Une couverture pour réduire les émissions de GES des fosses à lisier
Différents essais sont en cours pour déterminer quelle est la meilleure stratégie à utiliser pour réduire les émissions de GES des fosses à lisier.
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Les lisiers conservés dans les fosses produisent une importante quantité de protoxyde d’azote (N2O) et de méthane (CH4), deux puissants gaz à effet de serre, en particulier lorsque la température monte. Juillet et août sont ainsi les deux mois où l’on détecte les plus hauts pics de production de méthane d’après les travaux des chercheurs Patrick Brassard, de l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), et Sylvestre Delmotte, agronome, du Conseil pour le développement de l’agriculture du Québec (CDAQ). Les deux chercheurs ont présenté leurs résultats lors de la journée Laboratoire vivant - Racines d'avenir, qui s'est tenue le 2 septembre 2026, à la Ferme Ste-Victoire.
Dans le cadre de leurs traveurs, Patrick Brassard et Sylvestre Delmotte ont mis en place dans 16 fosses cinq types d’essais pour mesurer et réduire la température du lisier :
- Ajouter une couverture végétale de la fosse : Bien que prometteuse, cette solution a jusqu’à maintenant été difficile à implanter. Les végétaux ajoutés tendent à mourir ou ne couvrent pas le centre de la fosse.
- Ajouter une couverture physique de la fosse : Dans le site où elle a été testée, la couverture physique a réduit de 2 °C la température de la fosse à lisier en juin et juillet, et de 3 % les émissions de gaz. Cette solution peut toutefois être coûteuse à mettre en place.
- Avoir une fosse sous le bâtiment : S’il faut bien sûr que la configuration du bâtiment le permette, c’est à tout le moins une solution très efficace. Les tests ont démontré que la fosse reste plus fraîche qu’avec les autres méthodes testées et génère ainsi très peu d’émissions.
- Augmenter la fréquence d’épandage : Encore là, cette solution n’est pas possible pour tout le monde, selon les champs et la machinerie requis. Ceci dit, en vidant la fosse un peu plus régulièrement, on renouvelle son contenu tout en retirant une partie de la chaleur qui s’y accumule. Dans leur essai, les chercheurs ont cependant mesuré une baisse de 27 % des émissions de GES chez un producteur qui a augmenté de 2 à 4 sa fréquence d’épandage dans l’année!
- Acidifier le contenu de la fosse : En abaissant le pH de la fosse grâce à l’ajout, par exemple, d’acide sulfurique, la production de méthane se réduit également. Le potentiel de réduction est élevé (de 60 à 90 %), mais reste à confirmer.
Autres résultats présentés au cours de la journée
Les résultats finaux des projets de recherche des Laboratoires vivants - Racines d'avenir devraient être complétés dans les deux prochaines années. |
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