Transfert non familial : quand les planètes s’alignent!

Renaud Bergeron et Angèle Charest, de la Ferme Annaud, à Laurierville, ont quatre enfants, mais aucun n’a manifesté d’intérêt pour reprendre l’entreprise. Après quatre générations de Bergeron à vivre sur ce lopin de terre, le couple aurait pu être désemparé! Mais non, Renaud et Angèle ont compris et sont partis à la recherche d’une relève non apparentée.

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Guylaine Gagnon

Directrice et rédactrice en chef du Coopérateur de 2006 à 2023

Embauchée en 1991 comme secrétaire-correctrice, Guylaine a gravi les échelons jusqu’à la fonction de rédactrice en chef du Coopérateur.

Bien que l’histoire du transfert de la Ferme Annaud connaisse une fin heureuse, il a fallu que le couple soit patient pour trouver le repreneur « parfait ». À deux reprises, il a entamé des démarches avec une relève potentielle, mais, pour différentes raisons, le transfert n’a pas eu lieu. Toutefois, le troisième candidat était le bon.

Toutes les planètes s’alignent

Reculons de quelques années. Le jeune Mathieu Paradis cherche à acquérir une ferme. Il apprend, par une collègue de classe, que la Ferme Annaud est à vendre.

Renaud Bergeron connaît bien le père de Mathieu. Il a confiance que, si Mathieu fait l’acquisition de l’entreprise, il sera soutenu par sa famille.

Dès la première rencontre, Renaud lui donne un ordre de grandeur du prix et lui dit : « Si tu es d’accord, nous sommes prêts à aider pour le financement. » Les deux parties s’entendent pour enclencher les démarches. C’était au début de 2015.

Pour sa part, Mathieu estime que « le prix était très raisonnable. Je ne pouvais pas m’attendre au même prix qu’un père ferait à son fils. Mais ce qui était intéressant, c’étaient que les conditions étaient généreuses. »

Savoir s’entourer

Pendant le processus de transfert, Mathieu était étudiant et avait accès à une panoplie d’experts, des gens qui avaient de l’expérience terrain (fiscaliste, comptable, notaire, etc.). « Je savais où je m’en allais et je posais des questions. »

Bien informés, Renaud et Mathieu ont su bénéficier des programmes et de l'expertise de La Financière agricole du Québec (appui financier à la relève agricole, protection protection contre la hausse des taux d’intérêt, formule vendeur-prêteur, meilleur taux d'intérêt, prêt garantie pour le vendeur - www.fadq.qc.ca/formule-vendeur-preteur/description.)

Ainsi, en janvier 2016, Mathieu devenait propriétaire, à l’exception de deux terres qu’il louait. Il en rachètera une en janvier 2017, et l’autre sera vendue à un voisin.

Une relève compétente et respectueuse

Mathieu est un bon gestionnaire, comme Renaud l’a mentionné à plusieurs reprises. Un an et demi après être devenu l’heureux propriétaire, il a déjà trouvé le moyen d’ajouter du quota.

Le jeune homme a toujours été respectueux lorsqu’il était employé de la Ferme Annaud. « Il n’est jamais arrivé ici en disant : “Moi, je ferais ça de même.” Au contraire, il m’a plutôt demandé conseil », raconte-t-il.

Renaud et Angèle, eux, étaient prêts à plusieurs compromis pour que ça marche. Avec pareilles attitudes, il n’a pas été difficile pour les deux parties de s’entendre!

Une histoire qui finit bien

En racontant tout le processus de transfert, qui s’est soldé par un succès, Renaud n’a pas caché ses émotions. Il évoque la dernière soirée passée avec Mathieu à traire les vaches. « C’était le 31 décembre 2015, et on finissait la traite. Je suis allé le voir et je lui ai donné la main en lui disant : “Mathieu, je te transfère officiellement ma ferme. Je sais qu’elle est entre bonnes mains.ˮ » On n’y pense pas toujours, ajoute-t-il les larmes aux yeux, mais quand ça fait 39 ans qu’on s’occupe d’une entreprise, ça fait quelque chose de la céder à quelqu’un d’autre.

Maintenant installés en ville, dans l’ancien presbytère de Laurierville, réaménagé à leur goût, Renaud et Angèle sont heureux de passer devant la ferme et de voir qu’elle est encore en activité! « Nous vivons la plus belle partie de notre vie », disent les deux ex-producteurs, qui ont le temps d’en profiter, car ils ont à peine atteint la soixantaine!

Vous pouvez lire le reportage complet dans l'édition d'octobre 2017 du Coopérateur.

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