Portrait de la relève agricole féminine au Québec
Survol des études récentes grâce auxquelles nous comprenons mieux la place des femmes dans le secteur de l’agriculture dans la province.
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La relève au féminin a plusieurs visages et elle tend à se diversifier encore davantage depuis quelques années, un reflet des nouvelles tendances à l’œuvre dans le milieu agricole.
Dresser le portrait de la relève agricole féminine permet de voir le chemin parcouru dans les dernières années. L’exercice est rendu plus facile grâce aux études réalisées récemment par le gouvernement du Québec, Statistique Canada et le Conseil du statut de la femme, qui ont toutes contribué à mieux cerner cette réalité sur le terrain.
On sait notamment que les jeunes femmes sont de plus en plus nombreuses à devenir propriétaires d’entreprises agricoles : elles composent 29 % de la relève établie au Québec, selon le Portrait de la relève agricole au Québec du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) publié en 2021, et 27 % des entreprises agricoles québécoises comptent au moins une femme parmi ses propriétaires. Les femmes en agriculture se distinguent également par un profil hautement scolarisé et elles sont de plus en plus nombreuses à détenir des diplômes postsecondaires et universitaires en gestion, en agronomie ou en techniques agricoles au point d’être fréquemment majoritaires sur les bancs des écoles spécialisées.
Une autre voie d’accès à l’agriculture
La façon dont les femmes intègrent le milieu agricole diffère cependant de celle de leurs confrères. En effet, elle passe moins souvent par la reprise de la ferme familiale : 44 % d’entre elles choisissent plutôt de démarrer une nouvelle entreprise, comparativement à seulement 32 % des hommes.
Cela explique en partie pourquoi la relève féminine est plus présente dans des secteurs qui demandent moins de capital comme le maraîchage, les petits fruits, les fleurs coupées et les circuits courts. On les retrouve aussi surtout dans les productions de niche et l’élevage de petits animaux.
Des entreprises généralement plus modestes
Environ 58,6 % des exploitantes agricoles possèdent des fermes qui génèrent moins de 100 000 $ de revenus bruts par année, comparativement à 51,1 % des hommes.
Dans le cas des grandes fermes, seulement 17,9 % des femmes sont à la tête d’exploitations qui génèrent 500 000 $ ou plus, contre près de 22 % des hommes.
Dans les petites entreprises qui génèrent des revenus de moins de 10 000 $, les femmes déclarent un salaire moyen inférieur de 27,9 % à celui des hommes. C’est ce qui explique en partie leur statut plus précaire. Mais plus l’entreprise grandit, plus l’écart s’amenuise : pour les fermes générant entre un et deux millions de dollars, l’écart salarial entre les genres tombe à son plus bas, soit 10,7 %.
La question salariale demeure un enjeu important puisqu’environ 33 % des femmes qui travaillent dans la ferme de leur conjoint n’ont encore aucun statut juridique ni rémunération officielle.
Vers un portrait encore plus précis
Le MAPAQ a lancé en janvier 2026 un recensement de la relève agricole âgée de moins de 40 ans. Combiné au recensement quinquennal de Statistique Canada prévu cette année, ce nouvel exercice devrait permettre de dresser un portrait plus clair des tendances qui façonnent la relève féminine au Québec.