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AgConnexion : Tout est une question de données!

Photo : Gracieuseté de Sollio Agriculture

Qu’est-ce que l’agriculture de précision? Comment s’applique-t-elle? À qui s’adresse-t-elle? « Oublions l’agriculture de précision proprement dite, lance Saad Chafki, vice-président au numérique, aux technologies et aux projets chez Sollio Agriculture. Ce qui importe le plus, c’est d’abord la donnée. »

« Il faut démystifier tout ça, poursuit Saad Chafki. Chaque fois que j’utilise une donnée pour orienter ma décision, je fais de l’agriculture de précision. Ce n’est pas seulement d’avoir de la grosse machinerie et un système à taux variable. Si je traite une partie précise de mon champ où il y a une particularité, un problème à gérer, je fais de l’agriculture de précision. C’est la donnée, donc la connaissance, qui permet d’être précis, de mesurer, de prendre les bonnes décisions. »

Pour l’agronome Hicham Bencharki, directeur des produits numériques et de l’innovation chez Sollio Agriculture, l’agriculture de précision est une approche qui permet de faire principalement deux choses : mesurer, à travers la donnée, la variabilité potentielle d’un phénomène ou d’une observation dans un champ ou à l’intérieur d’une ferme; et gérer cette variabilité afin d’obtenir des retombées positives sur la productivité et la rentabilité de la ferme.

« Prenons des analyses de sol, dit-il. En agriculture de précision, on ne se contente pas d’un seul échantillon par parcelle pour prendre nos décisions sur la fertilisation. On prend plusieurs échantillons, qui nous permettent de varier les recommandations en fonction des besoins de chacune des portions de champ échantillonnées. Ça permet donc l’épandage à taux variable, et non pas de clôture à clôture, comme on le faisait auparavant. On peut appliquer un produit à différentes doses, et même différents produits à différentes doses. On en revient toujours au concept des quatre “B” : le bon produit, à la bonne dose, au bon endroit, au bon moment. Cela se traduit par plusieurs retombées économiques, environnementales et sociales. On peut donc parler d’une agriculture qui respecte le concept de durabilité. »

En outre, poursuit Hicham Bencharki, grâce aux données recueillies par des capteurs, telles que les images par satellite qui nous renseignent sur la santé des cultures, on peut cibler les endroits prioritaires à examiner, à diagnostiquer, et proposer des traitements adaptés grâce à l’approche gestion par zone.

Nul besoin de posséder une grande entreprise ou de l’équipement sophistiqué pour adopter l’agriculture de précision, indiquent les deux spécialistes. Elle s’adresse à tout type de producteurs. Les services qui permettent d’en profiter peuvent être obtenus à forfait auprès du réseau de détail de La Coop fédérée, et ce, partout au Canada. Le coût de la technologie n’est plus un frein.

Si un producteur veut se lancer dans l’agriculture de précision, Saad Chafki recommande d’y aller par étapes, en commençant par quelques parcelles et en comparant les résultats obtenus. « Il en constatera rapidement la valeur ajoutée et les bénéfices », assure Hicham Bencharki.

« Le principal frein, c’est le changement culturel, dit Saad Chafki : passer d’un mode traditionnel à un mode assisté par les algorithmes et les données. Le grand défi, c’est de sortir de notre zone de confort. Vouloir se mesurer, ça peut engendrer une pression, mais on réalise rapidement qu’on peut s’améliorer. »

La plateforme d’agriculture de précision AgConnexion, lancée par Sollio Agriculture, permet d’avoir une vue globale de l’entreprise agricole, souligne Saad Chafki. Et ce, à l’aide des données agronomiques, économiques, financières et techniques, que l’on peut croiser pour obtenir des informations précises favorisant la prise de décisions du producteur et de son expert-conseil.

« La finalité de l’agriculture de précision se résume à augmenter la productivité et la rentabilité de l’entreprise agricole grâce à la rationalisation des coûts et à la préservation des ressources », conclut Hicham Bencharki.

Patrick Dupuis

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop

patrick.dupuis@lacoop.coop

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop