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Raconte-moi ta coop : La Coop Agrilait

La Coop Agrilait

Photos : Christophe Champion

 

Véritable moteur de rayonnement et de fierté, la coopérative permet aux citoyens de Saint-Guillaume de donner le meilleur d’eux-mêmes.

 

Un partenaire dans la réalisation des rêves

Quand la famille Gonzalez-Bayard s’est installée à Saint-Guillaume vers le début des années 2000, elle ne se doutait pas que son nouveau lieu de résidence aurait un impact aussi marqué sur son avenir.

Michèle Bayard n’a pas tardé à s’impliquer dans son milieu. Elle a vite apprécié le soutien d’Agrilait dans la collectivité : la coopérative était toujours prête à soutenir les initiatives, des plus petites aux plus grandes. Celle-ci a notamment appuyé une foule de projets pour les jeunes de Saint-Guillaume (auxquels ont participé Mérédith, Lorianne et Xavier, les enfants de Michèle) : embellissement de l’école, équipes sportives, activités culturelles, etc.

Pour Lorianne, le lien avec Agrilait s’est prolongé sous forme d’expérience de travail, puisqu’elle occupe depuis près de cinq ans un emploi au centre d’interprétation de la Fromagerie (aujourd’hui de façon occasionnelle, puisqu’elle étudie en physiothérapie à l’Université de Montréal). Le centre l’appelle pour faire visiter des groupes de passage à la Fromagerie. Elle collabore aussi à la tenue de kiosques lors de grandes activités de promotion, comme la Festival des Fromages Fins de Victoriaville. « Elle a acquis une belle assurance et mis à profit son charisme, fait remarquer sa mère. Elle a pu acquérir de nouvelles compétences grâce à cet emploi. »

Dans le cas de Xavier, l’aventure s’est poursuivie sur le plan athlétique. Il a étudié en sports-études (baseball) à Saint-Hyacinthe, pour progresser ensuite vers le Midget AAA, les Jeux du Québec et du Canada, la Classique Claude-Raymond et finalement l’Académie de baseball du Canada, antichambre des universités américaines et, éventuellement, du sport professionnel.

Toutes ces démarches ne sont pas sans coûts. La famille Gonzalez-Bayard a fait des sacrifices pour permettre à chacun de ses enfants de réaliser son plein potentiel et de « devenir la meilleure personne qu’il puisse être ». « Trop souvent, l’aspect financier vient couper court à de grands talents, et c’est dommage », estime Michèle.

Xavier a pu compter sur Agrilait, qui l’aide financièrement depuis deux ans. Cet appui et la persévérance du jeune homme ont porté leurs fruits, puisque le lanceur gaucher a été recruté en décembre dernier par un établissement postsecondaire américain, le Clarendon College, situé au Texas. Il a pu intégrer son équipe, dont la saison débutait en février. Pour l’anecdote, bien que Xavier se retrouve à des milliers de kilomètres de chez lui, il vit maintenant dans une ville située en pleine campagne, à peine plus grande que Saint-Guillaume, et où son école est une véritable institution.

Xavier apprécie la chance qu’il a, indique Michèle. Ambitieux et réaliste, il franchit les étapes une à la fois. « Quand on nourrit des rêves, on espère aller le plus loin possible. »

Et bien que Michèle ne participe plus autant aux activités de sa ville, elle est très reconnaissante de l’implication d’Agrilait. « La coopérative est un partenaire de toujours, un incontournable qui en mène bien plus large que les seuls membres de la coop. Elle bénéficie à tous les projets stimulants entrepris par la communauté. C’est un moteur de rayonnement et de fierté. Elle joue un rôle déterminant et très important. »

 

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La Course du P’tit Frais

Avec un nom comme ça, soit cette course est du genre relax, soit elle se donne beaucoup d’importance, vous dites-vous! Ni l’un ni l’autre, en fait. Cette course, organisée depuis 2015 à Saint-Guillaume, a comme seul but d’amasser des fonds pour le centre récréatif de la ville, question de donner aux jeunes et moins jeunes des infrastructures et des moyens leur permettant de faire des activités dans leur coin de pays. « On voulait trouver un type de financement qui génèrerait des fonds et qui reviendrait chaque année », explique Hugo Tremblay, à l’origine de l’évènement. Depuis 2015, 7 000 $ ont été récoltés pour le centre récréatif.

La Course du P’tit Frais, qui se décline en plusieurs catégories, se veut familiale. Dès la première année, elle a su rallier un grand nombre de participants, soit 226 coureurs – chiffre qui est passé à 287 l’an dernier.

La Coop Agrilait et la Fromagerie St-Guillaume, qui appartient à Agrilait, sont affiliées à l’évènement depuis les débuts, tout comme le magasin BMR local, qui sert aussi de dépanneur. « On a toujours eu une bonne entente avec eux, souligne Hugo Tremblay. Ce sont des gens qui habitent la région, et ils voient à quoi servent les services. »

Depuis les débuts, Hugo a trouvé une bonne oreille auprès de la coopérative, dit-il. « C’est merveilleux : ils vont au-devant des attentes, nous demandent ce qu’ils peuvent faire. Une relation s’est créée avec les années. Ce ne sont plus des commanditaires, mais des partenaires. »

Cette course a aussi fait des petits à Saint-Guillaume. Sur un terrain boisé de la ville qui servait de dépôt de neige, on est en voie d’aménager un sentier de 1,3 km, grâce entre autres au bénévolat de producteurs agricoles du coin, qui ont déroché et aplani le terrain avec leurs tracteurs. Les projets sont déjà nombreux pour ce futur parcours. De sentier de randonnée l’été, il devrait se transformer l’hiver en sentier pour patins et raquettes. Même les enfants de l’école située tout à côté pourront compter sur cet endroit supplémentaire pour leurs cours d’éducation physique, au grand plaisir de leurs profs.

Grâce à Hugo, les gens de Saint-Guillaume se mettent à l’activité physique. Et surtout, les liens de la collectivité se sont renforcés par la création de rencontres entre les jeunes et moins jeunes, la ville et la campagne. Mais pour Hugo, les mérites sont à partager : « Si ce n’était de la fromagerie, la course n’existerait pas. »

Et si vous vous demandez d’où vient le nom de la course, la réponse se trouve dans deux fromages-vedettes de la Fromagerie St-Guillaume ayant pour nom… Le P’tit Frais, soit un cheddar et un fromage en grains, qui fait couic-couic sous la dent. Tous les participants de la course ont d’ailleurs droit, à la fin de l’épreuve, à un grilled cheese (qui remplace les collations qu’on trouve dans les évènements du genre), grâce à la collaboration de la Fromagerie.

Pour les intéressés, l’évènement revient cette année, toujours en septembre. À vos marques! Prêts? Partez!

 

jpv

 

Le cœur et le poumon d’une ville

Jean-Pierre Vallée, maintenant à la retraite, a vécu toute sa vie à Saint-Guillaume. Il a exercé les fonctions de professeur, de directeur d’école, de maire de Saint-Guillaume et de préfet de la MRC de Drummondville. C’est vous dire comme il connaît bien son coin de pays. Et il a pu constater l’effet de la présence de La Coop Agrilait sur le maintien la vitalité du village.

« Des gens se sont battus dans les années 1970 pour maintenir notre coopérative ouverte et la garder à Saint-Guillaume. On a mis de l’énergie à la conserver, comme la Fromagerie », raconte l’ancien maire, qui est demeuré en poste pendant 12 ans, de 2005 à 2017.

Agrilait est une entreprise importante pour la municipalité et ses 500 habitants. Un sentiment d’appartenance s’est développé avec les années, et les Guillaumiens sont fiers de voir la coopérative faire partie de leur paysage. Agrilait est présente pour ses membres, mais ce lien a débouché sur une vraie relation d’entraide avec la collectivité. « On n’a jamais eu de refus quand on sollicitait les dirigeants de la coop pour divers services sociaux, communautaires ou financiers, dit l’ex-maire. Ce n’était jamais fait de reculons. On était toujours sûr d’être reçu de manière encourageante. »

Jean-Pierre Vallée a aussi pu constater l’impact économique de la coop sur le territoire de la municipalité. La MRC de Drummondville est une des plus importantes du Québec, avec une population de plus de 100 000 personnes. Lorsqu’il était préfet, il a observé que des milieux ruraux se dévitalisaient à cause du manque d’entreprises. La présence d’Agrilait permet à Saint-Guillaume d’exercer un rôle de pôle régional pour les petites municipalités avoisinantes, grâce aux emplois générés par la Fromagerie et le magasin BMR. « Si la Banque Nationale et Desjardins sont encore en fonction ici, c’est grâce en partie à la présence de la coop », dit-il.

Et quand la coopérative a demandé qu’on augmente son accès à l’aqueduc municipal, la ville, à son tour, était à l’écoute. « Compte tenu de notre bonne entente, on a accédé à leur demande en forant un puits supplémentaire, même si ça représentait un impact important pour la communauté. On a collaboré avec eux, parce que l’on croit en eux. »

Céline Normandin

QUI EST CÉLINE NORMANDIN
Détentrice d’une maîtrise en science politique, Céline est journaliste-pigiste auprès du Coopérateur. Et ce n’est pas par hasard si elle se retrouve aujourd’hui à couvrir le secteur agroalimentaire puisqu’elle a grandi sur une ferme laitière. Sa famille est d’ailleurs toujours active en agriculture. 

celine.normandin@videotron.ca

QUI EST CÉLINE NORMANDIN
Détentrice d’une maîtrise en science politique, Céline est journaliste-pigiste auprès du Coopérateur. Et ce n’est pas par hasard si elle se retrouve aujourd’hui à couvrir le secteur agroalimentaire puisqu’elle a grandi sur une ferme laitière. Sa famille est d’ailleurs toujours active en agriculture.