Portrait d’une femme en agriculture : Mélanie Robert

Mélanie Robert a fait face à des préjugés au début de son parcours en agriculture, mais vingt-cinq ans plus tard, son succès contribue à les vaincre.

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Témoignage et entrevue
Femme
Mélanie Robert

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Stéphane Payette

Collaborateur

Membre de l'Ordre des technologues du Québec, Stéphane est expert-conseil en productions végétales à Novago Coopérative. Il est également journaliste à la pige pour le Coopérateur.

Totalement investie dans le métier de productrice agricole, Mélanie Robert de la Ferme Berty établie à Saint-Ambroise-de-Kildare, dans Lanaudière, n’aurait exercé aucune autre profession.

Aucun préjugé ne l’aurait fait dévier de sa route. Fière du chemin accompli, Mélanie a profité de la confiance de sa mère et de l’aide de ses proches pour bâtir une entreprise de quelque 110 vaches laitières et plus de 110 hectares (270 acres) en culture. Elle estime que les femmes sont tout aussi capables que les hommes de mener à bien la destinée d’une entreprise agricole.

« L’important est de savoir bien s’entourer, car le découragement peut arriver vite, amorce Mélanie Robert, qui refuse de se qualifier de maître gestionnaire. Je crois que je suis d’abord une très bonne exécutante. Je ne me vois pas comme une boss. Parfois, ça me cause des ennuis. J’ai de la difficulté à dire non et ça me draine. C’est un défi pour moi », avoue-t-elle.

Au fil des 25 dernières années où elle était à la barre de la ferme familiale que sa mère Gisèle Pellerin et son père Gaston Robert avaient démarrée, la jeune femme a mis ses limites : « Quand nous avions un projet qui n’avait plus de sens, nous y mettions fin ou nous le changions. Par exemple, nous devions construire deux silos. Pour stabiliser le second, nous aurions dû investir 100 000 $ de plus. J’ai dit non! Nous avons changé le projet en optant pour des gros sacs et l’addition d’un mélangeur », raconte l’agricultrice de 45 ans. Vous noterez que Mélanie parle généralement au nous.

L’agricultrice peut compter sur l’aide de son conjoint Frédéric Thouin, qui, sous le signe de la confidence, affirme qu’il admire sa blonde pour son courage et sa passion. Elle peut miser aussi sur Yohan Gadoury, qui occupe une place importante dans l’organigramme de la ferme. Mélanie Robert croit aussi que pour gérer une ferme, il faut savoir se débrouiller dans plusieurs domaines, dont l’informatique, pour diminuer les coûts liés aux robots de traite.

Surmonter les préjugés

À l’âge où Mélanie devait choisir un secteur d’activités, son père lui a déconseillé d’opter pour l’agriculture. « Selon lui, c’était une job de gars, se remémore-t-elle. Je me suis entêtée et je me suis inscrite à un programme de formation professionnelle et il m’a dit : ‟Tant qu’à faire un DEP, va dont faire une technique.” Je l’ai écouté et après, j’ai travaillé à l’extérieur. »

L’audace de Mélanie Robert aura finalement raison des idées vieux jeu de son père. « Un soir, j’avais un pépin chez un de mes employeurs. Il est venu m’aider et, après la réparation, nous nous sommes mis à jaser. Il m’a dit : ‟Tu sais, je suis fier de toi.” C’est ici pour toujours », indique Mélanie en pointant son cœur.

Si elle devait guider un de ses enfants dans le choix d’un métier qui va façonner sa vie, Mélanie Robert n’aurait qu’un conseil à lui donner : « Ne laisse jamais quelqu’un décider pour toi. Fais ta place. »

Le dossier « Hériter, démarrer, convaincre : la relève féminine prend racine » est paru dans le Coopérateur de septembre 2026.

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