Connaissez-vous M. et Mme Ouimais?

Ils sont charmants, mais ils doutent continuellement. De la température, des taux d’intérêt, des vendeurs, de leur troupeau, de la nouvelle blonde de leur fils. Bref, il est assez rare de les sentir satisfaits et pleinement confiants.

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Couple cachant leurs visages avec un point d'interrogation.

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Isabelle Éthier

Collaboratrice

Isabelle est conseillère en gestion organisationnelle et relations humaines en milieu agricole.

En processus de transfert depuis deux ans, ils hésitent encore à intégrer leur fils qui, selon eux, veut aller trop vite dans ses projets.

Vous aurez deviné le jeu de mots avec le nom du couple. Même s’il s’agit de personnages fictifs, l’anecdote traduit des exemples bien présents dans la réalité agricole québécoise.

Mettons de côté pour un moment tous les risques inhérents à un projet de transfert d’entreprise. Il y en a, c’est certain, et plus qu’un. Je vous l’accorde. J’aimerais simplement développer une réflexion à propos de l’attitude du couple Ouimais.

L’objectif de ce petit récit est de prendre conscience que, très souvent, sans trop s’en rendre compte, on met plus d’énergie dans le mais que dans le oui. On parle davantage des risques d’un projet que de sa réussite.

Résultats : notre perception globale sera nécessairement teintée de peur et d’insécurité.

Le hic dans cette attitude est qu’elle finit par miner l’espoir. À force de mettre l’accent que sur les risques et les dangers, on finit par ne nourrir que le négatif.

La conséquence directe est une perte de confiance en nous-mêmes et en nos propres capacités. Plus encore, on perd confiance envers les autres.

Cette manière de voir la vie crée un climat qui, à la longue, devient démotivant.

Mettre de l’énergie dans le oui

Comment libérer le oui et atténuer tous les mais qui nous habitent? Cette question n’est pas simple, et je n’ai pas la prétention d’y répondre complètement.

En affaires, tout est une question de dosage entre la lucidité rationnelle qui est nécessaire et, j’oserais dire, la foi profonde en nos propres capacités de réussir un projet.

J’observe, par ailleurs, que c’est plutôt l’attitude intérieure des gens qui, très souvent, fait une différence. Lorsque le oui est envisagé avec une confiance qui émane du cœur, il libère la volonté, la créativité et la détermination, ingrédients si essentiels à la réussite. Si le projet change en cours de route, on se dit que ce sera pour le mieux de tous.

Revenons-en au couple Ouimais. Ces gens ont le sens du devoir et, comme la plupart des couples d’agriculteurs de leur génération, ils ont très souvent mis de côté leurs besoins pour le bien de l’entreprise et de leurs enfants.

Arriveront-ils à transférer à leur fils? Je crois que oui. Pour le moment, il faut les aider à envisager les aspects positifs du transfert, et surtout à ne plus se retenir lorsqu’il est question de leurs propres besoins.

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