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Ferme Myrion : Savoir tirer son épingle du jeu!

Photo : Michel, Kathy et leurs enfants, Samuel et Ariane. Les deux étudient en technique de gestion agricole au cégep de Lévis-Lauzon et souhaitent devenir agronomes.

Malgré les sévères contraintes que pose la zone de forte densité de production porcine dans laquelle elle se trouve, la Ferme Myrion s’en tire admirablement bien. À preuve, elle a remporté un prix Groin d’argent en 2018 dans la catégorie Sevrage-vente, avec un indice de 226,80. Un véritable exploit.

L’année 2011 est gravée dans la mémoire de Michel Dion et Kathy Vallières. Mais pas pour les bonnes raisons. « On a failli tout perdre », lance Michel, qui se remémore avec douleur cette période sombre de sa vie.

Il s’en est fallu de peu pour que le couple mette la clé sous la porte, abandonne la production porcine et démantèle son entreprise. « Nous avons passé des moments très difficiles », évoque Michel, le regard embrumé.

Le prix du porc était dans le creux de la vague et celui des grains fortement à la hausse. « On n’avait tellement pas de liquidités qu’on devait se contenter d’une demi-van de moulée à la fois », dit Kathy, qui a été d’un grand soutien auprès de la famille. « Une institution financière nous a même suggéré de tout arrêter… », s’indigne Michel, qui ne tire toujours pas de salaire de l’entreprise et qui occupe un emploi à temps partiel à l’extérieur de la ferme. Mais un conseiller externe, Denis Champagne, voyait les choses autrement et les a appuyés dans ce difficile épisode, forçant la réflexion.

L’entreprise de 125 truies avec porcherie d’engraissement n’était tout simplement plus viable. Le couple était à la croisée des chemins. Il fallait donner un solide coup de barre. Michel et Kathy décident alors de restructurer leur exploitation de fond en comble et de repenser leur modèle d’affaires. Ces éleveurs de Honfleur optent pour la production à forfait avec Avantis Coopérative. Ils se défont non sans un pincement au cœur du cheptel de truies. Prix de consolation, l’entrée d’argent leur permet d’éponger leur dette, d’éliminer la marge de crédit et de repartir sur des bases plus solides. Le vent avait tourné.

 

Profiter de la situation pour améliorer son sort

L’épreuve difficile de 2011 a néanmoins donné un avantage à la Ferme Myrion : la possibilité de faire un élevage en tout plein, tout vide. C’est connu, ce mode d’élevage coupe les cycles de maladies et permet de procéder à un lavage méticuleux. Lorsqu’il est jumelé à une bonne biosécurité, une exploitation peut espérer d’excellents résultats.

« Le plus grand défi de l’entreprise est justement la biosécurité », signale Nicolas Goupil, l’agronome et expert-conseil qui accompagne Michel et Kathy. En effet, un bâtiment de la ferme la plus proche ne se trouve qu’à 15 m (50 pi) d’un des leurs. Aujourd’hui, il serait insensé de répéter ce qui fut fait en 1978 (année de la construction), lorsque les enjeux de biosécurité étaient bien moindres et que le SRRP, entre autres maladies, n’était pas une constante menace.

Malgré l’incontrôlable contrainte de la proximité, l’entreprise tire admirablement son épingle du jeu. À 226,80, l’indice d’efficacité sevrage-vente (IESV) en témoigne. Cet indice compile notamment les indicateurs suivants : conversion alimentaire, pourcentage d’expédition des porcs dans la bonne strate de poids et pourcentage de mortalité.

 

Des pratiques exemplaires

Le milieu hautement propice à la transmission de maladies dans lequel l’entreprise évolue a forcé les producteurs, l’expert-conseil et la vétérinaire de la ferme à appliquer une stratégie santé particulière, laquelle inclut le vidage des bâtiments et un programme alimentaire adapté. « Si le coût d’alimentation augmente, les résultats techniques obtenus compensent largement la dépense supplémentaire », informe Nicolas Goupil, qui confirme que les éleveurs scrutent à la loupe tous les résultats de la ferme.

Les installations de Michel et Kathy sont modestes, mais bien tenues. « Un bâtiment dernier cri n’est pas garant de la réussite, dit Nicolas Goupil. C’est d’abord la gestion qui compte, et la leur est exemplaire. »

Les éleveurs cumulent les bonnes pratiques : présence fréquente dans les bâtiments, observation minutieuse des porcs d’élevage (tous issus d’une seule source), analyse des données, réaction rapide en cas de problèmes.

 

Lire l’article complet dans l’édition de novembre-décembre 2019 du Coopérateur.

Patrick Dupuis

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop

patrick.dupuis@lacoop.coop

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop