Deux provinces, deux réalités
De toute évidence, la production bovine au Québec ne vit pas la même réalité qu’en Ontario. Alors que le Québec est plutôt stable, avec autour de 72 000 bouvillons produits par année, l’Ontario en produit plus de 500 000 par année.
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Lors d’un voyage de formation de quatre jours dans le sud de l’Ontario, l’équipe Opti Bœuf, de Sollio Agriculture, est allée à la découverte de la production ontarienne et de ce qui lui permet d’avancer.
Le nouveau Centre ontarien de recherche sur les bovins de boucherie, terminé en 2021 pour un coût de 15 millions $, peut recevoir 408 vaches et génisses, ainsi que 290 bouvillons. Les travaux de recherche sont variés et incluent généralement une composante environnementale et/ou biologique. Une recherche encore en cours s’attarde à l’alimentation en fin de gestation afin d’améliorer la quantité de colostrum produite et ainsi favoriser l’état de santé des veaux. Comme les vaches ont été traites pour cet essai, il semble que la qualité ne varie pas beaucoup d’un trayon à l’autre, alors que la production varie grandement. Notre équipe a eu accès à un résumé des résultats (les travaux seront publiés dans les prochains mois) et elle a pu établir des liens avec les équipes de recherche locales de l’Université de Guelph et du MAAARO (ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario), avec lesquelles nous pourrons continuer à échanger des connaissances dans le futur.
Composantes environnementales et nutrition
L’émission de gaz à effet de serre (GES) représente un enjeu d’intérêt en production bovine et elle doit être mesurée afin de pouvoir quantifier une réduction. C’est dans ce but que la ferme de recherche ontarienne s’est équipée de deux moniteurs qui permettent de mesurer la production de méthane et d’oxyde de carbone de plusieurs sujets. La prochaine étape consistera à comparer différentes technologies ou pratiques agricoles qui permettront d’obtenir un impact positif sur la production de GES des bovins de boucherie. Grâce aux 300 acres en pâturage de la ferme, des recherches sont en cours pour comparer différentes pratiques et différents mélanges de semences, ainsi que pour évaluer leurs impacts sur la santé des sols, la séquestration du carbone et la qualité de la viande. Ces résultats seront bien utiles aux nouveaux mentors en pâturages intensifs de l’équipe et aux producteurs qu’ils accompagnent.
Mentionnons au passage un autre objectif de la recherche en production bovine, qui est de qualifier la valeur nutritionnelle de la ration afin d’assurer son utilisation efficace. Dans une recherche réalisée ici, au Québec, dans 11 parcs de la province, l’équipe Opti Bœuf a mesuré la quantité d’amidon fécal et a comparé les résultats avec les rations et la qualité du conditionnement des grains offerts directement ou via l’ensilage de maïs. Les résultats sont fort intéressants, alors n’hésitez pas à demander à votre expert-conseil en production bovine comment optimiser la digestion de l’amidon de votre ration.
Quand on manque de veaux de boucherie…
Le nombre de vaches de boucherie diminue d’environ 3 % par année en Ontario, alors que la production de bouvillons augmente d’autant. Les producteurs ontariens se sont récemment tournés vers des veaux issus de croisements races bouchères races laitières (beef on dairy). L’équipe Opti Bœuf a eu l’occasion de visiter une ferme qui démarre entre 600 et 650 de ces veaux par semaine. Il s’agit d’une ferme unique en son genre au Canada. Les veaux sont démarrés en huches jusqu’à cinq semaines, puis transférés dans un des cinq bâtiments de 900 pi de long, ventilés et avec une aire d’alimentation au centre.
Une fois sevrés et démarrés, ces veaux laitiers croisés se retrouvent soit dans des fermes propriétés de mennonites qui vont les amener jusqu’à 600-700 lb, soit directement dans des parcs aux installations adaptées pour recevoir des animaux plus petits. L’alimentation et la gestion de ces veaux varient selon les ingrédients disponibles et selon le type de veaux, croisés ou 100 % de races bouchères.
Pour mieux accompagner nos clients
Un tel voyage de formation a aussi permis à notre équipe, déjà bien expérimentée, de découvrir de nouvelles technologies grâce à des visites de parcs récemment construits et équipés de manière à réduire leurs besoins en main-d’œuvre. Par exemple, la Ferme Burkhart possède un parc de plus de 1600 têtes, terminé en 2019, dont l’alimentation s’effectue grâce à un convoyeur. La RTM est préparée dans une salle adjacente, dont le mélangeur est alimenté par un moteur électrique de 150 forces. Des caméras de surveillance permettent de veiller à la bonne distribution de la ration et aussi de s’assurer de la qualité de l’environnement, même à distance.
L’équipe Opti Bœuf se fera certainement un plaisir de vous raconter les détails de ses visites dans des fermes qui respirent la prospérité.