La COP15 se conclut sur une entente

La biodiversité a bénéficié d’une scène inégalée dans les derniers jours.

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Nouvelle
Environnement
Continents dans une forêt dense.

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Céline Normandin

Journaliste

Détentrice d’une maîtrise en science politique, Céline est pigiste pour le Coopérateur. Elle se retrouve aujourd’hui à couvrir le secteur agroalimentaire puisqu’elle a grandi sur une ferme laitière.

La 15e Conférence des Parties (COP15) à la Convention sur la diversité biologique des Nations Unies s’est conclue lundi à Montréal sur une entente entre les 195 délégués réunis sur place. Les objectifs étaient ambitieux, soient de définir de nouveaux objectifs et un plan d’action d’ici 2030 afin de mettre un terme à la perte de biodiversité partout dans le monde.

La cible des 30 %

Après douze jours de discussion, 23 points ont été entérinés, mais certains ont retenu plus l’attention. Le principal enjeu de la conférence était l’entente sur le pourcentage de terres et océans à protéger avec une cible de 30 %, ce qui a été fait. Ce geste est considéré comme un jalon important dans la protection de la biodiversité, tout comme l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C signé à Paris en 2015. Aujourd’hui, 17 % des terres et 8 % des mers sont protégées.

Les pays en développement auront également accès à un fonds qui leur permettront de protéger la biodiversité sans compromettre leur développement.

La proposition de réduire de moitié l’utilisation des pesticides a été abandonnée au profit d’une réduction des risques des pesticides et des produits dangereux, ce qui devrait permettre de diminuer leur utilisation. Le Canada n’a aucune cible officielle de réduction de l’usage des pesticides. Le Québec vise quant à lui de réduire les risques de 40 % pour la santé et l’environnement avec une utilisation de 500 000 kg/année, le tout avant 2030.

D’autres points s’attaquent à des enjeux importants en agriculture. C’est le cas de la réduction de 50 % des espèces envahissantes, la restauration de 30 % des écosystèmes dégradés, comme les sols agricoles.

Des annonces d’ici pour la biodiversité

La COP15 a permis aux gouvernements de se prononcer sur plusieurs enjeux entourant l’environnement et, par la bande, l’agriculture. Sans être au centre des discussions, les pratiques en agriculture ont souvent fait l’objet de débats, que ce soit par la protection des terres agricoles, la gestion de l’eau ou la santé des sols.

Le gouvernement du Québec a ainsi énoncé plusieurs projets. Celui qui a reçu le plus d’attention est sans doute l’accès étendu au programme de rétribution des pratiques agroenvironnementales. Annoncées au printemps dernier, les subventions disponibles s’étaient envolées en 24 heures. Le MAPAQ a ajouté 29 M$ qui permettront à 1000 entreprises agricoles de souscrire au programme dès février prochain, selon des dates à confirmer.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a de plus promis un Plan nature de 650 M$. Québec souhaite mettre en place des mesures de conservation des milieux naturels, agir sur les menaces qui pèsent sur la biodiversité et favoriser un accès à la nature pour l’ensemble de la population. Des terres publiques et privées bénéficieront d’une protection dans le cadre de l’objectif de protéger 30 % de son territoire d’ici 2030, dont des territoires dans le sud de la province.

Québec souhaite aussi aller de l’avant avec un projet de loi sur la protection de l’eau. Il est prévu de hausser les redevances des entreprises puisant de l’eau au Québec, ainsi que les quantités prélevées. Le taux des redevances est le même depuis 2010 à 0,0025 $ par mètre cube. Le Québec compte 3% de toute l’eau douce au monde. La loi s’inscrit dans le Fonds bleu de 650 M$ comprenant des programmes contre les plantes aquatiques envahissantes, la prévention des pénuries d’eau et le soutien aux agriculteurs dans la revégétalisation des bandes riveraines.

Ottawa et Montréal se commettent aussi

Ottawa agit pour sa part en promettant de voter une loi sur la biodiversité. Le gouvernement fédéral s’est aussi engagé à protéger 30 % de son territoire d’ici 2030, alors que ces zones se situent à 13,5% de son territoire terrestre et 13,9 % de ses eaux. Il s’est aussi engagé à restaurer 19 millions d’hectares de paysages dégradés ou déboisés d’ici 2030.

La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) s’engage à préserver 30 % du territoire du Grand Montréal d’ici 2030. Pour l'instant, 22,3 % du territoire du Grand Montréal, soit plus de 53 000 hectares, fait l'objet d'une mesure de conservation.

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