Un réseau pancanadien dans la volaille
Des échanges entre experts avicoles des provinces des Prairies et de l’est du Canada créent une synergie dont profitent les éleveurs membres et clients de Sollio Agriculture.
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Darrelle Embury et Alexandre Lebel sont tous deux nutritionnistes avicoles au sein du réseau de Sollio Agriculture, mais un fuseau horaire les sépare. Darrelle est basée dans les Prairies et Alexandre au Québec. Et les différences abondent entre l’Est et l’Ouest canadiens en ce qui concerne les techniques d’élevage de la volaille, l’alimentation, la génétique animale, voire le mode de vie des agriculteurs eux-mêmes.
Darrelle Embury travaille depuis environ 20 ans pour Standard Nutrition Canada (SNC), entreprise récemment acquise par Sollio Agriculture. Une partie des éleveurs avec lesquels elle fait affaire sont membres de colonies huttérites, qui ont un mode de vie communautaire. Pour des questions de culture et d’efficacité, son travail se fait davantage en proximité avec les producteurs : « Je suis souvent en contact direct avec eux pour élaborer leurs programmes alimentaires, car ils produisent la plupart de leurs ingrédients à la ferme. »
Au Québec, la structure de travail diffère quelque peu. Le principal contact de l’éleveur est l’expert-conseil de sa coopérative locale, qui, au besoin, consultera les experts du réseau de Sollio Agriculture, tel Alexandre Lebel. « Mes véritables clients sont les experts-conseils », confirme Alexandre, qui travaille comme nutritionniste avicole pour Sollio Agriculture depuis six ans. « Ce sont eux qui me disent où ils veulent aller et de quoi ils ont besoin pour appuyer les producteurs. Moi, je les aide à trouver les moyens d’y arriver. »
Outre la structure de travail, le principal type de grains utilisé dans la ration constitue une autre différence majeure entre la production avicole du Québec et celle des Prairies. Le blé constitue la base de l’alimentation des poulets dans l’Ouest, alors qu’ici, c’est au maïs que revient le rôle d’ingrédient principal de la ration.
Des échanges profitables
Loin de constituer une barrière aux échanges de bons procédés, les disparités constituent plutôt une richesse dont il faut profiter, selon Darrelle Embury et Alexandre Lebel. C’est ainsi qu’un réseau pancanadien d’échanges entre les experts de la volaille de Sollio Agriculture s’est mis en place au début de l’été 2020. Depuis, l’équipe se réunit virtuellement une fois par mois pour discuter de tout ce qui touche le secteur avicole : nouveautés, recherche, situation sur le terrain, etc.
« C’est un atout précieux de pouvoir échanger avec quelqu’un qui fait le même travail et qui a les mêmes objectifs que nous, et ce, sans enjeu de confidentialité », confie Darrelle. Son collègue Alexandre s’empresse d’ajouter : « Effectivement, nous pouvons aborder des sujets sensibles, comme les prix et les formules, puisque nous jouons dans la même grande équipe. »
Faire partie d’un vaste réseau, tel celui de Sollio Agriculture, donne des moyens et des avantages. Certes, il y a le pouvoir d’achat du réseau, qui a un impact sur le prix des ingrédients, mais il y a aussi la possibilité de faire de la recherche, entre autres aux installations de Saint-Jean-Baptiste-de-Rouville. « Nous n’avions pas cette capacité de recherche auparavant », dit Darrelle Embury.
La mise sur pied de projets comparatifs, sous forme d’essais commerciaux à la ferme, peut aussi faire ressortir plus rapidement des facteurs de succès. « Par exemple, si nous faisons un essai sur l’utilisation d’un acide aminé spécifique dans nos conditions respectives et qu’un de nous obtient de bons résultats et l’autre non, on peut se questionner sur les autres paramètres qui entrent en ligne de compte », explique Alexandre Lebel.
Par ailleurs, les experts mettent en commun toute l’information dont ils disposent sur un espace intranet collaboratif. Chacun profite aussi du réseau de contacts des autres nutritionnistes de l’équipe : une mine d’or quand l’on exerce un métier aussi particulier que la nutrition animale.
Au bout du compte, ce sont les éleveurs qui ressortent grands gagnants de cette collaboration. « Les producteurs n’ont pas nécessairement conscience de ce travail qui se fait en background, mais ils en retirent certainement les bénéfices », conclut Alexandre Lebel.