Ferme Lyan : efficacité, productivité, rentabilité
La Ferme Lyan, située à Saint-Pierre-les-Becquets (Centre-du-Québec), occupe le troisième rang de l’AGREPP (Association de groupes d’éleveurs en production porcine) pour les meilleurs résultats en maternité au niveau provincial. Une reconnaissance appréciée par ses actionnaires, Yvan et Kim Fiset ainsi que Lynda Fournier. Leurs performances ne les ont cependant pas détournés de leur but premier : atteindre la meilleure rentabilité possible.
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Lynda et Yvan ont acheté leur entreprise au réseau Sollio, en 1984. Déjà, le couple devait se montrer efficace. « Nous avons démarré avec 90 truies, lance Yvan Fiset. Ensuite, nous sommes passés à 120, puis à 250, et ainsi de suite jusqu’à atteindre 500 truies. » Ajoutez à cela 183 ha (452 acres) de terre. « Les journées étaient passablement occupées », ajoute le producteur.
La Ferme Lyan avait une particularité : elle comptait déjà des parcs de gestation. « La porcherie, une étable laitière transformée, ne pouvait être aménagée avec seulement des cages. Nous perdions trop de place. Nous sommes donc restés avec des parcs. Ce n’était pas un avantage à l’époque, car les truies glissaient et se blessaient. Nous avons ajouté des lattes de béton, et le tout s’est replacé. »
Quand la nouvelle Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal a été mise en place, en 2015, la famille Fournier-Fiset n’a pas été prise au dépourvu. « Ça n’a pas été un grand changement, dit Kim. Nous avons juste agrandi. Nous avons augmenté l’espace des parcs de 50 %. » « Le plus gros changement, ç’a été pour les truies, ajoute Yvan. Comme nous avons fait les travaux avec les animaux à l’intérieur, il était temps que ça finisse. Les truies étaient stressées. »
La transformation des bâtiments a pris un peu plus de deux mois. Malgré cette modernisation, les éleveurs porcins ont décidé de garder un système d’alimentation mécanique. « Pour voir si une truie manque de moulée, nous devons vérifier si les tuyaux sont vides, indique Yvan. Ce n’est pas moderne comme un Maximus, par exemple, mais pour nous c’est aussi efficace. En plus, c’est rentable. »
Un défi lié au destin
Avec l’arrivée des normes du bien-être animal, le défi était important. L’association avec Olymel exigeait elle aussi qu’on s’y adapte en 2014. « Nous sommes passées en bandes de quatre semaines, explique Yvan. C’était un gros changement pour nous. » En plus, le destin a bousculé le quotidien des producteurs porcins. Yvan s’est blessé sérieusement au dos et a été obligé de réduire ses activités pendant un bon moment. Cette situation a forcé Kim à prendre les commandes de la gestion du troupeau plus tôt que prévu.
Au fil des ans, cela est devenu un défi stimulant pour le jeune homme, encore aux études. « En étant à temps plein à la ferme, je devais améliorer mes performances, raconte Kim. C’est ce qui est arrivé, avec plus de nés totaux, plus de nés vivants et plus de porcelets par truie par portée. » Le taux de porcelets sevrés flirte avec le chiffre 30 (29,29), et le poids de sevrage est de 6,49 kg, un excellent résultat, selon Jean-François Blais, leur expert-conseil chez RP2R.
Un horaire planifié soigneusement
La ferme fonctionne seule dans sa bulle familiale. Donc, les naissances des porcelets sont planifiées. « Nous provoquons les mises bas sur quatre jours, du vendredi au mercredi, explique Kim. Par la suite, nous passons à la vaccination, à la castration et aux queues. Une fois ces opérations terminées, nous procédons aux adoptions, si nécessaire. Je sais que mes truies ont en moyenne 14 porcelets. Quand une truie dépasse ce nombre, je répartis les petits cochons. »
Le départ en bandes espacées de quatre semaines n’était pas le choix des Fournier-Fiset. Après quelques mois, cependant, les producteurs porcins en ont vu les bénéfices. « Avoir de bons chiffres, c’est bien, mais cela doit demeurer rentable, soutient Yvan. Peu importe le domaine, il ne faut pas acheter le résultat. » « Si ça te coûte 1 $ pour gagner 1,05 $, ce n’est pas intéressant, renchérit Kim. Mais si tu débourses 75 ¢ pour 1 $ de profit, c’est passablement plus intéressant. » Difficile de les contredire.
Lire l’article complet dans l’édition de juillet-août 2021 du Coopérateur.
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