un choix judicieux des cultivars.
La ration des vaches en lactation devrait inclure un minimum de 50 % de fourrage, et celui-ci exerce une influence majeure sur les résultats de production. Si l’on considère un troupeau de 100 vaches en lactation qui consomment en moyenne 15 kg de matière sèche (MS) qui provient des fourrages par jour (constitué à 50 % de foin et à 50 % de maïs), à un coût moyen de 350 $/tonne de MS pour l’ensilage de foin et de 265 $/tonne de MS pour l’ensilage de maïs, cela représente près de 168 000 $ en alimentation pour ce seul groupe. Le temps, la planification, les méthodes de travail et la minutie investis dans la gestion du chantier de récolte des fourrages sont donc d’une grande importance.
Objectifs et résultats financiers
La météo joue parfois le rôle de trouble-fête durant l’été. Cette variable imprévisible et temporaire peut diminuer nos résultats financiers pour le reste de l’année. Pour réduire cette incertitude, nous devons concentrer nos efforts sur les variables que nous pouvons contrôler : préparer la machinerie, calculer les inventaires requis, avoir les toiles et les barrières à l’oxygène sous la main ainsi que le personnel nécessaire pour les installer, etc.
Oui, il y a toujours des imprévus, mais quand on priorise sa récolte fourragère, c’est que l’on est conscient et responsable de l’impact majeur de cette récolte dans notre entreprise. Et si la qualité souhaitée n’est pas atteinte, la ration totale sera plus coûteuse. Toutefois, plusieurs producteurs choisiront plutôt d’ajuster leur stratégie alimentaire afin de livrer le quota et de maximiser leur marge alimentaire journalière en sacrifiant un peu les coûts d’alimentation/kg de gras.
Favoriser la routine des microorganismes
Il n’y a pas que la vache qui aime la routine. Les microorganismes du rumen qui travaillent pour elle – et pour votre portefeuille – l’apprécient aussi. L’idéal serait sûrement de fournir à notre animal, tout au long de sa lactation, un fourrage identique qui présente une fermentation optimale, avec la même teneur en matière sèche et les mêmes valeurs nutritives. Dans la réalité, que peut-on faire pour se rapprocher de cet objectif?
Premièrement, il faut connaître les rendements afin de calculer adéquatement les stocks nécessaires et disposer de fourrages fermentés à l’année pour chacune des catégories utilisées.
Deuxièmement, il faut viser une fermentation optimale et stable, sans échange d’air. Les facteurs qui influencent cette stabilité sont la matière sèche à la récolte, la teneur en sucre de la plante, son pouvoir tampon, la longueur de coupe, la compaction, la porosité ainsi que le scellement de la masse. Plus les échanges gazeux sont limités, plus les pertes d’ensilage durement récolté sont réduites, et plus l’écart entre les inventaires calculés et les rendements réels au champ sera faible, bien qu’il ne puisse jamais être complètement éliminé (processus de fermentation oblige).
Pour favoriser l’atteinte de ces objectifs, il peut être judicieux d’utiliser un inoculant et un inhibiteur de moisissures. Un ensilage contenant des levures et des moisissures sera moins appétant, et les vaches diminueront leur consommation totale de matière sèche. Comme elles ne peuvent pas simplement choisir de ne pas le manger, elles devront vivre avec les impacts négatifs de la présence des levures et des moisissures.
Troisièmement, la ration doit être accessible 24 heures par jour, sans restriction. Les animaux doivent pouvoir manger en tout temps. Il est impératif de rechercher la stabilité de la consommation afin d’assurer la stabilité du rumen.
Lorsque l’on parle de stabilité pour les microorganismes, il faut également parler du risque de tri lors de la prise alimentaire. En effet, le tri réduit cette stabilité. La matière sèche de la ration totale mélangée est importante, mais la longueur de coupe l’est tout autant. En évaluant la longueur de coupe actuelle et en l’ajustant au besoin, vous aurez une incidence non seulement sur la conservation de l’ensilage, mais également sur la consommation.
La vitesse d’ingestion augmente lorsque la longueur de coupe diminue, ce qui permet à la vache de consommer davantage. Il faut cependant atteindre un point d’équilibre, puisque la vache doit également conserver une bonne rumination.
Enfin, contactez votre expert-conseil afin qu’il puisse vous aider à planifier vos besoins et à mettre en place les procédures nécessaires pour maximiser la qualité des fourrages servis à chacun de vos groupes d’animaux.
Ce reportage est paru dans le Coopérateur d'octobre 2026.