Une hausse plus modeste pour le Québec en 2025

Le rapport annuel de la valeur des terres agricoles de Financement agricole Canada (FAC) a été dévoilé le 19 mars dernier par Jean-Philippe Gervais.

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Stéphane Payette

Collaborateur

Membre de l'Ordre des technologues du Québec, Stéphane est expert-conseil en productions végétales à Novago Coopérative. Il est également journaliste à la pige pour le Coopérateur.

Habitué de l’analyse de ce rapport, Jean-Philippe Gervais, vice-président exécutif, Agri-production, constate la hausse de 9,3 % de la valeur canadienne et rassure du même coup le milieu agricole : « Je suis très optimiste pour l’industrie agricole. »

L’enquête menée par l’équipe de FAC démontre que le Québec et l’Ontario ont obtenu des hausses respectives de 4,8 % et de 2,2 %, parmi les plus faibles au pays.

La province qui a enregistré la plus forte hausse est celle du Manitoba avec 12,2 %, suivie de l’Alberta (11,4 %) et de la Saskatchewan (9,4 %). Comme ces provinces représentent à elles seules 80 % des terres cultivées, leur impact est important sur la valeur moyenne.

Des nuances selon les régions du Québec

Le même principe s’applique au Québec où la valeur des terres varie selon les régions. Par exemple, Laurentides-Lanaudière a connu une augmentation de 6,7 % et la Montérégie de 1,7 %, la plus basse augmentation. Ces régions affichent des prix de 24 000 $/acre et de 23 200 $/acre, influençant le prix moyen provincial. Elles ont donc un impact important. La région de l’Outaouais affiche la plus grande hausse (14,9 %).

Les besoins des régions touchant les demandes de leurs marchés respectifs influenceront aussi les montants offerts pour les acres de terre. Les réalités sont ainsi bien différentes d’une région à l’autre. Le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, qui ont plusieurs entreprises de proximités, montrent un portrait différent de celui de la Montérégie et de Laurentides-Lanaudière où les superficies vouées aux productions de commodités sont plus élevées.

Une hausse modérée qui s’explique

Certains phénomènes expliquent les appréciations modérées, selon Jean-Philippe Gervais. « Règle générale, les acheteurs sont beaucoup plus prudents. Ils vont être beaucoup plus sélectifs maintenant étant donné les facteurs économiques. Il y a aussi une diminution du nombre de transactions. Nous n’avons pas les chiffres précis, car c’est impossible de tous les avoir, mais nous avons observé une baisse des achats. Ajoutez à cela que les revenus bruts ont diminué de 16 % en 2024 et de 1 % en 2025. »

« Pour ce qui est du prix des commodités, ajoute le vice-président, il demeure élevé. Ceci met une pression importante sur le budget des entreprises agricoles. Bien sûr, il y a encore de la volonté de croissances des entreprises du secteur des grandes cultures et du maraîcher, ce qui maintient une certaine hausse, mais plus modérée. »

Les impacts de la guerre en Iran

La question du récent conflit entre les États-Unis et l’Iran s’est invitée dans le point de presse de FAC. Les impacts, bien qu’inévitables, sont difficiles à prévoir. Un conflit qui s’éternise pourrait impliquer une hausse des taux d’intérêt vers la fin de 2026. Ceci représenterait un cran de pression de plus sur les agriculteurs désireux de croître. De plus, les prix du soya offerts aux producteurs ne semblent pas vouloir grimper.

De l’optimisme pour le futur

Malgré cela, Jean-Philippe Gervais demeure optimiste pour les années à venir. « Nous avons encore des perspectives intéressantes, car il y a une certaine confiance des entreprises agricoles et les indicateurs vont en ce sens », déclare-t-il. La bonne santé des secteurs laitiers du Québec et de l’Ontario jouera un rôle dans l’augmentation de la valeur des terres agricoles, ajoute-t-il, et la prudence des acheteurs lui fait penser que la croissance sera plus modeste dans les années à venir.

Les agriculteurs pourront-ils absorber la croissance constante des prix qui ont quintuplé entre 2010 et 2025? La réponde courte est non. « Je pense que nous assistons à une décélération. Nous voyons des acheteurs plus sélectifs. La conjoncture économique fait en sorte que nous en sommes là. Le secteur est porteur, mais je m’attends à une diminution du rythme d’augmentation. »

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