Olymel réduira ses abattages de porcs
Le 2 février dernier, Olymel a signifié aux Éleveurs de porcs du Québec (EPQ) qu’elle réduira ses achats de 850 000 porcs à compter du 3 juin.
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La direction de l’entreprise explique cette décision par de multiples facteurs qui minent sa rentabilité. Les deux derniers exercices financiers (2021 et 2022) de son secteur Porc frais Est se sont soldés par de lourds déficits. Malgré le rabais de 25 $ par 100 kg consenti par les EPQ depuis octobre dernier (rabais auquel ils ont mis fin le 31 janvier), Olymel continuait de subir une perte de 20 $ par porc abattu.
En outre, le secteur du porc frais est hautement volatil et risqué. Les perspectives de profitabilité sont faibles et limitent actuellement les projets d’investissements dans certaines usines qui permettraient à Olymel de rattraper d’importants retards technologiques. Ces retards minent la compétitivité de l’entreprise sur les marchés mondiaux. Ce portait est alourdi notamment par un contexte géopolitique houleux, un taux de change et un prix des grains défavorables, ainsi que par des difficultés récurrentes liées au recrutement de la main-d’œuvre.
Au total, depuis octobre 2021, les réductions d’abattage cumulatives annoncées par Olymel se chiffrent à 2 555 000 porcs annuellement (51 100 par semaine), soit 1 635 000 au Québec et 920 000 en Ontario.
Cette annonce a fait suite à celle de la direction d’Olymel, le 1er février, de mettre fin aux activités de deux de ses établissements du secteur de la surtransformation de porc, soit ses usines de Blainville et de Laval. Cette décision, qui s’inscrit dans le cadre d’une réorganisation amorcée en 2021 visant à optimiser les opérations de l’entreprise, entraînera la suppression de 170 emplois. La fermeture des usines prendra effet le 28 avril prochain.
La production de ces deux usines, essentiellement des jambons, pâtés et charcuteries, sera rapatriée dans d’autres établissements d’Olymel et permettra de réaliser des économies et des gains d’efficacité.
La direction d’Olymel précise que la réduction des abattages n’est aucunement liée à la fermeture des deux usines.