Trois leaders féminins, trois parcours inspirants
Pour souligner la Semaine du développement international, SOCODEVI a tenu, le 10 février dernier, son troisième Midi-jasette sous le thème : « La puissance des leaderships féminins ». À cette occasion, Pedro Rodriguez, chargé des communications, du marketing et des relations avec les membres chez SOCODEVI, a reçu trois femmes leaders qui ont partagé leur parcours respectif, tout en mettant en lumière le contexte particulièrement avantageux des coopératives pour le développement du leadership féminin.
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Cathy Fraser, administratrice chez Sollio Groupe Coopératif et vice-présidente de SOCODEVI, a raconté comment l’engagement a toujours été important à ses yeux. De ses débuts au comité de parents, alors que ses enfants étaient à la petite école, jusqu’à la vice-présidence de SOCODEVI, Cathy Fraser avoue qu’il n’a jamais été difficile, pour elle, de prendre sa place. Mais sachant que beaucoup de femmes sous-estiment leur capacité de leadership, Cathy Fraser explique que le plan d’action dont s’est doté Sollio Groupe Coopératif, pour assurer une plus grande présence des femmes dans la gouvernance du réseau, est d’une grande pertinence.
Si l’on veut atteindre une juste représentation des femmes dans les instances décisionnelles, a-t-elle rappelé, il faut se donner des cibles précises. Ainsi, chez Sollio Groupe Coopératif, la cible à atteindre est de 30 % de femmes au conseil d’administration en 2025 -une proportion qui respecte la présence des femmes aux commandes des entreprises agricoles au Québec. Lorsqu’on se donne une cible, a-t-elle ajouté, on s’oblige à mettre en place des stratégies pour l’atteindre.
Annie Beaupré, première femme à la direction générale de la Fédération québécoise des coopératives forestières et administratrice à SOCODEVI, de même que Ginette Carré, chargée de projets à SOCODEVI, ont fait écho à madame Fraser en rappelant l’importance de croire en ses capacités, de se faire confiance et de prendre sa place. Évoquant leurs expériences à l’international, elles constatent que les femmes, au Québec, sont tout de même privilégiées : il y a ici beaucoup de modèles de femmes leaders, ce qui n’est pas toujours le cas dans les pays d’intervention de SOCODEVI. De plus, le réseau coopératif est ici bien développé; or, font-elles remarquer, les coopératives permettent de briser l’isolement et facilitent l’engagement des femmes.
Ginette Carré, qui accompagne plusieurs projets à l’international, en a d’ailleurs profité pour lancer une invitation : SOCODEVI met actuellement sur pied un programme de mentorat pour offrir aux coopératrices de pays en développement des occasions d’échanges avec des coopératrices d’ici, afin de leur procurer des modèles, de leur permettre d’entretenir des liens inspirants et de partager, à distance, des réflexions, des conseils, des bonnes pratiques. Toute administratrice intéressée à faire partie de la banque de personnes ressources pour ce programme peut signifier son intérêt à info [at] socodevi.org ou directement à Anne-Sophie Chouinard, conseillère en Égalité des genres, à as.chouinard [at] socodevi.org.
Le monde des affaires parle beaucoup d’égalité des genres, aujourd’hui. C’est devenu un indice de bonne gouvernance auquel tous les conseils d’administration sont désormais sensibilisés. Force est donc de reconnaître qu’il faut aussi engager les hommes, dans les efforts visant à obtenir un meilleur équilibre des genres dans les hautes sphères du pouvoir.
D’ailleurs, selon les trois femmes leaders, les avantages de la diversité dans la gouvernance des entreprises n’est plus à démontrer et il y a maintenant une réelle ouverture à accueillir plus de femmes dans les structures dirigeantes des coopératives. Il s’agit donc d’accompagner le réseautage entre les femmes afin que, parmi elles, puissent émerger et être reconnues celles qui seraient intéressées à s’investir davantage. Des outils et des activités peuvent ensuite être mis en place afin de développer leurs compétences et leur confiance en leurs propres capacités.
Quelques conseils ont été prodigués, à l’intention de toutes celles qui hésitent encore. D’abord, oser développer son propre style de leadership, sans chercher à imiter celui des hommes. Ensuite, bien s’entourer, se trouver des alliés, hommes et femmes; on a besoin les uns des autres. Très important aussi, il faut apprendre à lâcher prise; tout ne sera pas parfait tout le temps! Enfin… laisser de côté la susceptibilité. Il y a parfois des habitudes de langage ou de comportement qui surprennent peut-être, mais qui ne comportent aucune intention offensive.
Le milieu coopératif semble donc propice à la participation des femmes. Et, signe encourageant, les coopératives semblent également attirantes pour la relève. D’après Annie Beaupré, les femmes et les jeunes sont fortement interpellées par les valeurs coopératives et par l’engagement des coopératives à l’égard du développement durable. Alors, oui, les trois dames se sont dites très optimistes face à l’avenir.
Bref, les Midis-jasettes de SOCODEVI… on adore! On surveille déjà le quatrième à venir. On vous tiendra au courant.