La crème de la crème avec Run de lait
À l’automne 2016, Justin Laramée se penche pour la première fois sur la détresse psychologique chez les producteurs laitiers.
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Plusieurs nuits blanches plus tard, des milliers de kilomètres et des entrevues avec des intervenants de toute la production laitière québécoise, voire canadienne, il pond Run de lait, une pièce de théâtre-documentaire.
Trois grands segments rythment la pièce : les producteurs agricoles, les transformateurs et le gouvernement. De la petite ferme en production laitière qui a été abandonnée, à celle toujours en activité, où le producteur s’échine sans faire fortune, et en finissant par la plus grande ferme laitière du Québec, la Ferme Landrynoise, c’est d’abord un portrait condensé des profils de producteurs laitiers qui est présenté au public. Et à la question « pourquoi est-ce si difficile? », le dramaturge se tourne… vers les transformateurs laitiers, ceux qui payent les producteurs.
S’en suit une exploration minutieuse du très complexe système de production laitière. Rien n’est ignoré : 8000 ans d’histoire du lait sont décortiqués en quelques minutes, avant de passer à la gestion de l’offre, aux fameuses ententes de libre-échange, puis à l’intrigante « classe 7 ».
Malgré des notions très techniques, Run de lait est pourtant résolument ludique. Ses délicieuses allusions à l’actualité font sourire, tout comme le mime de la vache et les enregistrements des voix des enfants du créateur qui, on le comprend rapidement, ont ponctué le travail de recherche de Justin Larimée.
Bref, si la pièce s’adresse d’abord au grand public, il y a fort à parier que les producteurs agricoles y trouveront également leur compte. Il serait en effet étonnant que qui ce soit en reparte sans en avoir appris un peu plus sur la production laitière, avec un sourire aux lèvres, et le cerveau invité à la réflexion.