SOCODEVI en Ukraine après 4 ans de guerre

Quatre ans après le début de l’agression russe en Ukraine (24 février 2022), SOCODEVI demeure en poste dans ce pays où elle mène des projets depuis 2008.

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Un drapeau de l'Ukraine déposé sur un champ de blé

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« Même si les obus sont à leurs portes, nos intervenants choisissent de demeurer sur place, solidaires avec le peuple ukrainien », affirme François Dionne, directeur du programme international à la Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI) depuis six ans. Il supervise actuellement 26 projets coopératifs dans 20 pays, notamment en agriculture, agroforesterie, soins à domicile, habitation et tourisme.

La guerre en Ukraine a accentué l’urgence d’agir. Depuis le début du conflit, des millions de personnes ont tout perdu : leur maison, leur entreprise, leurs outils de travail, leurs repères. Malgré tout, avec le soutien de SOCODEVI et de ses partenaires, des milliers de familles productrices en Ukraine continuent de se relever, de reconstruire, de rêver à un avenir plus serein.

SOCODEVI appuie des projets afin de rebâtir des moyens de subsistance pour des familles déplacées, notamment en :

  • Soutenant des coopératives ukrainiennes qui maintiennent l’économie locale vivante malgré le conflit;
  • Offrant des formations, de l’équipement et de l’accompagnement pour aider des milliers de personnes à retrouver une stabilité et une dignité ;
  • Appuyant des initiatives locales de résilience qui, même en pleine guerre, redonnent espoir.

« Ce ne sont pas des gestes abstraits : ce sont des vies transformées, des familles qui améliorent leurs conditions de vie, des femmes qui reprennent leur entreprise, des coopératives qui rebâtissent leur capacité de production, et des communautés qui reprennent leur souffle! » souligne François Dionne.

Projet We Prosper

Lancé en 2008, le projet We Prosper a pris fin en décembre 2025. « Ce projet, qui a été un réel succès, a permis d’appuyer et de contribuer au développement de 15 coopératives, essentiellement de la région du Donbass, présentement occupée par l’armée russe, rappelle François Dionne. Ces coopératives sont toujours en activité. En 2013-2014, un élévateur à grains avait vu le jour à Nipro, une ville située à une centaine de kilomètres seulement du front russe. Il est actuellement fermé. »

En revanche, poursuit-il, l’usine laitière de Lviv, près de la frontière avec la Pologne, et lancée dans la foulée du projet laitier, fonctionne quant à elle de mieux en mieux.

« On essaie d’avancer, on renforce les coopératives, on travaille sur tous les maillons. Le sentiment coopératif et nationaliste est très fort en cette période d’hostilités », assure-t-il.

Le projet HONOR

Un autre projet a pris le relais de We Prosper, le projet HONOR, lancé celui-là en mars 2025. Honoring Rural Women’s Contribution in Ukraine’s Agri-Food Systems a pour objectif d’accroître la résilience et l’autonomie alimentaire des femmes, notamment en période de guerre.

Il vise entre autres à améliorer les chaînes de valeur dans les secteurs du lait, du grain et de l’horticulture, tout particulièrement les petits fruits. Ce projet a pour but de favoriser l’essor d’une cinquantaine de coopératives existantes.

« Le projet de plus de 20 millions de dollars, qui s’échelonnera sur 84 mois, sera financé à 95 % par Affaires mondiales Canada et à 5 % par SOCODEVI et ses institutions membres », précise le directeur du programme international.

François Dionne siège au conseil d’administration du volet Amériques de l’Alliance coopérative internationale (ACI). À ce titre, il cherche à développer les occasions de collaboration entre des coopératives d’ailleurs dans le monde, du sud notamment, et d’autres du Canada et du Québec.

« C’est une des volontés du gouvernement canadien de développer de tels partenariats pour mousser et diversifier les échanges commerciaux, note-t-il. Les coopératives ukrainiennes exportent vers l’Italie, la Pologne, la Tchéquie et le Canada. »

Voir plus loin que la destruction

Toutefois, François Dionne dit qu’il faut « se rappeler qu’en 2008, le secteur coopératif était mal vu en Ukraine. Grâce à Sollio Groupe Coopératif, et aux autres partenaires, on a réussi à faire changer la mentalité coopérative dans le pays et on a même participé à la modification de la loi coopérative. Donc, ça, ça reste. Et le travail des équipes de nos services d’extension, de Sollio et de SOCODEVI a aidé à créer un mouvement coopératif fort et très actif actuellement dans la guerre. Ça va amener énormément de résilience. Donc, oui, c’est décourageant, mais grâce aux valeurs qu’on a su partager ensemble, il y a de l’espoir pour la suite. »

Le soutien financier et matériel de SOCODEVI s’est également accentué à travers des initiatives d’aide humanitaire permettant l’envoi et la distribution de biens essentiels nécessaires.

Des défis majeurs à relever

Bien sûr, le contexte demeure extrêmement difficile. Les bombardements, l’insécurité, les coupures d’électricité et les ruptures d’approvisionnement compliquent la vie quotidienne des producteurs agricoles. Les infrastructures sont souvent endommagées, les marchés perturbés et les ressources limitées.

Dans un pays où la guerre menace les fondements de l’économie rurale, SOCODEVI appuie les coopératives ukrainiennes qui jouent un rôle de premier plan dans le maintien de la vie économique locale. Greniers du monde avant l’agression russe, l’Ukraine a longtemps été parmi les plus importants producteurs et exportateurs de maïs, de blé et d’huile de tournesol.

Il semble que les discussions visant à mettre fin à la guerre en Ukraine soient actuellement bloquées. Les pourparlers n’ont débouché sur aucun progrès notable en vue d’un cessez-le-feu ou d’un accord de paix. Chaque jour, l’Ukraine est la cible de centaines de frappes de drones et de bombes sur son territoire.

SOCODEVI fournit un appui technique, organisationnel et financier à ces coopératives, leur permettant de se réorganiser, de relancer leur capacité de production et de préserver les emplois locaux. Ce soutien est vital pour éviter l’effondrement du tissu rural et favoriser la reprise économique à plus long terme.

D’autres pays où œuvre SOCODEVI vivent ou ont également vécu des situations conflictuelles : la Colombie, le Burkina Faso, le Mali, le Mozambique.

Les projets de SOCODEVI sont généralement financés, selon leur ampleur, à hauteur de 5 à 25 millions de dollars et s’échelonnent, dans une première phase, sur une période de 5, 6 ou 7 ans. Ils bénéficient bien souvent d’une deuxième phase d’appui.

Pour en savoir plus sur les projets en Ukraine, consultez le site de SOCODEVI.

Merci de votre participation!

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