L’industrie des grains : destination monde

Simon Baillargeon, agronome, et vice-président, développement des affaires pour Sollio Agriculture, était conférencier au Rendez-vous végétal 2020, tenu à Saint-Hyacinthe, le 12 février 2020. Il y a brossé le portrait de l’industrie des grains d’ici, sous le thème De la vitalité des régions au rayonnement du Québec à travers le monde.

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Témoignage et entrevue
Sollio Agriculture
Rendez-vous végétal 2020.
Simon Baillargeon (à droite), vice-président, développement des affaires pour Sollio Agriculture, conférencier au Rendez-vous végétal 2020, en compagnie de l’animateur de l’événement, Benoit Forest, de Novago Coopérative.

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D’entrée de jeu, le conférencier a dressé la table en décrivant l’importance de ce secteur de notre agriculture : 3e en importance avec des revenus à la ferme de 1,3 milliard $, 10 500 producteurs répartis dans toutes les régions du Québec, dont 3000 fermes spécialisées en grandes cultures, 1 million d’hectares en culture (75 % en maïs et soya), le tout représentant 6 % de la production canadienne de grains (2e au Canada pour le maïs et 3e au Canada pour la fève soya).

Ce secteur est à la source d’une chaîne de valeur structurée et efficace, s’étendant de la production de semences à la ferme jusqu’à l’exportation, en passant par la distribution d’intrants, les détaillants, l’alimentation et les productions animales, la transformation, l’alimentation humaine et la transformation industrielle.

Outre le maïs et le soya, on produit de l’orge, du canola, des céréales mélangées, de l’avoine et du blé. Au total, entre 5,1 et 5,5 millions de tonnes de grains sont produites annuellement au Québec, selon les caprices de dame nature.

En superficie, au fil des ans, des cultures ont vu leur importance croître (soya, blé et canola), alors que d’autres ont subi des baisses (maïs, avoine, orge). En revanche, les rendements de toutes les cultures sont en hausse.

Dans le sud du Québec, la saison de croissance s’est étirée. En 1970, elle était de 210 jours. En 2020, elle sera de 220 jours. Et d’ici 2050, elle se prolongera à 240 jours.

Entre 3,2 et 3,5 millions de tonnes de grains produites dans les fermes du Québec servent à nourrir le bétail. Le marché de l’énergie, des alcools et des biocarburants est également un important débouché avec 500 000 de tonnes de maïs transformées aux usines situées au Québec.

M. Baillargeon a notamment mis en lumière les parts de marchés des exportations canadiennes de soya. En 2018, l’Ontario dominait avec 47 % des exportations, suivies par le Québec (24 %), la Saskatchewan (16 %), le Manitoba (12 %), et le reste du Canada (3 %). C’est en Saskatchewan que le taux de croissance annuel moyen, entre 2009 et 2018, a été le plus important, à 71 %.

Notre position enviable sur la voie maritime du Saint-Laurent, jumelée à des infrastructures de premier plan (élévateurs de Montréal, Sorel, Trois-Rivières, Québec et Sillery), facilitent les exportations québécoises de grains vers de multiples destinations en Europe, en Afrique, en Chine, dans le Sud-Est asiatique à Cuba et au Mexique.

Les nouvelles tendances de consommation sont positives pour les grains d’ici. Les milléniaux sont plus ouverts que leurs parents aux produits locaux. Les nouvelles tendances alimentaires, dont l’arrivée de protéines végétales, représentent un important potentiel pour nos producteurs québécois et canadiens. Les consommateurs recherchent plus fréquemment les circuits courts et de plus grandes variétés de grains (épeautre, lin, kamut, seigle, sarrasin, millet), et de légumineuses (fèves, pois chiches, lentilles). Les microbrasseries sont en forte croissance. Le marché des grains biologiques connaît aussi un bon essor. Sans compter l’influence des groupes de pression. D’ici 2025, Kellogg’s certifiera qu’aucune avoine et aucun blé ne proviendront de champs traités au glyphosate (comme désherbant et comme assécheur pré-récolte).

Le secteur des grandes cultures est voué à un très bel avenir, tant pour les cultures traditionnelles, si la consommation animale va bien, que pour les nouvelles avenues comme ingrédients dans les diverses sources de protéines végétales.

Merci de votre participation!

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