Maria Labrecque Duchesneau, la grande alliée de la diversité
Maria Labrecque Duchesneau nous parle de ses démarches pour mettre fin à la discrimination et favoriser l’acceptation de soi et de l’autre dans le milieu agricole.
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Le 17 mai est la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie. En cette occasion, Maria Labrecque Duchesneau, fondatrice de l’organisme Au cœur des familles agricoles (ACFA) et à l’origine de Fierté agricole, nous parle de ses démarches pour mettre fin à la discrimination et favoriser l’acceptation de soi et de l’autre.
C’est lorsqu’elle réalise à quel point les producteurs et productrices souffrent d’isolement, de solitude et de détresse qu’elle fonde ACFA pour leur venir en aide, les écouter et leur permettre de déposer leurs douleurs. Dans cette foulée, Maria met également sur pied une maison de répit, à Saint-Hyacinthe, pour accueillir les producteurs et productrices à bout de souffle.
La détresse du milieu agricole est-elle assez connue? Pas encore assez, martèle la femme qui a décidé de prendre le taureau par les cornes.
« Il faut aimer nos producteurs et productrices agricoles et aller à leur rencontre, dit-elle. Ces personnes ne souhaitent pas plus de considération que d’autres groupes de la société. Elles veulent seulement de la reconnaissance pour le travail essentiel qu’elles effectuent tous les jours. »
Protéger la diversité
La détresse chez les producteurs gais la pousse aussi à lancer le Club gais en agriculture, à l’origine de Fierté agricole, afin de favoriser les rencontres et de briser l’isolement. Certains avaient des idées suicidaires. Ils n’osaient plus exprimer leurs attentes, leurs envies, leur personnalité, leur besoin de se sentir accueilli pour la personne qu’ils sont, indépendamment de leur orientation sexuelle, quelle qu’elle soit.
Ils avaient besoin d’un espace pour ne plus avoir à s’expliquer, à se cacher, à se justifier, à s’exclure, même.
« Je voyais des producteurs pleurer, penser au suicide. Je voulais les aider, leur redonner espoir, leur redonner confiance, leur redonner le goût à la vie », dit-elle.
Malheureusement, certains sont passés à l’acte.
Comment devenir une personne alliée
« C’est en parlant qu’on se comprend, qu’on apprend à se respecter, à s’écouter, dit celle qui est née dans une entreprise agricole il y a 73 ans. Il faut oser parler, il ne faut pas se cacher. Il faut savoir vivre et laisser vivre. »
Maria dénonce toute forme d’intimidation. Et elle n’hésite pas à confronter ceux qui la pratiquent. Elle prône le respect, la tolérance, l’écoute, l’acceptation de l’autre dans toutes ses facettes, dans toute sa diversité.
Elle fait ainsi écho aux suggestions de la Fondation Émergence, à l’origine de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, qui propose diverses pistes pour contribuer au changement comme personne alliée :
- Un engagement évolutif
- Une écoute active
- Une formation continue
- La remise en question des biais
- Des interventions dans ses milieux
- De la réaction aux LBGTQphobies
- Une visibilité solidaire
Écouter pour comprendre
Équité, diversité et inclusion : Maria Labrecque Ducheneau militait en ce sens bien avant que des mots ne se taillent une place dans la société. D’ailleurs, les mots et les étiquettes, très peu pour elle. Tout passe par l’action, le geste et l’authenticité.
« Les choses progressent, mais rien n’est totalement acquis, dit-elle. Tu vas toujours avoir des toqués, un mâle alpha qui va te tomber dessus comme étant une race supérieure. C'est vrai que ça existe. J'oserais te dire que certaines personnes manquent d'ouverture et d'éducation. Le mâle alpha a-t-il peur? Avancez, assumez-vous. Vous n'avez rien à subir. Et celui qui vous rabaisse, dites-vous que c'est sans doute parce qu'il ne sait pas comment vous parler. »
Enfin, si Maria a réalisé de grandes choses, les nombreux prix et décorations qu’on lui a décernés, dont l’Ordre national du Québec, n’ont en rien changé sa personnalité.
« Personne n’est plus haut que moi ni plus bas que moi, affirme-t-elle. Je suis la même personne avec tout le monde. Ç’a été ma marque de commerce. Parce que si tu te situes dans cette égalité-là, ça veut juste dire que tu n’as pas à justifier quoi que ce soit. »
Maria ne se considère pas comme une exception, mais plutôt comme une personne qui prend sa place et qui a décidé de changer les choses. « Tu ne peux pas juste chialer. Il faut que tu agisses, lance-t-elle. Tu veux du sang neuf? Implique-toi. Si tu ne fais rien, il ne se passera rien. Il faut donner au suivant. »
Pour en savoir plus, consultez les pistes de solution pour contribuer au changement comme allié.e de la Fondation Émergence.
Une date symbolique pour l’histoire des droits LGBTQ+Le choix du 17 mai pour souligner la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie est une référence au 17 mai 1990, date à laquelle l'Organisation mondiale de la santé (OMS) retire l'homosexualité de sa liste des maladies mentales. |
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