Une excellente année pour Citadelle

La coopérative Citadelle fait son bilan de l'année et présente des projets prometteurs pour les années à venir.

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Michaël Duquette et Sébastien Roy, respectivement président et directeur général de Citadelle
Michaël Duquette et Sébastien Roy, respectivement président et directeur général de Citadelle, coopérative de producteurs de sirop d’érable, lors de l’assemblée générale annuelle de la coopérative, le 18 juin dernier.

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Patrick Dupuis

Directeur et rédacteur en chef au magazine Coopérateur

Agronome diplômé de l’Université McGill, Patrick travaille au Coopérateur depuis une trentaine d’années.

Faits saillants de l'année pour Citadelle

  • L’assemblée générale annuelle de la coopérative de producteurs de sirop d’érable, tenue le 18 juin, a fait état de son spectaculaire redressement amorcé il y a trois ans.
  • Un BAIIA de 12 % sur des ventes record qui atteignent la barre des 300 millions $ en 2025-2026 (près de 18 % d’augmentation par rapport à l’exercice précédent), et ce, sans investissement majeur, souligne le président Michale Duquette au terme de sa première année à ce poste.
  • Un déficit de 18,79 millions $ en 2023, métamorphosé en un excédent de 26 millions $ au cours du dernier exercice.
  • Une réserve, elle aussi déficitaire en 2023 (-4,87 millions $), renflouée pour atteindre 47,63 millions $ cette année (une hausse de 67 % par rapport à l’exercice 2024-2025).
  • L’avoir des membres, qui a amorcé une remontée au cours des dernières années, a été propulsé à 82,07 millions $, en hausse de près de 28 % sur l’année précédente.
  • L’endettement (dette à long terme) a fondu à 15 millions $, alors qu’il était de plus du double, en 2020, à 38,43 millions $.
  • Le niveau d’inventaire s’est accru à 159,2 millions $, soit près de 43 % de plus que l’année dernière (111,64 millions $). En 2021, il se chiffrait à 48,57 millions $, au plus bas des 10 dernières années.

« Cela dit, les besoins de modernisation sont criants pour soutenir la croissance des membres », avance Sébastien Roy, le directeur général en poste depuis l’exercice 2022-2023, et artisan, en bonne part, de la fulgurante ascension de la coopérative qui exporte ses produits dans 45 pays sur tous les continents, dont 60 % aux États-Unis.

Tous les excédents de l’entreprise ont été versés à la réserve « pour assurer une bonne capitalisation, et sécuriser la coopérative en ces temps d'incertitude », explique le directeur général. Un tarif sur les exportations est si vite arrivé!

« Notre job, c’est de mettre en marché le produit de nos membres », ajoute Sébastien Roy. Citadelle le fait avec brio, les chiffres du dernier exercice financier en témoignent. Les membres présents ont d’ailleurs tenu à souligner le travail exceptionnel réalisé par l’équipe de direction et le conseil d’administration.

Le secteur acéricole est prometteur, la demande mondiale est en forte progression et l’intérêt pour grossir les rangs de la coopérative en tant que membre est en hausse.

Diversification et modernisation des installations

« Mais voilà, nous sommes rendus à trois familles dans un 4 ½, image le directeur général. Nos usines et équipements ont besoin d’amour. Elles sont fonctionnelles, propres, de qualité, mais vieillissantes. Si on veut soutenir les membres dans leur croissance, il faut se constituer une réserve et un avoir suffisants, et investir dans nos infrastructures. »

« On souhaite se doter d’une usine ultramoderne, robotisée, et dont les activités seront diversifiées pour soutenir nos trois secteurs d’activités, informe le président Michaël Duquette. On doit se constituer des stocks, répondre à des demandes et occasions d’affaires ponctuelles lorsqu’elles se présenteront. On veut également moderniser nos usines actuelles. On évalue les outils technologiques qui existent et qu’on veut mettre en place. Notre rôle au conseil d’administration, c’est d’assurer la pérennité de notre coopérative. »

Citadelle possède cinq usines. La principale se situe à Plessisville (où se trouve le siège social) et celles de Saint-Pacôme et Restigouche (au Nouveau-Brunswick) reçoivent le sirop d’érable des membres. L’usine d’Aston-Junction réceptionne les canneberges et celle de Château-Richer, le miel. Citadelle rassemble 1435 membres.

Sirop, miel et canneberges

Outre le sirop d’érable, Citadelle met en marché le miel de ses producteurs apicoles membres. Un secteur rentable et porteur pour la coopérative. Le secteur canneberge, pour sa part, après plusieurs années difficiles, accuse encore une légère perte cette année. « Un plan de redressement est en marche », a fait savoir le président en entrevue.

« Il faut sécuriser la coopérative, bien la capitaliser et s’acheter des coffres à outils », a insisté Sébastien Roy devant certains membres déçus que leur coopérative ne leur ait pas versé de ristournes après plusieurs années de privation.

Menaces à l’horizon pour la coopérative

« Les menaces sont nombreuses, a-t-il renchéri, tarifs, fluctuation du taux de change, incertitude face à la possible renégociation de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), pression du marché sur les prix, édulcoration de certains produits. Mais notre mission est claire : commercialiser à l’échelle mondiale des produits purs et de toute première qualité. Jamais nous n’allons édulcorer notre produit », a tranché Sébastien Roy.

« Le taux de change et les tarifs ont un impact potentiel à ne pas négliger, note le président. Depuis 2021-2022, il n’y a à peu près pas eu d’augmentation du prix des produits de l’érable sur les tablettes du marché américain. À titre d’exemple, une combinaison d’un tarif à l’exportation de 10 % et d’une appréciation du dollar canadien de 10 % se traduirait par une augmentation de 20 % pour le consommateur américain. C’est un risque très important pour notre industrie. Des achats moindres aux États-Unis se répercuteront en surplus de ce côté-ci de la frontière, d’où l’importance de diversifier nos marchés, d’élargir nos horizons, en Europe notamment, et ailleurs dans le monde, où la demande est en forte croissance. »

Cela dit, il faut savoir que 60 à 70 % de la consommation mondiale de sirop d’érable provient des États-Unis alors qu’ils ne sont responsables que de 20 % de la production, informe Michaël Duquette.

Vision d'avenir pour Citadelle

« Le chiffre d’affaires de 300 millions $, on l’avait budgété pour 2030-2031. On l’a atteint avec cinq ans d’avance, souligne fièrement le président. L’objectif premier, c’est la rentabilité. »

« Le travail n’est pas terminé, a-t-il partagé dans son message à l’assemblée. En une décennie, nous sommes passés de leader incontesté de l’industrie à une position très critique. Bien que le virage de Citadelle soit amorcé depuis quelques années de façon magistrale, nous nous devons de le poursuivre en faisant évoluer l’environnement dans lequel nous sommes et de reprendre notre place de leader. »

« On va tous vouloir devenir membre chez Citadelle dans le futur », a lancé Sébastien Roy.

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