S’impliquer pour inspirer

Chronique de Renaud Péloquin qui nous rappelle que même si l’implication demande temps et sacrifice, elle engrange aussi de nombreux bénéfices.

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Chronique Semer l'équilibre
Mieux vivre
Arielle, fille de Renaud Péloquin
« Parfois, il suffit simplement de voir la relève qui s'implique à son tour pour comprendre que tout cela a du sens », conclut Renaud. (Sur la photo, sa fille, Arielle.)

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Renaud Péloquin

Renaud Péloquin

Producteur et administrateur chez Agiska Coopérative

Ces dernières semaines, je replonge dans mes souvenirs d’implication. Je prépare actuellement ma candidature pour un poste universel au sein du conseil d’administration d’Agiska Coopérative. Depuis trois ans, j’y siège comme administrateur au poste relève, mais le temps passe vite et j’ai maintenant dépassé l’âge permis pour ce siège.

Mais surtout, je réalise que l’implication fait partie de ma vie depuis bien plus longtemps que ces trois dernières années. En effet, je suis déjà rendu à 20 ans d’implication!

En préparant ma candidature, j’ai trouvé un vieux texte que j’avais rédigé à l’Université Laval pour faire reconnaître mon implication étudiante. Un retour dans le temps où tout a commencé pour moi. J’ai participé à plusieurs associations ou comités (Association générale des étudiant[e]s en agriculture, alimentation et consommation [AGETAAC], Association générale des étudiants et étudiantes en agroéconomie [AGEA], Semaine de l’agriculture, de l’alimentation et de la consommation [SAAC] et Radio-Céréal), convaincu que l’on pouvait apprendre énormément en s’engageant.

Dernièrement, je suis tombé sur une vidéo de la SAAC de l’Université Laval montrant les étudiants impliqués d’aujourd’hui. En les regardant, j’ai ressenti une grande fierté. Fierté de voir que cette énergie existe toujours. Fierté aussi de me rappeler d’où je viens.

Parce qu’au fond, l’implication, c’est une école incroyable.

On y apprend à écouter l’opinion des autres, à débattre, à comprendre des points de vue différents. On y prend aussi conscience que les décisions collectives sont rarement simples. Mais surtout, on y découvre qu’on peut contribuer, à notre échelle, à faire avancer les choses.

Dans le milieu agricole et coopératif, cette implication est essentielle. Les coopératives appartiennent à leurs membres. Leur force repose justement sur les producteurs et les productrices qui acceptent de donner un peu de leur temps pour faire avancer le réseau.

Mais s’impliquer n’est pas toujours facile.

Derrière chaque réunion, chaque comité ou chaque projet, il y a aussi des choix à faire. Le temps est limité, surtout lorsqu’on gère une entreprise agricole et qu’on élève une famille.

Je le réalise encore plus aujourd’hui avec deux jeunes enfants à la maison et une ferme qui demande une attention constante. L’implication demande parfois des sacrifices : une journée de moins à la ferme, une réunion pendant les récoltes ou quelques heures prises dans un agenda déjà bien rempli.

C’est probablement l’un des plus grands défis pour les jeunes qui souhaitent s’engager : trouver le juste milieu entre leur entreprise, leur famille et leur implication.

Cet équilibre n’est pas toujours facile à atteindre, mais il existe. Il faut apprendre à bien se structurer, à s’entourer et à accepter que l’on ne puisse pas être partout à la fois.

Mais malgré ces défis, je reste convaincu que l’implication en vaut la peine. Je réalise que plusieurs des bases qui me servent aujourd’hui comme producteur agricole, entrepreneur et administrateur ont été construites pendant ces années d’implication.

Parce qu’au-delà des réunions et des décisions, il y a quelque chose de beaucoup plus grand : la possibilité d’influencer positivement notre milieu, d’apprendre des autres et de contribuer à bâtir l’agriculture de demain, ensemble.

Et parfois, il suffit simplement de voir la relève qui s’implique à son tour pour comprendre que tout cela a du sens.

Cette chronique est initialement parue dans le Coopérateur de mai-juin 2026.

Cette chronique est paru dans le Coopérateur de mai-juin 2026.

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