« C’est le début des temps nouveaux », d’après Marcel Groleau

Marcel Groleau mise sur le premier ministre canadien, Mark Carney, pour réviser l’ACEUM et appelle à la collaboration dans les projets de TGV et éolien.

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Marcel Groleau
Marcel Groleau a été président de l’UPA entre 2011 et 2021.

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Nicolas Mesly

Journaliste, agr.

Nicolas est journaliste, agroéconomiste, auteur, conférencier et documentariste.

C’est « le début des temps nouveaux » a soulevé durant les Perspectives agroalimentaires Marcel Groleau dans un discours rempli d’humour et d’émotion pour indiquer qu’on verra « un avant et un après Donald Trump ».  

Reprenant une chanson populaire des années 1970, l’ancien président de l'UPA (2011-2021) a livré une analyse du monde actuel en pleine rupture.

« Les États-Unis ont besoin d’un ennemi. Aujourd’hui, c’est la Chine que les tarifs de Donald Trump laissent indifférente », a souligné l’ex-dirigeant syndical, alors que le Canada fait les frais de la lutte entre les deux premières puissances économiques et militaires que sont les États-Unis et la Chine pour dominer la planète.

Mark Carney, l’homme de la situation

Invoquant le discours historique prononcé par le premier ministre canadien Mark Carney à Davos sur l’état du monde, M. Groleau estime que le premier ministre actuel est l’homme de la situation grâce à son calme et à ses compétences pour ne pas livrer l’économie canadienne au puissant voisin et devenir un 51e état.

« Le temps est notre allié » a indiqué M. Groleau. L’impopularité du président auprès de l’électorat américain due à sa guerre déclarée à l’Iran le 28 février dernier et l’augmentation abrupte du prix du gallon d’essence à la pompe risquent d’influencer le résultat des élections de mi-mandat prévue en novembre prochain. Cette guerre provoque aussi « d’importantes fissures » au sein du mouvement MAGA. En outre, la Cour suprême des États-Unis a récemment annulé la guerre tarifaire que le président avait lancée « le jour de la libération » contre le monde entier en avril 2025.  

« Bien qu’imparfait, l’ACEUM (Accord Canada–États-Unis–Mexique) est notre meilleur outil » a-t-il dit. M. Groleau, qui a participé aux négociations de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) en 2016, s’est dit confiant pour l’avenir de la gestion de l’offre. Selon lui, l’accord dont la date de révision après dix ans est le 1er juillet 2026 sera « simplement reporté dans le temps ». De plus, le président américain ne peut pas modifier les termes de l’accord sans l’approbation du Congrès.  

« Le président Trump ne connaît que la confrontation alors que nous avons besoin de collaboration entre pays, mais aussi entre nous également », a poursuivi M. Groleau. Ce dernier s’inquiète du discours actuel sur l’immigration dans la province. « Sans immigration l’économie de la Beauce et de Chaudière-Appalaches tombe. Si nos fermes n’avaient pas de travailleurs étrangers, on n’aurait pas la moitié de notre agriculture ».

Plus de collaboration au Québec

M. Groleau s’est inscrit en porte-à-faux avec la position actuelle de l’UPA dans deux projets de société et plaide pour la collaboration des agriculteurs et des agricultrices. Le syndicat s’oppose à la construction d’un train à grande vitesse (TGV) de 1000 km reliant Québec à Windsor qui traverserait des terres agricoles, mais, « dans 20 ans, ça va être un outil nécessaire », a-t-il dit. L’UPA, appuyée de comités de citoyens et d’élus, s’inquiète aussi de la construction de parcs éoliens promu par Hydro Québec en milieu agricole d’ici 2035, un projet que l’ex-dirigeant juge nécessaire « pour se sevrer du pétrole ».  

Sécurité alimentaire  

M. Groleau juge « inacceptable » la situation actuelle où le recrutement de bénévoles dans les banques alimentaires est difficile parce qu’eux-mêmes éprouvent des difficultés financières alors qu’un Québécois sur cinq souffre d’insécurité alimentaire.

Selon M. Groleau, dans l’état actuel du contexte géopolitique et de dérèglement climatique où l’on observe une rareté des surfaces en culture, une augmentation de la désertification et de la montée des eaux, de même qu’une rupture entre l’offre et la demande de céréales aurait un « effet dévastateur sur le prix des aliments ».

Le legs de Marcel Groleau

M. Groleau a souligné que sa carrière de dirigeant syndical s’est réalisée en collaboration avec son frère pour gérer la ferme familiale, que ses années à l’UPA se sont faites « en collaboration et avec l’appui de personnel compétent ». Son plus grand legs, estime-t-il en privé*, est d’avoir plafonné le prix du quota à 24 000 $ kg/MG/jour à l’époque où il était président de la Fédération des producteurs de lait du Québec (2004-2011) « en collaboration unanime avec son conseil d’administration ». Cette décision a favorisé la relève alors que ce prix explose à 40 000 $ kg/MG/jour dans l’Ouest canadien.  

Dans ces temps nouveaux, M. Groleau, désormais grand-père, estime que « la collaboration » est plus que jamais essentielle pour l’avenir de ses petits-enfants.

* Conversation avec le journaliste le 29 avril 2026

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