Un monde en plein changement
Le président de Sollio Groupe Coopératif, Richard Ferland, souligne la robustesse du modèle coopératif et l'importance d'investir dans la relève agricole.
Auteurs de contenu
L’intelligence artificielle bouleversera nos habitudes. La géopolitique actuelle, sans doute tout autant. Mais la coopération, elle, demeure un rempart de solidité et de prévisibilité. Sachons l’entretenir!
Notre modèle d’affaires coopératif est un exemple concret de solidarité et d’autonomie. Nous avons connu des temps incertains. Nos fondations ont été ébranlées. Des décisions difficiles ont été prises. Mais votre coopérative n’est pas un colosse aux pieds d’argiles. Soutenue par l’ensemble de ses membres, elle demeure solidement ancrée dans toutes nos régions.
Nous sommes toujours présents, même en temps de crise. Les vents de face, on connaît. Devant l’adversité, on se retrousse les manches. Notre entreprise collective a évolué. Nous sommes maintenant plus robustes. Sollio est un partenaire stable. Nos entreprises agricoles peuvent s’y fier. Car comme producteurs et productrices, nous avons besoin de prévisibilité.
Cela dit, il y a des situations que l’on contrôle moins. Nos partenaires au sud de la frontière nous en donnent régulièrement la preuve par les temps qui courent.
Cette instabilité est préoccupante. Le Canada prend les mesures pour contrer les aléas qu’elle entraîne en tentant de diversifier ses débouchés. Olymel est un exemple éloquent de diversification. Nos produits de porc trouvent preneur dans plus de 60 pays autour du globe.
Notre système de gestion de l’offre, quant à lui, assure une stabilité de production et de mise en marché dans les secteurs du lait, des œufs et de la volaille. Mais les menaces pèsent, notamment dans l’optique de la renégociation de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) qui se tiendra sans doute plus tard cette année. Il faut rester vigilant, aux aguets, et se structurer pour faire face à toute éventualité. Nous sommes en contact constant avec le gouvernement fédéral de même qu’avec l’UPA pour rester à l’affût.
Une gestion solide, de la prudence et de la rigueur feront partie de nos priorités dans nos entreprises coopératives. Elles devront aussi être à l’agenda 2026 de nos entreprises agricoles. Se regrouper, comme nous le faisons depuis plus de 100 ans, est gage de succès et de pérennité.
Investir pour l’avenir
Dans un contexte de diminution constante du nombre d’entreprises agricoles, le bassin de relève s’amoindrit. C’est pourquoi Sollio investit dans les nouvelles générations de producteurs et productrices agricoles. Notre Fonds coopératif d’aide à la relève agricole, le FCARA, en témoigne. On investit pour ceux et celles qui, demain, dirigeront nos coopératives. Ce Fonds constitue une véritable pépinière de talents et de gens motivés à faire changer les choses et à mener notre réseau encore plus loin.
Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que le Rendez-vous de la relève agricole que nous avons organisé, le 1er décembre dernier, en collaboration avec le Mouvement Desjardins, Agropur coopérative et la Fédération de la relève agricole du Québec, avait pour thème « Cultiver notre avenir coopératif ».
Cet avenir, nous l’avons en effet cultivé au cours de l’année qui vient de s’achever et qui avait été décrétée, par l’Organisation des Nations unies (ONU), Année internationale des coopératives. Suite au succès de cette année, l’ONU vient d’instaurer la proclamation d’une Année internationale des coopératives tous les 10 ans, afin de souligner la contribution et le rôle important des coopératives dans le développement social et économique.
Plus imminente, 2026 a quant à elle été décrétée, toujours par l’ONU, Année internationale des agricultrices. Voilà une suite logique qui vient souligner l’apport essentiel et fondamental des agricultrices au développement et à la prospérité de notre secteur.
Notre plan équité porte fruit, la participation et la contribution des coopératrices sont en croissance au sein de nos instances et elles représentent une relève essentielle à nos succès futurs et à notre pérennité.
Sur ce, je profite de l’occasion pour vous souhaiter mes meilleurs vœux pour la nouvelle année!
Cette chronique est parue dans le Coopérateur de janvier-février 2026.