Comment réduire ses émissions de protoxyde d'azote

Le chercheur Martin Chantigny a présenté les différentes stratégies qui pourraient permettre de réduire les émissions de protoxyde d'azote aux champs.

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Article technique
Agriculture durable
Martin Chantigny, chercheur
Martin Chantigny, chercheur

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Stéphanie McDuff

Rédactrice et cheffe de la production numérique pour le Coopérateur

Diplômée de l’Université du Québec à Montréal, elle est détentrice d’un baccalauréat et d’une maîtrise en études littéraires.

C'est dans le cadre de la journée Laboratoire vivant - Racines d'avenir, qui s'est tenue le 2 septembre 2026, à la Ferme Ste-Victoire, que les résultats de ces travaux ont été présentés.

Pourquoi s'intéresser au protoxyde d'azote (N2O) ? Parce que près de 80 % des émissions du Québec de ce puissant gaz à effet de serre (plus de 250 fois supérieur au CO2) sont d’origine agricole et sont principalement causées par la fertilisation. Des travaux ont donc été entrepris afin d’évaluer comment on pouvait réduire cet impact.

Les pics d’émissions de N2O se produisent généralement 4 à 6 semaines après la fertilisation, par l’excès d’azote, lorsque trois conditions sont remplies : la présence d’une matière organique biodégradable, une humidité élevée et la présence de nitrates (NO3). C’est sur ce dernier élément que les producteurs peuvent agir, souligne le chercheur Martin Chantigny, récemment retraité.

Les plantes ne sont pas toujours en mesure de profiter pleinement de nitrates et de tout absorber. La principale solution proposée grâce à l’étude pour réduire les émissions de N2O est donc le fractionnement de la fertilisation. Fertiliser les champs deux ou trois fois au cours de la saison plutôt qu’une seule fois permettrait de réduire jusqu’à 30 % les émissions de protoxydes d’azote produites. Le chercheur ajoute que l’implantation de cultures de couverture à l’automne peut servir de « pompe à nitrate ».

L’ajout d’inhibiteurs de nitrification serait une autre possibilité, qu’a d’ailleurs testée et conservée Renaud Péloquin dans ses champs. « Je suis toujours un peu hésitant à ajouter un nouveau produit, mais là, j’avais la confirmation, grâce aux essais à notre ferme et chez d’autres producteurs, que ces inhibiteurs fonctionnaient bien », explique-t-il.

Les inhibiteurs n’auraient toutefois pas tous la même efficacité. La recherche faite entre 2024 et 2025 démontrerait une plus grande efficacité de la nitrapyrine. La Terre de chez nous vous en dit plus à ce sujet!

 

Autres résultats présentés au cours de la journée

Les résultats finaux des projets de recherche des Laboratoires vivants - Racines d'avenir devraient être complétés dans les deux prochaines années.

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