Le prix du diesel fait très mal aux producteurs
Témoignages de producteurs qui subissent la hausse du prix du diesel qui fait très mal à leur rentabilité.
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La hausse vertigineuse du prix du diesel fait très mal à la rentabilité des producteurs agricoles en général, mais particulièrement pour les entreprises œuvrant dans les grandes cultures et la production maraîchère qui n’ont pas vraiment le choix d’utiliser leurs tracteurs pour effectuer les travaux aux champs, notamment les récoltes.
La Ferme DML St-Bernard, en Beauce, cultive 1 200 acres de terre pour nourrir son parc d’engraissement de 3 000 bœufs. « Nous avons dépensé 7 000 litres de diesel la semaine passée (semaine du 12 octobre) à 2,10 $ et 2,12 $ du litre. Nous sommes pas mal esclaves du prix du diesel et des carburants. Nous avons besoin des tracteurs pour nos opérations aux champs. On ne peut pas vraiment faire autrement. Nous sommes obligés de payer. On essaie quand même de faire attention, d’utiliser davantage les tracteurs les plus économiques et de faire virer le moteur un peu moins vite pour qu’ils dépensent moins de carburant », raconte Yann Labrecque, qui exploite l’entreprise avec son père Michel.
1 000 $ par jour
Le prix du litre de diesel a monté de presque un dollar du litre en moins d’un an. « Lors des grandes journées d’ensilage, c’est 1 000 $ de plus par jour. Pour les bœufs, c’est la même chose. On utilise quatre tracteurs le matin pour mélanger toute la nourriture et un ou deux tracteurs qui nettoient le parc. Du diesel, on en dépense à longueur d’année. Pour la production bovine, on dépense environ 1 500 litres par semaine. C’est beaucoup plus dans le temps des récoltes avec la fourragère et quatre tracteurs qui transportent les boîtes », explique le producteur.
La totalité de la production de grandes cultures sert à nourrir les bœufs. « Tout ce qu’on produit reste sur l’entreprise. La grande majorité de nos terres sont situées à Saint-Bernard-de-Beauce, sauf deux terres qui sont dans la municipalité voisine à Saint-Narcisse », précise Yann Labrecque.
L’entreprise a graduellement abandonné les productions porcines et laitières pour se concentrer en production bovine et en grandes cultures.
Même chose en production maraîchère
La situation est similaire en production maraîchère où il est impossible de diminuer sa consommation de diesel pendant la récolte et le transport des légumes. La Ferme JPL Maraîcher, qui comprend également Semences Leblanc et Bio Leblanc exploite 1 800 acres en culture à Saint-Anselme, Sainte-Isidore et Sainte-Claire, dans la région de Chaudière-Appalaches.
« Nous avons besoin de beaucoup de diesel. Le prix a augmenté d’au moins 30 % depuis 2025 et il avait déjà augmenté en 2025. Présentement (en date du 26 octobre), on paie 1,97 $ le litre pour le diesel rouge utilisé en agriculture dans les champs, et 2,47 $ le litre pour le clair pour les camions servant au transport sur les routes. Dans le maraîcher, il y a beaucoup de transport réfrigéré », affirme Serge Leblanc, copropriétaire des trois entités avec son frère Yvan, sa sœur Sylvie et son fils Frédéric.
Entre 35 000 $ et 40 000 $ de diesel en octobre
M. Leblanc précise que l’entreprise a investi 21 000 $ en diesel uniquement pour le mois de septembre et que, bien qu’octobre ne soit pas finalisé, il s’attend à un montant entre 35 000 $ et 40 000 $ puisque l’entreprise est en pleine période des récoltes et que cela nécessite l’utilisation de plusieurs tracteurs aux champs et de camions de livraison pour amener les légumes et les céréales à la ferme.
« Nous avons commencé à récolter nos légumes en octobre. Nous avons trois récolteuses de légumes qui sont tirées par des tracteurs. À côté de la récolteuse, il y a un tracteur qui suit pour remplir les boîtes. Lorsque le chargement est plein, on amène le chargement avec un autre tracteur sur le bord de la route. Nous allons le moins possible sur la route en tracteur. C’est un camion fonctionnant au diesel qui amène le chargement à la ferme où il sera déchargé. »
« C’est impossible d’utiliser moins de carburant. Nous n’avons pas le choix. Il faut que les moteurs virent et que les tracteurs tirent leur charge. Il n’y a pas moyen d’économiser du diesel. »
JPL Maraîcher est une ferme maraîchère. Semences Leblanc fait la production de céréales de semences et de la céréale commerciale. Leblanc bio produit de la betterave et des céréales biologiques.
Même si elles sont sur le territoire de trois municipalités, les terres de l’entreprise se trouvent toutes dans un rayon de 8 à 10 km, ce qui limite un peu les déplacements et donc l’utilisation du carburant.