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Recherchons main-d’œuvre. Urgent!

Le printemps est arrivé, et la fébrilité qu’entraîne ce retour aux sources nous anime tous et toutes. Comme chaque année, cette effervescence nous fait vivre d’intenses moments de bonheur.

C’est le temps de mettre à exécution nos plans de culture, de démarrer des projets et de nous adonner aux multiples tâches que demandent nos entreprises à ce moment clé de l’année.

Mais pour cela, encore faut-il disposer des travailleurs nécessaires. On le sait depuis longtemps, il y a rareté de main-d’œuvre dans toutes les strates d’activité économique de la société. Dans les secteurs agricole et agroalimentaire, tant au Québec que dans le reste du Canada, cette rareté empêche de fonctionner à plein potentiel, voire de croître.

Le Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture prévoit que, au Québec seulement, le déficit entre la demande et l’offre de travailleurs agricoles atteindra le chiffre de 19 000 d’ici 2029.

Sans compter, faut-il le rappeler, que la COVID-19 est venue sérieusement complexifier les choses, notamment par les tests de dépistage et l’isolement auxquels doivent se soumettre les travailleurs étrangers temporaires. Dans ce contexte, des entreprises agricoles ont même décidé de se passer de leur précieuse aide.

Du côté de la transformation alimentaire, la situation n’est pas mieux. Et elle inquiète. Chez Olymel, notre Division alimentation, les besoins en main-d’œuvre s’élèvent actuellement à 3000 personnes : 1000 pour combler les départs à la retraite, 1000 pour mener à terme les projets en cours et 1000 pour des projets à valeur ajoutée qui nous permettraient de diversifier nos marchés et de réduire nos risques. Même si nous y investissons beaucoup, la robotisation a ses limites. La valeur ajoutée passe entre autres par l’expertise d’une main-d’œuvre qualifiée.

Sollio Groupe Coopératif est d’avis que les gouvernements doivent poursuivre leurs efforts afin de favoriser la formation des travailleurs actuels et futurs, tout en sachant bien que la rétention des employés passe par de meilleures conditions de travail, de meilleurs salaires et de meilleurs avantages.

Le programme des travailleurs étrangers temporaires est certes nécessaire pour répondre aux besoins structurels du marché du travail dans les secteurs agricole et agroalimentaire. Les gouvernements doivent cependant en simplifier les procédures administratives, afin de le rendre plus efficace et d’accroître l’accessibilité à l’emploi de ces travailleurs tant dans la production que dans la transformation.

En effet, le nombre maximal de travailleurs étrangers permis par entreprise du secteur de la transformation devrait être revu à la hausse, pour passer de 10 à 20 % des effectifs, et modulé selon le taux de chômage de la région. La durée du permis de travail accordé devrait quant à elle être rétablie à deux ans.

D’autres mesures pourraient être souhaitables, telles que l’accélération et la facilitation de l’obtention du statut de résidence permanente pour les travailleurs qui le souhaitent. Ou encore l’établissement d’une procédure accélérée de traitement de la demande d’asile pour les personnes ayant satisfait aux enquêtes de sécurité et de santé et qui sont employées depuis plus de six mois.

Bref, il est essentiel que l’on s’efforce d’améliorer l’intégration des personnes immigrantes au marché du travail. Cela dit, l’importance des travailleurs locaux est tout aussi névralgique. Dans un contexte géopolitique incertain, la compétitivité des secteurs agricole et agroalimentaire, tant chez nous qu’à l’étranger, en dépend.

Dans un autre ordre d’idées, j’aimerais souligner le succès de nos évènements démocratiques tenus en mode virtuel cette année, pandémie oblige. Je pense notamment à la Tournée du président et à notre assemblée générale annuelle, auxquelles vous avez assisté en nombre record grâce à la technologie. Dans nos coopératives affiliées, les assemblées générales se sont aussi déroulées à distance. Et elles ont été couronnées de succès. Ces rencontres sont essentielles à notre vie démocratique, et c’est en toute transparence que nous avons mis tout en œuvre afin qu’elles vous soient accessibles.

Cela dit, j’ai plus que hâte de vous rencontrer en chair et en os et de fraterniser en votre agréable compagnie!

Bon début de saison!
 

Ghislain Gervais - président

ghislain.gervais@sollio.coop