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Le gros bon sens

Pratiquer l’agriculture, c’est de la gestion d’entreprise à ciel ouvert. Ce printemps, le gel de la fin mai a entraîné des dommages aux cultures dans certaines régions du Québec. Au moment où j’écris ces lignes, la sècheresse avait fait des siennes. Je l’ai déjà dit, c’est Mère Nature qui a le dernier mot. Et cette année n’est pas différente des autres.

Puisqu’on parle d’année, juillet 2021 marque la fin de l’Année internationale de la santé des végétaux, proclamée par les Nations Unies. Selon cette organisation, elle a été « une occasion inédite de sensibiliser l’opinion mondiale à la façon dont la protection de la santé des végétaux peut contribuer à éliminer la faim, réduire la pauvreté, protéger l’environnement et favoriser le développement économique ».

Des recommandations ont été proposées pour atténuer les risques liés aux ravageurs des plantes, notamment pour réaliser les Objectifs de développement durable de l’Agenda 2030 des Nations Unies. Objectifs, je le rappelle, auxquels souscrit Sollio Groupe Coopératif, et dont l’un est Faim « zéro ».

S’occuper de la santé des plantes demande de l’expertise, de la rigueur et de l’innovation. Ça ne s’improvise pas. Les organisations comme la nôtre ont un rôle de premier plan à jouer dans ce domaine. Nos investissements et les conseils que nous dispensons aux entreprises agricoles, par l’entremise des agronomes et technologues de notre réseau de coopératives, visent précisément cet objectif.

Cela dit, rien n’est parfait. Nous cherchons tous à réduire notre empreinte environnementale. Certaines pratiques agricoles dérangent. L’usage des pesticides, notamment. Cette perception existe et il faut en tenir compte et améliorer nos façons de faire. Le statu quo, on en convient, n’est plus tenable et c’est pour cette raison qu’une révision de la loi sur les agronomes est en cours. Mais évitons la division. Adoptons un discours rassembleur. Travaillons ensemble.

Nos experts-conseils (agronomes et technologues) ne sont pas là pour vendre aux producteurs membres et propriétaires des coopératives pour lesquelles ils travaillent des produits dont ceux-ci n’auraient pas besoin. Ce serait tout simplement contreproductif et dépourvu d’éthique. Ce qui n’est pas le cas. Nous sommes responsables de nos actes, transparents et intègres. Et l’intégrité passe avant la rentabilité. Le modèle d’affaires coopératif que l’on s’est donné fonctionne. Il a été développé d’abord et avant tout pour appuyer nos producteurs membres, répondre à leurs besoins – notamment grâce à la transmission du savoir et de l’innovation – et mettre en œuvre nos chaînes de valeur.

Les recommandations de nos agronomes et technologues se basent sur des analyses de précision. Nous ne sommes pas dupes. Leurs recommandations sont débattues et remises en question, si nécessaire, et en fin de compte acceptées ou non. Cette fois-ci, ce n’est pas Dame Nature qui a le dernier mot, mais nous, les producteurs! Nous sommes des gestionnaires d’entreprises formés et informés, et nous avons à cœur la pérennité de nos exploitations – que nous souhaitons, pour la majorité, transmettre à une relève tout aussi motivée et passionnée.

Toutes les agricultures (de niche, bio, de proximité ou conventionnelle) seront nécessaires pour répondre aux attentes de chacun et relever le défi consistant à nourrir une population croissante dans des conditions climatiques de plus en plus volatiles. La solution pour relever ce défi passe par le progrès scientifique et la technologie : conseils agronomiques de qualité, nouvelles générations de biotechnologies, robotisation, développement d’applications et d’outils d’aide à la prise de décision utilisant l’intelligence artificielle.

Par ailleurs, nous n’aurons pas le luxe de nous passer des agronomes et des technologues du secteur privé, qui représentent près de la moitié des experts actifs auprès des producteurs agricoles. Nos spécialistes sont une courroie de transmission du savoir. Et les coopératives doivent être au cœur de la réflexion qui mènera à la détermination du meilleur modèle qui soit pour les producteurs.

Bon été à toutes et à tous!
 

Ghislain Gervais - président

ghislain.gervais@sollio.coop