Confidences des agricultrices d’Avantis

Les découvertes agricoles et culinaires, mais également l’occasion se retrouver, d’écouter et, surtout, de s’écouter ont marqué la Journée Femmes et coopération d’Avantis Coopérative, qui s’est tenue le 15 septembre, dans la région de Charlevoix.

Publié le
Nouvelle
Coopérative
Groupe de participantes de la Journée Femmes et coopération d'Avantis en 2026.
Groupe de participantes de la Journée Femmes et coopération d'Avantis en 2026.

Auteurs de contenu

Image de Stéphanie McDuff

Stéphanie McDuff

Rédactrice et cheffe de la production numérique pour le Coopérateur

Diplômée de l’Université du Québec à Montréal, elle est détentrice d’un baccalauréat et d’une maîtrise en études littéraires.

Au programme des visites agrotouristiques, on retrouvait des productions intrigantes et parfois très méconnues. En premier lieu, l’émeu!

Ce grand oiseau au cou bleu a séduit la centaine de participantes réunies au Centre de l’émeu de Charlevoix. L’entreprise, fondée en 1997, est la seule ferme d’émeus du Québec et la plus grande au Canada.

On y transforme l’entièreté de la production de la ferme sur place, notamment en prêts-à-manger, en découpes ou encore en pâtés et terrines. Le second et principal volet de l’endroit est dévolu à une vaste gamme de produits corporels. Ils mettent à contribution les vertus de l’huile d’émeu, très hydratante, pas du tout collante et riche en oméga 3, 6, 7 et 9.

« C’est une production nouvelle pour nous qui sommes dans le lait », souligne Denise Poulin, de la Ferme Maheux inc., qui apprécie pouvoir approfondir ses connaissances sur cette production rare, tout comme Nadia Marquis, de la Ferme A.B. inc. Celle-ci ajoute : « J’avais déjà acheté des produits faits d’huile d’émeu, mais j’ignorais d’où ils provenaient vraiment. »

Nouvel arrêt : à la Ferme Basque de Charlevoix, Vicky Boily a raconté son parcours, de la production laitière à la production de canards. « Je n’avais jamais mangé de foie gras avant d’acheter une entreprise de foie gras! » lance-t-elle, en ajoutant qu’elle a quitté la ferme familiale et s’est établie grâce à L’Arterre dans la ville de Saint-Urbain.

L’entreprise produit 6500 canards par année et transforme elle aussi toute sa production sur place. Les ventes se font au kiosque de la ferme ou auprès des restaurateurs. Les dames ont eu l’occasion de déguster quelques-uns des produits et de visiter les installations, dont le dôme, où les canards sont élevés sur une litière de sable, un choix plutôt atypique pour les canards, mais pas pour les vaches. L’expérience laitière de Vicky l’a semble-t-il inspirée!

Dernier arrêt agrotouristique de la journée, Hydromel Charlevoix, situé en plein cœur de Baie-Saint-Paul. L’entreprise transforme le miel de ses 200 ruches en divers alcool, de l’hydromel au gin ou à la vodka. Les dames ont ainsi eu l’occasion de déguster quelques spiritueux, avant d’entreprendre une petite promenade sur la rue principale de la ville.

Un témoignage porteur

Plusieurs agricultrices se sont reconnues à travers le témoignage de Brigitte Lavoie, des Belles Récoltes de Charlevoix. Lorsqu’elle se lance dans le projet avec son conjoint en 2016, Brigitte sort d’un épuisement professionnel et se réoriente en entrepreneuriat. De journaliste à agricultrice-transformatrice-marketeuse-spécialiste en mise à marché – eh bien, le saut est abrupt. Pour faire de la commercialisation, elle a dû se former à tous les aspects de la vente de granolas, de riz d’avoine et de muesli.

L’entreprise en est à sa 10e année. Pour se découvrir et s’assumer elle-même entrepreneure, Brigitte est allée chercher de l’aide et a confié avoir fait appel à l’aide d’un psychologue. Une situation qui interpelle nos participantes.

« On se retrouvait à travers ce qu’elle disait et on comprenait », affirme Carole-Anne Lessard, de la Bergerie Nissard.

« Le témoignage de Brigitte m’a touchée, ajoute Véronique Boulet, également de la Bergerie Nissard. C’est une guerrière, mais elle nous a montré sa vulnérabilité. Quand on est agricultrice, on ne peut pas toujours être au top de tout. »

« Ça fait près de 20 ans que je participe aux Journées Femmes et coopération, et c’est la première fois que j’entends dire d’une femme qu’elle a eu besoin d’aide. C’est un grand pas pour soutenir les agricultrices qui traversent ce genre de problématique de réunir les femmes et d’arriver à en parler ouvertement », soutient Cynthia Couture, des Miels d’Émilie.

Son avis semble résonner chez d’autres participantes : parler d’enjeux de santé mentale chez les femmes serait-il donc tabou? On ne creusera pas en détail la question dans cet article. Tel n’est pas le propos. Toutefois, on voit bien que l’effet d’une journée comme celle qui a regroupé les agricultrices d’Avantis Coopérative dépasse le réseautage ou la découverte : c’est aussi un moment pour les agricultrices de se parler des vraies choses et de réaliser qu’elles vivent toutes des enjeux qui méritent d’être partagés, pour qu’elles puissent se reconnaître et se soutenir.

Explorer davantage

Autres suggestions de lecture