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Épilogue

C’est ici que prend fin ma formidable aventure de rédaction de billets mensuels dans le Coopérateur. Au moment où vous lirez ces lignes, j’aurai déjà entrepris ce que j’appelle avec humour « ma jachère », c’est-à-dire ma période de repos et de mise au point avant d’entreprendre une nouvelle vie. Me voici donc à l’heure du bilan et des remerciements.

Au bilan, je chéris particulièrement les découvertes et apprentissages que ces deux cents et quelques billets m’ont permis de réaliser, tout au long de mon mandat à la direction des affaires coopératives. Au fil du temps, j’ai fait des rencontres, parcouru le monde, arpenté les bibliothèques, suivi des séminaires et des colloques, toujours en quête d’une meilleure compréhension de la coopération, avide d’étancher ma soif d’apprendre et comblée de pouvoir en partager le meilleur avec tous nos lecteurs. Quel privilège que celui de recevoir un salaire pour nourrir sa passion!

Mes premiers remerciements vont donc à mon employeur, qui m’a donné l’occasion et les moyens de poursuivre ma quête, mais, surtout, qui m’a laissé entière liberté sur cette tribune de réflexion et de communication – même si mes billets ont parfois, je dois le dire, fait sourciller certains de nos membres, qui me trouvaient d’un idéalisme excessif. Et pourtant…

Pourtant, s’il est vrai que tout a commencé pour moi par un élan du cœur, il y a plus de 30 ans, j’ai bien eu le temps de me valider, par la suite, sur le terrain de la raison. Mes lectures, mes réflexions et mes propres expériences m’ont profondément convaincue que les coopératives sont bel et bien les acteurs économiques les mieux équipés pour relever les défis de ce siècle périlleux. 

Jamais l’urgence de changer nos comportements ne nous est apparue aussi claire. Soyons francs : la compétition et le chacun-pour-soi nous ont dirigés dans un cul-de-sac. Ils nous ont divisés et conduits au gaspillage des ressources. Or, nous avons besoin d’être tous et toutes unis dans l’effort requis, désormais, pour préserver ce qu’il nous reste. Et la meilleure façon de répondre à nos besoins en limitant les ponctions sur nos ressources, c’est de mutualiser nos biens et nos services.

Fermons le chapitre de l’Homo economicus, cet humain naturellement égoïste et ne recherchant que son propre intérêt. Cette histoire ne tient pas la route. Proposée en 1836 par l’économiste John Stuart Mill, elle s’est peu à peu transformée en outil de modélisation économique et a finalement investi les contenus éducatifs. Nous avons donc accepté l’idée et l’avons intégrée à nos croyances. C’est ainsi que nous avons changé notre perception de l’être humain et que cette perception, à son tour, a influencé nos comportements.

Aujourd’hui, l’humanité a besoin d’un nouveau récit. Et ce récit, l’économie sociale et solidaire est en train de l’écrire. Car dans la réalité, on le voit bien : les gens sont enclins à coopérer plutôt qu’à suivre systématiquement leur intérêt personnel immédiat. Quoi de plus normal? En nous aidant les uns les autres, nous nous aidons nous-mêmes. Les humains ont appris, depuis longtemps, que la coopération permet à tous d’améliorer leur sort. 

Assurément, les coopératives sont des entreprises d’avenir. Parce qu’elles sont créatrices de liens de solidarité, redistributrices de richesse et résilientes face aux crises. Elles structurent le bien-vivre ensemble en ménageant les ressources. Voilà le nouveau récit! Je quitte mon emploi, certes, mais je ne quitte pas la coopération. Elle m’a transformée, comme elle transforme tous ceux et celles qui s’y engagent. 

À vous, chers lecteurs et lectrices, qui avez cheminé avec moi durant toute cette aventure, vous qui m’avez encouragée, mise au défi, aiguillée vers de nouvelles perspectives, je dis un immense merci. Continuez à vous intéresser à la coopération et soutenez les organisations qui en font la promotion. Soyez les héros de ce nouveau récit qui se fait entendre, de plus en plus fort.

Colette Lebel

QUI EST COLETTE LEBEL
Colette est agronome et directrice des Affaires coopératives chez Sollio Groupe Coopératif. À ce titre, elle est responsable de la formation coopérative et de l'animation de la vie associative au sein du réseau. Colette siège au conseil d’administration à l’Institut de recherche et d’éducation pour les coopératives et mutuelles de l’Université de Sherbrooke (IRECUS) ainsi qu’au Centre interdisciplinaire de recherche et d’information sur les entreprises collectives (CIRIEC-Canada).

colette.lebel@lacoop.coop

colette.lebel@sollio.coop

QUI EST COLETTE LEBEL
Colette est agronome et directrice des Affaires coopératives chez Sollio Groupe Coopératif. À ce titre, elle est responsable de la formation coopérative et de l'animation de la vie associative au sein du réseau. Colette siège au conseil d’administration à l’Institut de recherche et d’éducation pour les coopératives et mutuelles de l’Université de Sherbrooke (IRECUS) ainsi qu’au Centre interdisciplinaire de recherche et d’information sur les entreprises collectives (CIRIEC-Canada).

colette.lebel@lacoop.coop