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Vive les framboises du Québec : Acheter localement, plus que jamais !

Photo : Daniel et Guy Pouliot, copropriétaires de la Ferme Onésime Pouliot. Cette entreprise est réputée pour la qualité et le goût de ses fraises et framboises. Les deux frères ont bien accueilli l’annonce du gouvernement du Québec concernant la stratégie de croissance de l’industrie serricole (crédit : avec l’aimable autorisation de la Ferme Onésime Pouliot).

Avec le « scandale » des framboises « faussement bios… et faussement chiliennes », mis au jour par l’agence de presse Reuters*, raison de plus pour acheter ce fruit localement. La Ferme Onésime Pouliot produit justement de petites baies d’une qualité et d’un goût irréprochables.

Depuis le début des années 2000, cette entreprise phare de l’île d’Orléans, qui a fait sa gloire dans la fraise, produisait aussi de la framboise en plein champ. Surtout des variétés remontantes – ou variétés d’automne, comme certains les appellent, car elles sont cultivées à partir du printemps jusqu’à l’automne, où on les cueille.

Double adaptation

« Avec les pluies et les rosées – les plus grosses ennemies de la framboise –, on avait beaucoup de pertes », indique Daniel Pouliot, copropriétaire de l’entreprise, qui a la qualité inscrite dans son ADN. « C’est pour ça que nous avons décidé, en 2008, de produire nos variétés remontantes sous tunnel. Un tunnel, c’est comme une serre sans portes, ouverte aux deux extrémités. L’inconvénient, c’est que quand il vente, ça peut devenir un gros parachute! C’est pourquoi on a déplacé notre site de production près d’un boisé, à l’abri du vent. On aurait pu continuer de cultiver en pleine terre sous tunnel, mais le sol très argileux était peu propice à la framboise. On s’est donc tourné vers la production hors sol, c’est-à-dire en pots. »

Ne sachant trop quelles variétés feraient particulièrement l’affaire sous tunnel, Daniel et son frère Guy en ont mis plus d’une vingtaine à l’essai, dont la fameuse Tulameen.

« Après quelques années, on a laissé tomber toutes nos variétés remontantes au profit de la Tulameen, lance Daniel. C’est une variété d’été au goût exceptionnel, qui surclassait toutes les autres haut la main, et ce, même en hors-sol – ce qui n’est pas le cas de toutes les variétés, qui perdent parfois du goût en passant d’une culture en plein champ à une culture en substrat de tourbe, de fibre de noix de coco ou d’écorce. Même si elle n’a pas le meilleur rendement, la Tulameen est la référence chez les multiplicateurs pour ce qui est du goût. »

La production hors sol a permis aux propriétaires de la Ferme Onésime Pouliot de gagner en durée de conservation, un impératif pour cette entreprise, qui mise sur la vente en gros dans les grandes épiceries québécoises et l’exportation dans le nord-est des États-Unis.

Les variétés en plein champ les plus connues au Québec – Nova, Killarney, Festival – sont excellentes pour la vente en kiosque, mais non pas pour leur conservation, précise Daniel.

Commençons par le début

D’abord, il faut savoir qu’un plant de framboise ne produit des fruits qu’une fois, à sa deuxième année. Le processus de production commence fin février-début mars, en serres. On place dans un substrat de fibre de noix de coco des racines produites à la ferme ou achetées auprès de pépiniéristes certifiés.

Fin mars-début avril, les premières boutures (des tiges nues à deux feuilles) sont coupées, puis déposées dans des plateaux multicellules. Température, humidité, irrigation, nutriments : tout est soigneusement contrôlé. 

Après cinq à six semaines, un système racinaire, sous forme d’une petite motte, s’est développé. On transplante alors chaque petit plant dans un pot de 1,8 litre. On procède ainsi jusqu’à la fin mai. Les plants demeurent fragiles. On les recouvre d’une toile en début de saison afin de leur assurer une température optimale. « De plus, indique Daniel, ça les protège de l’eau de pluie, qu’on ne veut pas. Tout l’été, les plants en croissance sont fixés à des tuteurs pour éviter qu’ils ne versent. Ils peuvent ainsi atteindre près de 3 m. »

Mi-octobre, ces plants sont taillés à 1,8 m. On les prépare pour l’année suivante, où ils commenceront à produire. On les couche sur le sol, puis les recouvre d’une membrane géotextile. Ça les empêche de geler. On en transfère aussi une bonne partie en chambre froide. « À – 1 °C tout l’hiver, les plants sont en dormance et ne gèlent pas », précise Daniel.

Au printemps, les plants, qu’on appelle aussi « cannes », sont prêts à produire. Les Pouliot cultivent des plants pour leurs propres besoins, mais également pour l’exportation vers les Maritimes, l’Ontario, l’Alberta, la Pennsylvanie et la Caroline du Nord. Une fois la production terminée, on coupe la canne et on conserve son système racinaire en pépinière. Il servira à produire d’autres plants, qui porteront aussi des fruits au bout de deux ans. Toute une logistique, qui, pour maximiser les rendements, s’échelonne sur quatre ans, pas plus. Après, les rendements chutent trop. Ainsi, année 1 en pépinière, année 2 en production, année 3 en pépinière, année 4 en production. Puis, le cycle recommence, avec de nouveaux plants.

Lire l’article complet dans l’édition de janvier-février 2021 du Coopérateur. 

* « Des framboises faussement bios... et faussement chiliennes », par Marie-Ève Fournier, La Presse, 7 octobre 2020.

Patrick Dupuis

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop

patrick.dupuis@lacoop.coop

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

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