Aller au contenu principal
Chroniques / Entre nous

Les agronomes : piliers de la prochaine révolution agricole

La Coop fédérée a vu le jour en 1922. Elle aura bientôt 100 ans. Un siècle! Depuis ses débuts, son rôle est de servir ses propriétaires – les producteurs agricoles –, qui se sont rassemblés afin de se donner des outils, des biens et des services répondant à leurs besoins. Le travail des agronomes employés par La Coop fédérée fait partie des services que nous offre notre réseau. Leur rôle est toujours essentiel.

J’exploite une ferme avicole et céréalière avec ma conjointe, mon fils et mon frère dans la région de Saint-Guillaume. Nous avons besoin des agronomes. Leur expertise et leurs conseils contribuent grandement à la réussite de notre entreprise. Mais leur rôle va bien au-delà de la ferme. Les agronomes seront au cœur de la prochaine révolution agricole, à l’ère de l’agriculture numérique. Une révolution qui touchera l’ensemble de la chaîne de valeur alimentaire et nous fera passer, entre autres, d’une agriculture intensive à une agriculture écologiquement intensive.

Le consommateur est roi, il est exigeant, et on doit répondre à ses attentes. L’inversion de cette chaîne de valeur amorcée il y a près de 20 ans est maintenant achevée, et on doit s’y adapter.

Dans ce défi posé à l’agriculture moderne, l’agronome et l’entrepreneur agricole doivent faire front commun pour répondre aux préoccupations et aux attentes des consommateurs d’aujourd’hui (qualité, prix, santé, salubrité, responsabilités sociétales). À défaut de quoi, nous serons à risque de perdre notre pertinence et nos marchés.

Vous conviendrez avec moi que notre secteur se retrouve pas mal dans la tourmente médiatique ces dernières semaines, voire ces derniers mois. Nous sommes l’objet de jugements expéditifs et souvent sans fondement. Les producteurs agricoles et les agronomes ne méritent pas ce traitement.

Force est de constater également qu’à l’image de la société, qui est divisée sur de plus en plus d’enjeux, notre secteur est polarisé quant à nos modèles agricoles. Nous devons tous nous améliorer et sans cesse revoir nos pratiques, mais il y a une marge, un fossé même, entre compréhension et condamnation. La division est improductive. Nous devons nous rassembler. Il faut aussi faire en sorte que l’agronome soit considéré par le consommateur et l’entrepreneur agricole comme un gardien de leurs préoccupations, une référence en matière de bonnes pratiques, un facilitateur.

En somme, que l’agronome soit perçu comme partie prenante d’une ambition plus grande : celle de contribuer à nourrir le monde.

Malheureusement, l’agribashing (dénigrement de l’agriculture), pratiqué par divers lobbys et médias, ainsi que ses conséquences mènent vers une fracture sociale. Sachons travailler ensemble pour dialoguer avec nos communautés!

Notre position, à La Coop fédérée, c’est que toutes les agricultures, qu’elles soient de niche, bio, de proximité ou conventionnelle, sont nécessaires pour répondre aux attentes de chacun et permettre de relever le défi de nourrir une population croissante dans des conditions climatiques de plus en plus volatiles.

Je suis contre la vision, prônée par beaucoup, qu’il y a une bonne et une mauvaise agriculture. Pour moi, toutes les agricultures sont là pour répondre aux différentes attentes des consommateurs. Et si l’agriculture conventionnelle doit améliorer son empreinte environnementale, les agricultures bio, de niche ou de proximité devront améliorer leur productivité pour répondre à cette demande croissante.

Nous sommes de moins en moins de producteurs à devoir nourrir de plus en plus de monde. Et à cet égard, l’expertise diversifiée et de haut niveau des agronomes est importante afin que notre secteur demeure compétitif.

Je suis également contre la vision qu’il existe deux types d’agronomes. L’ordre professionnel du Québec qui les unit a vu le jour en 1937. Depuis, le rôle des agronomes s’est adapté à toutes les tendances, avec toujours autant de rigueur et de professionnalisme.

De nouveaux enjeux émergent dans le secteur agroalimentaire. Ne pensons qu’aux besoins alimentaires des populations, qui sont en constante augmentation et en constante évolution. Ces enjeux vont encore une fois modifier la nature du travail des agronomes et leur engagement. Comme chaque fois, ils répondront à l’appel.

Les consommateurs ont besoin de nous, les producteurs, et ils ont besoin des agronomes, pour mieux comprendre l’agriculture et faire des choix éclairés.

Soyons fiers de notre agriculture!

Ghislain Gervais - président

ghislain.gervais@lacoop.coop