Raconte-moi ta coop : La Coop Unifrontières

Aider à faire pousser le Québec.

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Témoignage et entrevue
Coopérative
Marie-Ève Rheault
Marie-Ève Rheault, agronome et représentante pour Seminis

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Céline Normandin

Journaliste

Détentrice d’une maîtrise en science politique, Céline est pigiste pour le Coopérateur. Elle se retrouve aujourd’hui à couvrir le secteur agroalimentaire puisqu’elle a grandi sur une ferme laitière.

Cultiver le Québec, c’est aussi faire pousser des légumes – des légumes de plus en plus variés et colorés. En parcourant les champs aujourd’hui, on y trouve, en fait, des légumes bien différents de ceux qu’il y avait dans nos assiettes il y a quelques décennies. Cette évolution est due à la curiosité et à la patience de producteurs ainsi que de certaines coopératives, dont La Coop Unifrontières.

La Coop Unifrontières est reconnue parmi le réseau des coopératives pour sa grande implication dans le secteur maraîcher, notamment grâce à sa filiale Norseco, spécialisée dans les semences de légumes. Avec son rayonnement pancanadien, Norseco contribue à sa façon à cette perpétuelle transformation en permettant l’accès à de nombreuses semences de légumes. Dans sa recherche pour toujours trouver la meilleure variété, Norseco travaille avec Seminis, la filiale légumes de Bayer.

Marie-Ève Rheault, représentante de Seminis pour le Canada, s’est jointe à l’aventure maraîchère il y a quatre ans. Cette agronome diplômée de McGill a pu jumeler sa passion pour la génétique et le travail sur le terrain. Elle observe tous les jours la diversité des cultures maraîchères et le travail minutieux des producteurs pour mener jusque dans l’assiette du consommateur des produits frais, de qualité et attrayants. Elle constate régulièrement que le Québec se distingue par sa variété de produits. Si, en Ontario et aux États-Unis, certaines régions se spécialisent dans deux ou trois cultures, les producteurs québécois choisissent plutôt de créer leurs propres créneaux, que ce soit en cultivant le haricot le plus vert, le plus fin ou le plus différent. « Les gens sont curieux ici, observe Marie-Ève. Il y a de belles entreprises qui veulent innover, quitte à prendre des risques pour obtenir des produits de qualité. »

Seminis contribue à cette aventure en proposant les semences de son catalogue à Norseco, qui les offre ensuite aux membres de La Coop Unifrontières ainsi qu’à l’ensemble de sa clientèle. Souvent, un long travail a eu lieu en amont afin de dénicher les meilleures variétés, à la suite d’essais en parcelles pour satisfaire aux exigences du climat et aux conditions spécifiques de la province. Le travail se poursuit ensuite avec la collaboration des producteurs, qui aident à améliorer les produits grâce à leurs commentaires et à leurs propres essais. Un travail qui se renouvelle sans cesse au gré des saisons et de la météo, avec son lot de réussites et d’échecs, d’essais et d’erreurs, comme le démontre bien l’année 2019.

Ce n’est pas par hasard si Seminis a choisi Norseco, filiale d’Unifrontières, comme partenaires : ceux-ci disposent d’un vaste réseau en région, qui compte des vendeurs un peu partout au Québec, ainsi que des parcelles disséminées dans toute la province. « On a toujours besoin des détaillants pour connaître les tendances grâce aux gens sur le terrain, explique l’agronome. Ce sont eux qui sont en contact avec les producteurs. Seminis possède une vision globale avec Norseco : c’est un partenariat qui est à l’écoute des producteurs. »

Seminis et Norseco sont en effet liées du début du processus jusqu’à la toute fin de la récolte et même plus, concernant des problèmes qui vont au-delà de l’agronomie. « C’est une sorte de formation continue, résume Marie-Ève. C’est le fun d’avoir un partenaire dynamique. C’est un véritable travail d’équipe. On travaille ensemble pour régler plusieurs enjeux : la main-d’œuvre, la mécanisation des récoltes, l’amélioration de la qualité lors de l’entreposage, les coûts de production. On cherche à trouver des solutions ensemble. »

Michel Thibert devant son camion.
Michel Thibert, président de Thibert Transport

Un partenariat qui fait du chemin

Michel Thibert est loin d’être un patriarche, mais il a déjà pas mal d’expérience derrière la cravate. Il a vu La Coop Unifrontières traverser plusieurs transformations et, à 45 ans, il est un des « seniors » de la boîte, comme il dit. S’il a commencé à travailler dans cette coopérative à la fin des années 1990, il agit depuis 2002 en tant que transporteur dans la région, qui regroupe principalement des producteurs laitiers et de grandes cultures. Son entreprise, Thibert Transport, fournit différents services aux membres, que ce soit la production de moulée ou le transport d’engrais et de grains. Il est aussi acheteur de grains et, à ce titre, il garde ses clients informés des fluctuations des marchés et des meilleures occasions pour vendre. Il les reçoit à son bureau, situé dans la cour de la coop, ou encore il les appelle. « Ce sont tous des connaissances et des amis. C’est une approche que j’ai adoptée pour les mettre au courant. Je surveille les prix qui sont affichés et je les en informe, souvent par texto. Eux n’ont pas le temps de regarder ça. Ils sont contents quand je les appelle. »

Michel assure un service quasi constant, avec ses trois camions, ses cinq employés et un quart de travail de nuit – ce qui laisse peu de place à l’erreur, quand vient le temps d’assurer un service de qualité. Le matériel spécialisé dont les camions sont équipés doit être fonctionnel et en bon état, malgré le peu de temps disponible pour l’entretien.

Avec les années, le transporteur a installé ses pénates à la coopérative, et la cour est en quelque sorte devenue son domaine. Après cinq ans passés à travailler sur l’aspect production de son entreprise, il reste, selon lui, quelques améliorations à faire. Il lui faut maintenant peaufiner l’esthétique des lieux, notamment des locaux où il accueille les clients. À l’extérieur, il a déjà fait de nombreux travaux. Il a démoli la vieille meunerie, ce qui lui a demandé deux ans de travail.

Michel Thibert se sent maintenant bien en selle pour mener ses affaires. La fusion de La Coop Unifrontières a eu du bon. « Cette dernière détient maintenant un meilleur pouvoir d’achat et offre à ses membres des prix plus compétitifs pour ses produits », confie celui qui transporte le grain pour cette coopérative.

Et depuis le temps qu’il travaille avec Unifrontières, Michel a vu les jeunes qui formaient la relève grandir et prendre leur place. C’est avec eux maintenant qu’il fait affaire au quotidien. « Ils sont plus responsables, plus ouverts que l’ancienne génération. Ils savent par exemple que la techno, ce n’est pas parfait. Ils vont vérifier les chiffres et les données avant de nous appeler. Ils forment une belle relève. C’est agréable de travailler avec eux. » Cette belle entente, il dit la retrouver aussi maintenant à la coopérative.

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