Comment augmenter le ratio SNG/G sans se nuire?
Voici trois éléments à bien évaluer avant de bouleverser votre stratégie pour augmenter le ration SNG/G.
Auteurs de contenu
Alors qu’on souhaite augmenter le ration SNG/G du lait, plusieurs stratégies peuvent être mises en place. Gare, toutefois, aux méthodes qui pourraient vous pénaliser à long terme!
1. Réduire le gras ajouté
La réduction de la quantité de gras ajoutés aux rations peut sembler être une option intéressante. En effet, selon les taux offerts, il est possible de la réduire un peu ou de varier les sources utilisées. En revanche, avant de retirer ces ingrédients, il est important de se rappeler pourquoi ils ont été ajoutés.
Il faut s’assurer que le contrecoup ne soit un bilan énergétique négatif en début de lactation s’éternisant dans le temps. Une perte de condition de chair en début de lactation, c’est normal. Par contre, lorsque cette perte est excessive, on pénalise la production de lait et de composantes et on hypothèque les performances de reproduction. Si, en plus, on enlève le gras habituellement ajouté et que le quota n’est pas rempli, est-ce vraiment la meilleure solution?
Le graphique 3 illustre la courbe de production de lait (turquoise) et les courbes classiques de production de gras (vert pâle) et de protéine (vert foncé). Que se passe-t-il si on impacte négativement la reproduction en réduisant trop l’énergie de la ration venant du gras dans l’espoir d’augmenter le ratio SNG/G?
Les jours en lait augmenteront et, à long terme, on aura un troupeau dont le ratio de base est plus faible. En avançant en lactation, le taux de gras augmente plus fortement que le taux de protéine. C’est le même constat pour les premières semaines de lactation. Le ratio est bas puisque les vaches mobilisent leurs réserves corporelles, et c’est normal.
Pour limiter l’impact, encore une fois, il ne faut pas négliger l’apport énergétique et, surtout, on doit s’assurer que le programme de transition est optimal pour veiller à une reprise rapide de la consommation. Les vaches doivent arriver au vêlage avec des réserves protéiques pour maximiser la production du début de lactation.
2. Ajouter des acides gras insaturés
Des ajouts de gras insaturés (fève soya, huile de mais, lin extrudé) disponibles dans le rumen peuvent réduire le gras du lait en compromettant la biohydrogénation ruminale. On augmente ainsi la ration SNG/G. Si la théorie fonctionne, l’application de ce principe est plus complexe.
Premièrement, il faut savoir doser les proportions. À trop fortes doses de gras insaturé, la fermentation ruminale peut être compromise et on pénalisera les apports énergétiques et protéiques.
Deuxièmement, pour compromettre la biohydrogénation, le pH ruminal doit être sous-optimal. Veut-on risquer une acidose ruminale sous clinique?
De plus, ces gras insaturés sont des gras qui s’oxydent très rapidement surtout quand il fait chaud. Cette option demande une gestion de l’entreposage et des inventaires pour réduire les risques. Du gras oxydé n’est ni appétent ni un bénéfice pour la santé des vaches.
3. Ajouter du monensin
Enfin, pour réduire la production de gras, il est parfois suggéré d’utiliser le monensin, une molécule ayant une homologation pour réduire le taux de gras dans le lait. Pour que cela fonctionne, il faut des conditions ruminales sous-optimales (pH ruminal bas ou plus faible) et/ou une présence de gras insaturés.
Deux études menées récemment aux États-Unis avec des vaches hautes productrices et des rations modernes formulées avec des acides aminés et gras ajoutés n’ont pu démontrer une réduction du taux de gras du lait avec des doses de monensin allant jusqu’à 18 ppm.
Pour répondre à la demande de protéine et viser un ratio SNG/G plus élevé, mieux vaut donc travailler sur le taux de protéine du lait.
Prenez le temps de discuter avec vos experts-conseils de la meilleure stratégie de régie de troupeau et d’alimentation à adopter pour votre entreprise.
Continuez votre lecture avec 3 règles pour maximiser les kg de protéines.