D'où vient la croissance dans le lait?
À l’occasion du souper-conférence « homards », organisé par l’AQINAC le 8 mai dernier, Alain Bourbeau, directeur général de Les Producteurs de lait du Québec, a dressé un portrait de la demande en lait des dernières années. Les nouvelles sont plutôt bonnes.
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M. Bourbeau rappelle qu’à la fin des années 1980, le gras subissait les impacts de la « cholestérophobie ». Un produit à bannir de notre alimentation, disait-on. Durant la vingtaine d’années qui a suivi, la progression de la demande était sobre, surtout liée à la croissance de la population canadienne. On disait alors que le secteur laitier était à maturité, voire en régression.
C’est à partir de 2015-2016 qu’on observe une croissance importante atteignant 17,5 % sur une période de 2 ans. « Du jamais-vu », souligne le directeur général.
Croissance selon chaque catégorie de lait
Lait de consommation et crème : Sur le plan des volumes, le lait de consommation est en baisse, mais stable en ce qui a trait aux quantités de matière grasse consommées. Ainsi, la demande en lait peu élevé en gras (écrémé et 1 %) est en baisse, alors qu’elle est stable pour le lait 2 % et 3,25 %. On observe la même chose en ce qui a trait aux crèmes. Les crèmes à plus de 10 % de gras varient positivement.
Yogourt et crème glacée : Au Québec, on produit autour de 75 % de tout le yogourt canadien. Dans ce marché, on observe un déplacement clair des produits allégés vers des produits plus gras. Pour ce qui est de la crème glacée, ce marché est plutôt faible au Québec.
Fromage : Depuis 2010, une progression d’un peu plus de 19 % a été enregistrée. On voit, dans cette catégorie, l’effet des importations américaines du lait diafiltré. Il devrait y avoir une corrélation entre l’augmentation du gras et celle du solide non gras alors que le premier est en nette augmentation et l’autre, en diminution.
Beurre : Le beurre souffre parfois d’être la dernière classe de lait à être approvisionnée. Sa demande a connu une forte croissance, bien qu’on ait enregistré une période de recul en 2013-2014, parce que l’approvisionnement était plus difficile. « Nous avons alors eu de fortes importations de beurre, un phénomène que l’industrie n’a pas connu au cours des 30 dernières années », précise Alain Bourbeau.
Conclusion
Deux phénomènes sont derrière cette tendance :
- Un constat scientifique que les gras saturés n’ont pas l’impact négatif sur la santé qu’on croyait dans les années 1990.
- Le comportement général de la société à bien manger, notamment le mouvement des foodies (amateurs de bonne bouffe). On le sait, ce qui apporte de la saveur dans la nourriture, ce sont les matières grasses.
Cette croissance, qualifiée de robuste par M. Bourbeau, ne maintiendra pas ce rythme. « Mais on ne connaîtra pas non plus de recul net », ajoute le directeur général. Cette tendance n’est pas seulement canadienne, on l’observe ailleurs dans le monde. De plus, « les niveaux de consommation sont bons, mais plusieurs pays font mieux que nous », soutient Alain Bourbeau. On peut donc s’attendre à nouveau à de la croissance.
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