Le cinquantenaire du Symposium des bovins laitiers en 2026
Jean-Luc Laroche, Sonia Laganière et Alphonse Pittet racontent leur expérience du Symposium des bovins laitiers qui célèbre son 50e anniversaire en 2026.
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La prochaine édition du Symposium des bovins laitiers marquera le jubilé d’or de ce rendez-vous où les esprits les plus érudits du milieu agricole québécois concoctaient des présentations techniques adaptées aux préoccupations des agricultrices et agriculteurs du Québec. Au fil des ans, le réseau Sollio a toujours été présent par l’entremise d’intervenants impliqués ainsi que des productrices et producteurs laitiers avides de savoir. Le Coopérateur a demandé à Jean-Luc Laroche, Sonia Laganière et Alphonse Pittet de s’exprimer sur leurs impressions touchant ce grand événement annuel.
Des sujets qui reflètent les préoccupations du milieu
Démarrons avec l’ancien expert en nutrition pour les ruminants, Jean-Luc Laroche, qui a connu les débuts du Symposium des bovins laitiers, dont il a été collaborateur et président au cours de ces années.
« Il y avait des intervenants de tous les milieux agricoles. Nous étions là (La Coop Fédérée à l’époque) évidemment, mais il y avait des gens du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) et de l’Union des producteurs agricoles (UPA), des chercheurs, des vétérinaires, des économistes agricoles, des ingénieurs agricoles, bref, de l’ensemble des professions touchant le milieu agricole québécois. Cela représentait une participation intense. Nous nous réunissions au moins une fois par deux mois pour sélectionner les sujets », mentionne celui qui a collaboré avec plusieurs conférenciers de haut niveau et aussi avec les producteurs qui étaient invités à titre de conférenciers clôturant ces belles journées d’information et de transfert technologique.
« Nous devions trouver ceux qui reflétaient les priorités et les préoccupations des productrices et producteurs de lait du Québec. Il y avait aussi des conférenciers émérites qui venaient des autres provinces et des États-Unis. »
« Au niveau des sujets abordés, le choix n’était pas l’affaire d’une seule personne. Il fallait que le sujet traité dans la conférence corresponde aux priorités du milieu agricole tant au niveau technique qu’en ce qui touche le milieu de vie. Cela entraînait des discussions intéressantes. La présentation du conférencier agriculteur devait incarner le thème principal choisi. Vous savez, cette personne allait être mise en avant-plan, il fallait donc que le candidat ou la candidate soit bon communicateur et qu’il ou elle soit excelle en relation avec le thème choisi. La profession d’agriculteur touche à tellement d’expertises que les thèmes ne manquaient pas pour élaborer une journée intéressante que ce soit au niveau de la productivité, de la santé (mammite, acétonémie, taille de sabots, etc.), du confort, du logement ou des méthodes de conservation des ensilages, de la qualité et du coût », exprime Jean-Luc Laroche.
Fierté et richesse
L’expert en nutrition des ruminants, devant les succès et l’importance de ces journées d'information en qualité et en participation, s’est dit que ces journées méritaient d’être mieux connues du grand public. Il avait en tête à la Semaine Verte, une émission très regardée. Monsieur Laroche avait donc pris soin de se rendre dans les studios de Radio-Canada pour leur faire part de l’importance de l’événement et, finalement, l’organisation de La Semaine Verte a réalisé un reportage sur cette importante organisation qu’était le Symposium des bovins laitiers.
Lors de son baptême en tant que président, la nervosité était aussi au rendez-vous. « La veille, la nuit a été courte, avant le lancement de cette journée capitale à titre de président. C’était très exigeant, mais cela en valait la peine devant la participation et le succès de ces journées mémorables. Ça demandait beaucoup d’énergie, mais j’ai adoré ce que j’y ai fait », se remémore Jean-Luc Laroche.
L’importance du savoir
Passons maintenant du côté des producteurs! La ferme Pittet de Saint-Tite en Mauricie compte un troupeau dépassant les 300 vaches. Son fondateur Alphonse Pittet, bien connu dans le réseau coopératif, accorde une grande importance à l’enseignement offert au fil des ans par le biais des conférences présentées au Symposium des bovins laitiers.
« Je pense que pour les Producteurs de lait du Québec (PLQ), c’est une des rencontres les plus importantes de transfert de savoir. Bien que je n’aie pas participé à toutes les éditions, j’ai été un participant assidu à tout ce développement-là, relate monsieur Pittet. C’est toujours de l’information de pointe qui nous est transmise pratiquement en primeur. Dans toutes les sphères du développement technologique que ce soit la génétique, les connaissances en régie, ou en alimentation des troupeaux », énumère celui qui y participe depuis le début des années 1980.
Demeurer pertinent dans l’avenir
Les champs d’intérêt étaient variés pour Alphonse Pittet, la conduite d’un troupeau, l’alimentation, le logement des animaux. Ces sujets ont été traités par les équipes d’organisateurs qui ont élaborés les agendas des symposiums. Au fil des ans, les producteurs et les intervenants se sont impliqués pour assurer la pertinence de cet évènement annuel. « Les sujets abordés devront être transférés à des groupes de producteurs et d’intervenants de plus en plus formés. Il faut aborder le transfert des connaissances différemment de ce qu’il était il y a 30 ou 40 ans. Il y a le sujet fondamental de l'intelligence artificielle qui prendra probablement une place dans le savoir et dans la transmission de ce savoir. Tout est à organiser de ce côté-là. Ce sont sans doute des changements importants qui s’en viennent. Est-que la formule d’une journée dans une grande salle demeure pertinente? Je suppose que les organisateurs se posent déjà ces questions-là. »
La soif d’apprendre à la Ferme Fanico
Pour Sonia Laganière de la Ferme Fanico de Champlain dans la région de la Mauricie, il n’y a pas qu’un seul sujet qui accapare son attention lors de ses participations au Symposium des bovins laitiers. L’entreprise laitière possède 162 kilos de quota produits avec un cheptel comptant 103 vaches en lactation. Les cultures de fourrages, de maïs, de blé et de soya sont faites sur une superficie de quelque 190 hectares (470 acres).
Bien qu’il ne soit pas l’unique source de motivation, l’attrait de la nouveauté l’emporte. « C’est la possibilité de toujours apprendre quelque chose. L’opportunité de découvrir de nouvelles techniques. Dans nos fermes, il y a toujours un aspect que nous devons améliorer et c’est ça qui m’a toujours incitée à y participer. C’est une occasion annuelle de trouver des informations qui vont challenger les affaires », analysait la patronne qui accordait une entrevue au Coopérateur entre deux coupes de foin.
Cinquante ans d’histoires, de conférences, de participations de producteurs et productrices, mais aussi d’experts en tout genre dans le milieu laitier, c’est sans doute impossible à résumer en deux pages. Mais si les quelques témoignages récoltés nous montrent bien une chose, c’est que le Symposium des bovins laitiers a laissé sa marque en développant des compétences et des connaissances non négligeables chez ceux et celles qu’il a rejoint.
| Le 50e Symposium des bovins laitiers se tiendra le 20 octobre au Centre d’évènements et de congrès interactifs de Trois-Rivières. |
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Cet article est paru dans le Coopérateur de septembre 2026.