La recherche dans le réseau Sollio

La ferme de recherche de Sollio Agriculture optimise les cultures et développe des semences innovantes pour l’agriculture durable au Québec.

Publié le
Témoignage et entrevue
Sollio Agriculture
Agronome regardant un champ à la Ferme de recherche de Sollio Agriculture

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Patrick Dupuis

Directeur et rédacteur en chef au magazine Coopérateur

Agronome diplômé de l’Université McGill, Patrick travaille au Coopérateur depuis une trentaine d’années.

Depuis plusieurs décennies, les infrastructures de recherche du réseau Sollio au Québec offrent aux producteurs et productrices agricoles des données fiables et pertinentes. Rencontre avec Maude Fournier-Farley, directrice principale innovation et solutions d’affaires chez Sollio Agriculture.

Patrick Dupuis : La ferme de recherche en productions végétales de Sollio Agriculture a vu le jour il y a plus de 40 ans. Peux-tu nous en décrire les principales activités?

Maude Fournier-Farley : Elle est située à Saint-Hyacinthe et s’étend sur 100 hectares. Nos projets de recherche se regroupent en deux grands axes. Tout d’abord, il y a l’optimisation végétale, qui englobe la sélection variétale, le développement de variétés de semences ainsi que la régie de culture.

La sélection variétale occupe beaucoup de nos activités et est très utile pour notre semencier. Par exemple, nous allons tester plusieurs variétés de plantes fourragères pour ensuite faire la meilleure sélection selon différents critères. La ferme de recherche agit ainsi comme un partenaire important de Maizex, notre semencier national.

Pour la création de variétés, nos efforts sont concentrés sur les semences d’avoine. Nous sommes un joueur important au Québec grâce à notre réseau de distribution présent dans l’ensemble des régions de la province. Il n’est pas impossible que votre gruau vienne d’une variété développée à la ferme de recherche. Depuis tout récemment, nous avons obtenu du soutien pour l’enregistrement de trois variétés d’avoine pour l’Ouest canadien, ce qui nous permet de proposer des semences adaptées tant au marché québécois qu’à celui de l’ouest du pays.

Le deuxième axe de recherche vise, quant à lui, des projets en matière de régie qui sont alignés sur les objectifs d’agriculture durable, toujours en assurant la rentabilité économique du producteur.

Des essais de recherche sont également menés dans des sites externes dans l’objectif d’assurer une représentativité géographique. Le fait de dupliquer les essais dans divers sites nous permet de voir si les résultats sont semblables d’une région à l’autre.

Vous effectuez également de la recherche en production biologique, n’est-ce pas?

Oui. Nous avons une partie de nos terres qui est certifiée biologique depuis l’automne dernier. Notre volonté est de collaborer avec le réseau pour y amorcer des projets dont les résultats pourront être bénéfiques aux producteurs, que ses cultures soient biologiques ou non.

Parle-nous de la vocation éducative de la ferme.

La ferme est un tremplin éducatif et une vitrine de formation pour les experts-conseils, les coopératives et les producteurs. Les producteurs, par exemple, viennent au site de la ferme de recherche pour prendre connaissance eux-mêmes des variétés et des pratiques qui y sont testées.

Nous y présentons depuis peu une nouveauté dont nous sommes très fiers : une zone dédiée aux pratiques 4B [bon produit, bonne dose, bon moment, bon endroit]. Les pratiques 4B permettent la gestion optimale des nutriments et des produits de protection des cultures. Sollio soutient l’initiative de Fertilisants Canada et du Réseau végétal Québec d’augmenter le nombre d’experts-conseils qui possèdent la certification 4B* [voir la note en bas de page]. Au Québec, nous sommes la seule ferme de recherche à posséder une zone de démonstration 4B.

En matière d’innovation, notre rôle est de faire une veille des technologies avant-gardistes, en plus de mesurer et de tester leur valeur ajoutée, que ce soit, par exemple, pour ce qui est des drones ou des équipements de pulvérisation. Nous demeurons également à l’affût des tendances dans l’objectif d’être au-devant des nouvelles exigences ou normes qui pourraient être imposées à notre secteur.

Sollio effectue également de nombreuses recherches en productions animales. Peux-tu nous en parler?

Tout comme en productions végétales, on s’assure que nos essais sont axés sur les besoins qui sont exprimés par les experts-conseils et les producteurs.

Nous avons une ferme de recherche en production avicole à Saint-Jean-Baptiste. On la surnomme SRAC pour Station de recherche avicole coop.

Cette station fonctionne depuis une vingtaine d’années. On y effectue de la recherche sur les poules pondeuses et les poulets de chair.

Ce qui est intéressant en recherche animale, c’est que l’on peut mener des essais toute l’année, sans contraintes liées aux saisons.

On effectue des essais en matière d’optimisation autant économique qu’alimentaire, et de bien-être animal. Le tout dans le but d’améliorer la conversion alimentaire ou encore, plus précisément chez les poules pondeuses, d’allonger le cycle de ponte en assurant une bonne santé digestive et une qualité osseuse. On se penche aussi sur la dureté de la coquille afin de minimiser les bris, notamment pour la vente au détail.

Dans le poulet de chair, on essaie également d’améliorer la conversion alimentaire afin d’accroître les performances zootechniques et économiques. Une autre vocation de la SRAC est de tester différentes solutions de rechange à l’utilisation des antibiotiques afin de s’adapter aux nouvelles réglementations.

Effectuez-vous de la recherche dans d’autres productions animales?

Oui. Nous effectuons de la recherche dans le secteur laitier et autres ruminants. Nous n’avons toutefois pas de sites d’essais.

Nous sommes aussi en contact avec diverses universités, comme l’Université Laval et l’Université de Guelph, ou encore des centres de recherche, comme le Centre de recherche en sciences animales de Deschambault (CRSAD). Cela nous permet de rester à l’affût des avancés dans la communauté scientifique et de potentiellement collaborer à des projets que nous voudrions entreprendre.

En production laitière, plusieurs projets vont concerner l’utilisation d’additifs nutritionnels ou santé avec l’objectif de contribuer à la production de lait, dont les nutriments sont recherchés par la population (protéine et matière grasse). Lorsqu’il s’agit de choisir un additif pour la santé ruminale par exemple, il est impératif de cerner la bonne molécule et sa concentration optimale. Une fois trouvées, nous pouvons passer à la phase suivante, soit la confirmation de son effet dans notre réalité avec nos programmes alimentaires et dans nos conditions d’élevages.

Un des objectifs définis pour la vache laitière est d’évaluer la relation entre son alimentation, ses émissions de méthane et ses rejets. On cherche à savoir quels ingrédients présents dans la ration pourraient contribuer à réduire la production de méthane, afin d’améliorer le bilan carbone de la ferme et de contribuer à une transition vers la carboneutralité, puisque c’est l’engagement qu’ont pris les Producteurs de lait du Québec et les Producteurs laitiers du Canada.

En production porcine, c’est notre division Olymel qui fait la gestion de la recherche et des essais. Sollio Agriculture n’exploite plus de sites de recherche dans ce secteur. Cela dit, nous travaillons en collaboration pour acheminer à nos producteurs les résultats des études d’Olymel, qui portent notamment sur l’amélioration du bien-être et de la conversion alimentaire.

La culture d’innovation est bien présente chez Sollio Agriculture!

La recherche en innovation suit un processus rigoureux que nous appelons à l’interne la « route de l’innovation ». Nos projets et notre stratégie d’innovation multisectorielle sont centrés sur les besoins de nos réseaux et de nos producteurs. Notre objectif est de développer une innovation qui prend véritablement racine sur le terrain. Pour y parvenir, elle doit être rentable et pertinente pour les producteurs. C’est à cette condition qu’elle crée de la valeur, qu’elle est adoptée et qu’elle devient un véritable moteur de progrès pour l’agriculture.

* Il s’agit d’une formation accréditée par l’Ordre des agronomes du Québec et l’Ordre des technologues professionnels du Québec. Les conseillers certifiés 4B peuvent déclarer les superficies sous gestion 4B et démontrer que les producteurs sont des chefs de file en matière d’agriculture durable. Source : Réseau végétal Québec

Les réseaux de Sollio Groupe Coopératif

Les recherches ont notamment pour but de servir les divers réseaux de Sollio Groupe Coopératif :

  • Les coopératives affiliées à Sollio Groupe Coopératif;
  • Les Agrocentres;
  • Les Agromarts et Agrico;
  • Les meuneries.

Cette entrevue est paru dans le Coopérateur de mai-juin 2026.

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