Une vie vouée à la production porcine
Roland Morneau a dédié sa vie à la production porcine, et il passe maintenant le relai à son fils, Yvan.
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Roland Morneau a consacré sa vie à la production porcine et il entend continuer de le faire, avec Marie-Paule Isabel, sa conjointe, alors que le transfert de l’entreprise à son fils Yvan est maintenant complété. Le Coopérateur a senti une belle complicité entre les trois lors de son passage à la ferme située à Saint-Rock-des-Aulnaies.
L’évolution de la Ferme Roland Morneau
Roland Morneau est originaire de Saint-Jean-Port-Joli. Il a étudié à l’ITA de La Pocatière. Il a complété sa formation en 1973. Cela fait donc plus de 50 ans qu’il travaille en production porcine. « J’ai travaillé quatre ans à Disraeli comme représentant de coopérative en production porcine, raconte le fondateur de la Ferme Roland Morneau. Pendant ces quatre ans, j’ai développé l’intérêt pour me lancer en production. En 1977, nous avons bâti la porcherie. Dans le temps, c’était une grosse porcherie de 324 pieds sur 36 pieds avec 125 truies sous la formule naisseur-finisseur. J’ai toujours cru à cette formule. Au début, j’étais intégré avec la coopérative Côte-du-Sud [aujourd’hui Avantis Coopérative]. Ensuite, je suis devenu autonome. Je n’ai jamais regretté la décision d’acheter l’inventaire en 1981. »
Des agrandissements ont lieu au cours des décennies suivantes. « En 1989, nous avons fait une rallonge pour monter à 195 truies. Nous avons aussi refait la fosse à fumier », ajoute le producteur.
En 2006, l’entreprise a dû faire un vide sanitaire complet en raison d’une contamination extérieure au SRRP. Un nouveau bâtiment a été construit pour monter le troupeau à 275 truies et mieux régir la production avec des espaces distincts pour la gestation, la maternité et la pouponnière.
« Nous nous sommes acheté un composteur pour composter nous-mêmes nos porcs morts », mentionne Yvan. « Nous avons aussi rehaussé la fosse parce que nous avions plus d’animaux. Nous avons été dans les premiers au Québec à installer une toile flottante qui suit le fumier. Cela nous permet d’enlever l’eau de pluie et de réduire les odeurs », ajoute son père.
En 2020, l’entreprise a mis en place des mesures pour favoriser le bien-être animal. « Nous avons aménagé quatre chambres des naissances. Nous avons aussi 11 parcs de stabulation libre pour les truies en gestation », explique Roland Morneau.
Les porcs sortent plus pesants de la pouponnière, ce qui réduit la durée de l’engraissement.
Au fil des années, l’entreprise s’est classée régulièrement parmi les meilleures au chapitre de la productivité dans la Côte-du-Sud. L’entreprise est passée de 125 truies produisant des porcs de 80 kg carcasse à 300 truies pour des porcs de 115 kg carcasse. Pour répondre aux besoins du marché, l’entreprise produit des porcs plus lourds sur place.
« Je pèse mes porcs quand je les envoie à l’abattoir. C’est plus d’ouvrage, mais c’est plus précis. La production porcine, c’est une série de détails. On travaille avec des animaux. Il faut savoir les écouter. Ils nous disent ce dont ils ont besoin », affirme Roland Morneau.
Les implications de Roland Morneau
Roland Morneau compte de très nombreuses implications à sa feuille de route. Il a été conseiller municipal et administrateur au syndicat des producteurs de porcs de l’UPA pendant 30 ans. Il a aussi siégé plusieurs années au comité des naisseurs et il a été président du Syndicat des producteurs porcins de la Côte-du-Sud, ce qui l’a amené à devenir administrateur de la fédération provinciale. Il a aussi été impliqué au Centre québécois d’expertise en production porcine. « J’ai été président. J’ai travaillé pour développer la production porcine », explique-t-il.
En plus de ses engagements à l’UPA, Roland Morneau s’est impliqué dans le mouvement coopératif agricole à la Coop de la Côte-du-Sud, au Groupe coopératif Dynaco et, finalement, chez Avantis Coopérative. Il a aussi siégé pendant 30 ans comme administrateur de Promutuel, notamment à la vice-présidence et à la présidence.
« J’ai toujours cru à la fusion parce qu’un organisme ne peut pas rester petit sans bouger. Nous sommes plus fort ensemble, à condition qu’on respecte nos membres et qu’on se parle. Il faut toujours rester proche de nos membres, même en devenant plus gros. J’ai favorisé la fusion de Dynaco avec Avantis et celle de Promutuel avec Montmagny », rappelle M. Morneau, qui a aussi été actif au sein de la Filière porcine coopérative mise en place par le réseau de Sollio Groupe Coopératif pour garantir une qualité de produits et une uniformité sur les marchés d’exportation.
L’importance de travailler en équipe
Roland Morneau gère son entreprise de la même façon, en prônant le travail d’équipe avec son fils Yvan qui amène de bonnes idées qui permettent à l’entreprise de poursuivre sa croissance, tout en tenant compte de la grande expérience de son père. Selon l’expert-conseil en production porcine chez Avantis, Éric Nadeau, c’est ce qui démarque l’entreprise. « Roland échange beaucoup et Yvan, qui a son propre bagage, ça donne une bonne recette. »
Un transfert de ferme vers Yvan, la relève
Yvan a fait ses études au DEP en production porcine à Saint-Anselme en 1999-2000 avant de compléter sa formation à l’ITA de La Pocatière, en gestion et exploitation d’entreprises agricoles (GEEA). Il s’est ensuite joint à la ferme familiale. « L’important, c’est de se parler. On s’enrichit en se complétant », lance son père.
« J’applique ce que j’ai appris avec mon père. Je suis gestionnaire pour les mises bas et les pouponnières. Il faut que ça marche. Si ça ne fonctionne pas à la pouponnière, ça ne marchera pas à l’engraissement. C’est la base. La régie est très importante, tout comme les mesures sanitaires. Le sanitaire, c’est le premier point pour réussir. On travaille avec le vétérinaire Jean Brochu, de la coopérative », mentionne Yvan, dont le père s’occupe surtout de l’engraissement.
Sa mère s’occupe des naissances avec leur travailleur étranger. Elle est impliquée depuis les tous débuts de l’entreprise. Pendant que son conjoint était en réunion, c’est elle qui voyait aux opérations de l’entreprise. « Je forme l’employé à faire mon ouvrage avec les truies parce que je veux me retirer, mais je veux être sûre que ce sera bien fait », lance Marie-Paule Isabel.
« Il faut se parler pour être capables de se compléter. C’est comme ça qu’on a développé l’entreprise », souligne Roland.
Yvan effectue aussi les travaux aux champs. L’entreprise possède 120 ha (300 acres) en culture. « Nous avons toujours voulu qu’Yvan soit bien entouré. Il maîtrise très bien la production et il réagit toujours rapidement face aux problèmes. Comme producteur, on ne contrôle pas les prix, mais on peut contrôler nos performances », estime Roland, qui exploite également un élevage vache-veau d’une quarantaine de vaches croisées Angus et Simmental.
Et Yvan a de qui tenir. Il se tient informé sur tout ce qui touche à la production porcine et est un excellent gestionnaire, affirme Éric Nadeau. « La base de notre production, c’est la maternité et les naissances. Si on rate notre coup à cette étape, on n’aura pas de succès à l’engraissement. C’est pourquoi il faut mettre beaucoup d’énergie là-dessus. Quand vient le temps de faire un investissement, il faut se demander si nous en avons vraiment besoin », explique le producteur de 43 ans, qui met à profit sa grande expérience acquise sur le terrain.
Pour les prochaines années, il veut travailler sur le bien-être animal et sur les volumes de référence que les entreprises doivent produire pour ne pas être pénalisées si elles produisent trop. Il entend aussi, bien sûr, maintenir la complicité avec ses parents!
Cet article est paru dans le Coopérateur de septembre 2025.