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L’ABC d’une bonne ventilation en aviculture

Photo : Christophe Champion

Comment définit-on une ventilation adéquate en production avicole? La réponse peut paraître simple : c’est une ventilation qui permet de développer le plein potentiel des oiseaux. Le magazine Coopérateur a demandé à quelques experts de ce secteur de définir l’ABC du contrôle de l’air.

Sylvain Proulx, expert-conseil de Sollio Agriculture, commence son analyse en se penchant sur le type d’oiseaux produits. « Les besoins sont différents d’une catégorie à l’autre, dit-il. Un poulet de chair a des besoins plus spécifiques que les autres catégories de volaille. Comme il se développe très rapidement et que les besoins en matière de température diffèrent quotidiennement, les ajustements se font fréquemment. L’oiseau passe de 40 g à 2 kg en 35 jours, et pendant ce même temps la température passe de 32,2 à 22,2 °C [90 à 72 °F]. Nous devons ajuster les CFM [cubic feet per minute, pieds cubes par minute] ou CMM [cubic meters per minute, mètres cubes par minute] utilisés selon l’âge, le poids, l’humidité intérieure et extérieure ainsi que la température intérieure et extérieure, tout en maintenant une pression statique adéquate selon la température extérieure. Un ensemble pas toujours simple à maîtriser, suivant les outils que nous avons en main. Une poulette pondeuse commerciale ou une pondeuse de reproduction légère ou lourde ont une croissance et des changements de condition ambiante plus lents, ce qui en rend le contrôle plus simple à effectuer. »

« Une bonne ventilation ne veut pas dire systématiquement des frais de production plus élevés, assure Sylvain Proulx. Comme nous allons de plus en plus vers le sans-antibiotique, un bon système aura des répercussions sur les résultats financiers, au même titre qu’une bonne qualité de l’eau et de la moulée. Maintenu dans un confort optimal 24 heures sur 24, un oiseau est en meilleure santé et développe son plein potentiel génétique; donc, il est plus rentable. » L’hiver étant bien implanté, assurez-vous que vos bâtiments sont toujours bien calfeutrés et de bien calibrer vos entrées d’air ainsi que vos sondes de pression, d’humidité et de température intérieure et extérieure.

 

Évaluer d’abord le projet

Le Québec possède une excellente expertise en production avicole. De nombreux spécialistes couvrent le territoire pour épauler les aviculteurs. L’entreprise Monitrol offre outils et conseils afin d’appuyer les entreprises de chez nous. « Nous débutons par une expertise pour savoir comment le client fonctionne, explique Serge Couture, directeur des ventes chez Monitrol. Ensuite, nous nous informons pour savoir s’il élève des mâles, des gros coqs ou un mélange d’oiseaux. Nous validons aussi le poids de sortie qu’il désire atteindre. Ça nous permet de savoir quoi proposer, quel type de palier de ventilation pour couvrir toutes les saisons, vu que notre climat est fluctuant. Par exemple, un client peut avoir des problèmes liés à l’entrée d’air et à l’humidité de la litière, en plus d’avoir des coûts de chauffage élevés. S’il a des ventilateurs d’un diamètre de 18 po au premier palier, nous lui suggérerons de réduire ce diamètre. Il aura ainsi un excellent taux d’oxygène renouvelé et il verra en plus ses coûts diminuer. »

 

S’ajuster au climat 

Experte en ventilation hivernale, l’équipe d’ESA offre des conseils et des solutions pour maximiser la ventilation par temps froid. « Le défi pour nos clients, c’est de réduire au minimum l’impact des courants d’air froid en hiver, lance d’entrée de jeu Adam Frégeau, directeur financier d’ESA. Introduire de l’air extérieur à – 30 °C dans un bâtiment où la température avoisine les + 30 °C, ça crée des difficultés. »

Le but est de maximiser le confort des animaux afin qu’ils ne surconsomment pas de moulée pour se réchauffer, ce qui nuirait au taux de conversion alimentaire. Un poussin exposé à un brusque changement d’air peut également tomber malade. Pour éviter que de telles situations ne se produisent, deux interventions sont suggérées par l’équipe d’ESA. La première sera d’ajuster les entrées d’air et les ventilateurs. « Nous voulons que l’air arrive au bon endroit : au plafond, et qu’il y reste le plus longtemps possible, pour qu’il puisse se mélanger à l’air déjà présent dans le bâtiment avant d’atteindre les poussins », explique Adam Frégeau.

La seconde intervention sera l’installation d’échangeurs d’air. L’objectif est de préchauffer l’air qui entre en utilisant l’énergie de celui qu’on expulse à l’extérieur. « En poussant de l’air à 0 °C plutôt qu’à – 30 °C, nous évitons les courants froids sur les poussins, ajoute Adam Frégeau. Le principe est simple et ça permet même, quand on installe un échangeur d’air avec des débits entrants et sortants équilibrés, de laisser les trappes fermées en début d’élevage, quand les oiseaux sont le plus fragiles. » Un dernier conseil : « Nous suggérons fortement de mettre l’accent sur la qualité de l’air avant de penser aux coûts de chauffage. Lorsqu’on réduit la ventilation, l’humidité augmente et le confort diminue. Forcément, les performances sont moins bonnes. » 

 

Les défis de l’avenir

Avipor est le fournisseur officiel de l’entreprise Maximus et ces derniers sont actifs dans le milieu agricole depuis plus de 25 ans. Maximus se spécialise dans la gestion globale, dont la ventilation. De plus, son logiciel de suivi de production complète cette gestion. Selon son représentant Mario Bissonnette, un important défi sera à relever dans l’avenir.

« Les abattoirs et les clients veulent plus de bâtiments à un seul étage, ce qui requiert une adaptation, indique-t-il. Comme ce sont des structures plus larges et plus longues, la ventilation doit être harmonisée aux exigences des poulaillers de cette taille. »

 

S’adapter aux changements

Le monde et le climat changent rapidement, et les entreprises spécialisées en traitement d’air l’ont bien compris. La société Ventec, qui possède une expertise en ventilation dans plusieurs domaines, était préparée à ces changements. « Si nous reculons de seulement deux ou trois ans, on voit qu’il y a eu passablement de mouvement, expose le conseiller David Blanchette. Les bâtiments ont allongé, grandi, et les plafonds sont plus hauts. Donc, plus de volume d’air, ce qui fait que la ventilation a passablement changé. Il y a quelques années, nous n’aurions jamais parlé de ventilation tunnel, alors que de plus en plus de projets incorporent aujourd’hui ce système. C’est le cas pour les poules pondeuses et de plus en plus pour les poulets à griller. »

 

Lire l’article complet dans l’édition de novembre-décembre 2019 du Coopérateur.

Stéphane Payette

QUI EST STÉPHANE PAYETTE
Membre de l'Ordre des technologues du Québec, Stéphane est expert-conseil en productions végétales à Novago Coopérative.Il est également journaliste à la pige pour le Coopérateur.

stephane.payette@sollio.ag

QUI EST STÉPHANE PAYETTE
Membre de l'Ordre des technologues du Québec, Stéphane est expert-conseil en productions végétales à Novago Coopérative.Il est également journaliste à la pige pour le Coopérateur.