Génétique porcine sans gêne!

Le positionnement de la Filière porcine coopérative en multiplication génétique s'appuie sur une logistique d'élevage rigoureuse, selon Sylvain Faucher.

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Filière porcine coopérative
Deux porcs couchés

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Patrick Dupuis

Directeur et rédacteur en chef au magazine Coopérateur

Agronome diplômé de l’Université McGill, Patrick travaille au Coopérateur depuis une trentaine d’années.

« On est à la tête de la pyramide de production de la Filière porcine coopérative, souligne Sylvain Faucher, directeur d’AlphaGene, la division de génétique porcine d’Olymel. On produit des animaux de qualité et en santé, du site d’élevage jusque dans les fermes des éleveurs. » La génétique, la santé et l’ambiance forment un tout d’où émerge une synergie. « 1 + 1 + 1 = 4 », image le directeur.

Concentration des opérations génétiques

« Nous avons pris des décisions importantes au cours des dernières années pour continuer d’améliorer la qualité et la performance des porcs et l’efficacité de notre filière, explique Sylvain Faucher, à commencer par la concentration des activités de production dans une même région. »

Le nombre de truies en élevage a été réduit afin de s’accorder avec les besoins de la filière et du marché. La filière a délaissé ses sites d’élevage de truies du Centre-du-Québec, plus propices aux contaminations, et s’est installée dans le Bas-Saint-Laurent (à faible densité d’élevage), dont une partie de la filière de lignée terminale est produite à La Trinité-des-Monts. « Nous avons également délaissé nos élevages au Saguenay–Lac-Saint-Jean pour des raisons de coûts et de perte de potentiel de production dans les engraissements de cette région », déclare Sylvain Faucher.

« Nous produisons au total 36 000 femelles par année à partir de trois maternités de 1200 truies chacune, informe Sylvain Faucher. L’une d’elles appartient à AlphaGene, les deux autres à Unoria Coopérative. On y croise des truies Yorkshire avec des mâles Landrace afin de produire des cochettes hybrides F1 qui serviront à la reproduction et que nous commercialisons auprès de notre clientèle du Québec, dont les membres de la Filière porcine coopérative. Ces femelles F1 démontrent d’excellentes qualités maternelles telles que la capacité de mettre au monde de nombreux porcelets uniformes, et d’allaiter facilement leur progéniture afin de sevrer de 14 à 15 porcelets par portée. Les mâles (castrats) issus de ce croisement seront élevés dans le Centre-du-Québec, à proximité des sources de maïs et des abattoirs, et destinés au marché. »

Un élevage de truies Duroc de génétique PIC est également en production dans le Bas Saint-Laurent, note-t-il. Ce récent peuplement de 600 truies permet de produire la lignée paternelle Duroc pur sang qui approvisionne la clientèle par l’entremise des centres d’insémination. Ces mâles servent à inséminer les truies hybrides F1 décrites plus haut et dont les porcs qu'elles produiront comblent plus de 60 % des besoins en porcs dans les usines canadiennes d’Olymel. (C'est ce qu'on appelle le croisement 3G qui signifie une génétique issue de trois sources – voir le schéma.) Ces porcs possèdent d’excellentes performances de croissance et d’efficacité alimentaire, combinées à une qualité de viande recherchée par le consommateur.

Schéma de production des femelles de reproduction et des porcs de marché

Une équipe dédiée

« Nous avons une solide équipe dédiée à la production de génétique dans le Bas-Saint-Laurent, souligne Sylvain Faucher. Gérants de ferme, animaliers, spécialistes en sélection, transporteurs, responsables de l’entretien. Nous mettons la dernière touche à notre station de lavage qui nous assurera de maintenir un niveau de biosécurité exemplaire. »

AlphaGene, le nom de notre filière génétique, a décidé, en 2022, de n’utiliser que les gènes de PIC pour poursuivre le développement et la commercialisation des animaux reproducteurs et de semences, rappelle Sylvain Faucher. Elle se positionne pour approvisionner entre autres tous les membres de la Filière porcine coopérative, mais aussi tout autre producteur désirant avoir des animaux performants et en santé. « Par l’entremise de PIC, on vend des verrats au Québec, en Ontario, dans l’Ouest canadien ainsi qu’aux États-Unis et au Mexique. »

La synergie est un tout

« La généticienne Nicole Dion, qui a longtemps travaillé pour Olymel, nous rappelait que ce que les animaux expriment, ce qu’on appelle le phénotype, est le résultat de son bagage génétique et de l’environnement dans lequel il évolue, souligne le directeur. Un athlète olympique dans de mauvaises conditions ne performera pas. C’est un tout. On ne travaille pas en vase clos et on communique entre nous. Les meilleurs animaux, en santé, dans les meilleures conditions d’élevage avec les meilleurs aliments, c’est l’approche de l’équipe de la Filière porcine coopérative. »

Lire le dossier « Succès et défis de la Filière porcine coopérative »

Cet article est paru dans le Coopérateur de novembre-décembre 2025.

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