Ferme Jomar : Oser la graminée!

La Ferme Jomar, à Saint-Malo (Estrie), occupe une place enviable au sein des meilleurs producteurs laitiers du Québec. L’IPT (indice de performance du troupeau) de Lactanet lui procure le 6e rang provincial et le 14e rang au niveau canadien. Tout ça avec une alimentation fourragère uniquement composée de graminées. Sa recette? De l’audace et beaucoup d’observation.

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Reportage de ferme
Relève
Rémi et Marcel Blouin

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Stéphane Payette

Collaborateur

Membre de l'Ordre des technologues du Québec, Stéphane est expert-conseil en productions végétales à Novago Coopérative. Il est également journaliste à la pige pour le Coopérateur.

Cette entreprise laitière, située à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Sherbrooke, est exploitée par Rémi et Marcel Blouin, un duo père-fils détenant 53 kg/jour de quota ainsi que 50 ha (120 acres) de terre. Les vaches produisent en moyenne plus de 12 000 kg de lait à 4,15 % de gras, à deux traites par jour, et les taures vêlent à 22 mois et demi. Les rendements des champs dépassent les 9000 kg de matière sèche à l’hectare, avec des graminées. Marcel rigole quand nous lui demandons sa recette magique. « Il n’y a pas de magie ici. Nous sommes simplement très minutieux. » Rémi partage avec enthousiasme l’avis de son père. « Chaque détail compte ici. Nous faisons attention à tout. Tout est dans l’ordi. C’est vraiment observation, observation, observation. »

Les journées, qui débutent dès 4 h 30, démarrent dans le calme : on note chaque changement de comportement des animaux qui pourrait indiquer qu’une vache est en chaleur ou qu’un vêlage se prépare. Une fois les notes prises, l’action peut commencer et les travaux s’exécuter. Rémi fait lui-même ses rations, sous la supervision de l’experte-conseil de Sollio & Vivaco Agriculture coopérative, Isabelle Guay, technologue professionnelle. « J’ai travaillé cinq ans pour la coop ici [en Estrie], c’est pour ça que je les fais moi-même, explique le jeune agriculteur de 28 ans. Ainsi, dès que les changements apportés ne donnent pas les rendements escomptés, je réagis rapidement. »

La même philosophie s’applique aux champs. Les Blouin se sont orientés vers les graminées pour des raisons pratiques. « Au début, c’était de la luzerne et nous aimions ça, expose Marcel. Il y avait beaucoup de rendement la première année. La seconde, ça baissait vite, et la troisième, il n’y en avait que sur les drains. Comme nous n’avions pas d’ensilage de maïs ni de luzerne à 22 % de protéine, Rémi avait beaucoup de difficulté à équilibrer la ration. » « Nous avons des loams limoneux, ajoute Rémi. Des terres qui retiennent l’eau, même drainées. Pour du mil, c’est super, mais pas pour la luzerne. Et concernant les rations, j’avais trop de protéine et un manque d’énergie. Le ratio est meilleur avec des graminées. »

Le défi de l’équilibre de la ration était également au cœur des préoccupations de ces producteurs laitiers. « Avec la luzerne, nous avions des écarts de matière sèche qui montaient parfois à 30 %, précise Rémi. Donc, certaines journées, nous avions une ration complète selon le poids, mais en plein milieu de la journée, les vaches manquaient de stock. Ce n’est pas génial. Avec les graminées, ça n’arrive plus. L’écart varie parfois de 10 % d’une balle à l’autre, pas plus. »

Essais et observations

Pour obtenir les résultats impressionnants du troupeau, Marcel et Rémi Blouin ont procédé à plusieurs essais. « Ici, le mil [fléole] pousse assez bien. Nous avons simplement adapté la fertilisation pour les graminées », raconte le père. Comme compagnon, le choix s’est arrêté sur la fétuque, qui seconde bien la fléole. « Le rendement de la première coupe, c’est avec le mil qu’on va le chercher, poursuit le fils. Ensuite, la fétuque prend le relais pour la deuxième et la troisième coupe. Nous avons débuté avec de la fétuque élevée, mais nous aimions plus la fétuque à feuilles souples [Bardoux]. Nous avons ensuite essayé le festulolium, mais il ne pousse pas assez vite pour faire une plante-abri. Et durant l’été, s’il y avait un stress dû à un manque d’eau, il épiait trop vite et venait diminuer la qualité de nos fourrages. Maintenant, nous pensons essayer le brome. » Les deux complices voient que, pour le moment, c’est une combinaison de 10 lb à l’acre de mil (11 kg/ha) et de 10 lb à l’acre de fétuque qui donne les meilleurs résultats. Cependant, les essais ne sont pas terminés!

Lire l’article complet dans l’édition de juillet-août 2021 du Coopérateur.

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