Mark Carney abaisse la muraille tarifaire de Chine

Le séjour de Mark Carney en Chine marque une nouvelle ère pour les exportations agricoles canadiennes dont le canola et peut-être la viande porcine.

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Drapeau canadien et chinois

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Nicolas Mesly

Journaliste, agr.

Nicolas est journaliste, agroéconomiste, auteur, conférencier et documentariste.

« C’est une nouvelle ère. Le Canada redevient un important partenaire agricole de la Chine pour le canola, d’autres grains, le homard, le bœuf, le porc, la nourriture pour animaux de compagnie », a indiqué le premier ministre canadien, Mark Carney, en conférence de presse à Pékin, à la suite d’une rencontre avec le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, le 16 janvier dernier.

Dans la foulée d’un nouvel accord commercial préliminaire conclu entre les deux pays, le Canada s’attend à ce que, d’ici le 1er mars 2026, la Chine réduise les droits de douane sur les graines de canola canadiennes d’un taux combiné de 85 % à environ 15 %. L’actuel tarif de 100 % sur le tourteau de canola serait éliminé pour le reste de l’année de même que ceux touchant les pois, le homard et le crabe.

La Chine est le deuxième client mondial du Canada pour les produits agricoles, forestiers et de la mer. Les exportations de graines de canola représentent à elles seules 36 %, soit 4,9 milliards $ des 13,9 milliards $ de ces biens exportés en 2024. Le conseil canadien du canola estime que les exportations en Chine ont chuté de moitié en 2025 à la suite des rétorsions de l’Empire du Milieu.

La fin des représailles

Sous le gouvernement de l’ex-premier ministre Justin Trudeau, la filière canola subit les représailles du gouvernement chinois depuis 2018, à la suite de l’arrestation, à la demande de Washington, par les autorités canadiennes de la dirigeante de la multinationale des communications chinoise Huawei. S’en est suivi l’emprisonnement pendant trois ans de deux Canadiens en Chine. En 2024, le Canada imposait un tarif de 100 % sur les véhicules électriques chinois pour protéger la filière automobile nord-américaine et satisfaire le puissant voisin américain.

En guise de rétorsion, la Chine répliquait en mars 2025 en imposant de nouveaux tarifs sur le canola, mais aussi des tarifs supplémentaires de 25 % sur les produits de porc canadien déjà frappés par une imposition de 12 %. La Chine est le plus important marché d’exportation de viande de porc totalisant plus de 1,6 milliard $, selon Porc Canada. Cette guerre commerciale a fait mal à Olymel, le plus gros exportateur canadien de viande de porc dont la Chine a déjà représenté 30 % de ses ventes à l’étranger.

« On espère encore que ces droits seront abolis d’ici le 1er mars prochain », a indiqué Yanick Gervais, président-directeur général d’Olymel à La Presse1.

Un partenariat économique avec la 2e puissance mondiale

Le déblocage des exportations agricoles canadiennes en Chine s’inscrit dans l’établissement d’un partenariat stratégique avec la deuxième puissance économique du monde. Le Canada ouvre entre autres la porte à l’importation de 49 000 véhicules électriques chinois « abordables » en abaissant les tarifs de 100 % à 6 %. Ces véhicules représentent 3 % des 1,8 million de véhicules neufs vendus au Canada.

En établissant ce partenariat stratégique, le premier ministre canadien Marc Carney cherche à sevrer l’économie canadienne du puissant et imprévisible voisin que sont devenus les États-Unis.

« Lorsqu’elles sont optimales, les relations entre le Canada et la Chine offrent d’énormes possibilités à nos deux peuples. En tirant parti de nos forces et en nous concentrant sur le commerce, l’énergie, l’agroalimentaire et les domaines où nous pouvons réaliser d’énormes gains, nous établissons un nouveau partenariat stratégique qui s’appuie sur le meilleur de notre passé, reflète le monde tel qu’il est aujourd’hui et profite aux populations de nos deux pays. », a-t-il indiqué.

La Chine est le deuxième partenaire commercial du Canada

  • Commerce bilatéral (2024) : 118,9 milliards $
  • Exportations canadiennes en Chine : 30 milliards $
  • Importations canadiennes de Chine : 88,9 milliards $
  • Objectif : Augmenter les exportations canadiennes de 50 % d’ici 2030

1 https://www.lapresse.ca/affaires/chroniques/2026-01-17/accord-canada-chine/desamorcer-le-syndrome-chinois.php 

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