Dans les coulisses du Prix relève Sollio
Depuis plus de 20 ans, le Prix relève Sollio fait partie des concours qui mettent en valeur le travail acharné des gens de la terre pour maintenir une agriculture dynamique et prospère.
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La mission du concours est simple : mettre en lumière les ingrédients des transferts et des démarrages remplis de succès. Ces exemples fructueux sont ensuite traduits en mots et en photos dans le Coopérateur, mais également en vidéos pour le grand soir du dévoilement. C’est en effet lors du gala de l’assemblée générale annuelle de la coopérative que ces vidéos empreintes d’émotions sont diffusées sur écran géant. Présentées devant les familles finalistes et leur expert-conseil, elles constituent le clou de la soirée. Les émotions sont alors à fleur de peau : les centaines de personnes présentes se taisent et visionnent le quotidien de ces valeureux entrepreneurs qui se lancent dans l’agriculture ou transmettent leur ferme. Leur histoire, c’est bien souvent celle des productrices et producteurs dans la salle, à peu de choses près.
Célébrer les réussites et inspirer la prochaine génération
Pour l’édition 2024, un nombre record de fermes ont participé et ont été visitées pour le volet des fermes membres de Sollio et des entreprises faisant affaire avec les détaillants Agromart. « Passé le jugement des dossiers de candidature, c’est inévitable : on visite les entreprises et il faut trancher. Ce n’est jamais facile! », observe un des juges du concours, Jean-Philippe Côté, administrateur chez VIVACO groupe coopératif, producteur laitier à la Ferme Malaco et ancien finaliste du concours en 2014 qui siège au jury pour la deuxième fois.
« L’aspect humain m’impressionne, poursuit Jean-Philippe. Les entreprises sont parfois très différentes, mais les ingrédients communs demeurent la confiance et le respect qui huilent tout le processus du transfert ou de l’établissement d’une entreprise. Les fermes ont utilisé un fiscaliste, un comptable, un agroéconomiste, mais où ça peut bloquer, c’est souvent dans les relations interpersonnelles. En ce sens, notre concours, qui prend également en compte les relations humaines, est unique. »
En plus des aspects qualitatifs, des points sont alloués à des critères quantitatifs comme les résultats techniques et financiers, la consultation d’experts ou les efforts en matière de développement durable. Malgré tout, certaines années, seulement quelques points départagent les gagnants des finalistes. Les juges ont alors des discussions enflammées au sortir des fermes, dans la voiture ou le soir à l’hôtel!
La juge Marilyn Côté, vice-présidente de Nutrinor coopérative et productrice de lait à la Ferme des Papinas, a aussi eu la chance de voir le concours de l’autre côté du miroir, ayant été gagnante en 2012. « Je me rappelle les émotions associées au fait d’être présentée devant l’AGA, d’être reconnue au niveau provincial devant les pairs pour notre transfert, c’était quelque chose! Les gens venaient me féliciter. C’est un beau partage, ce concours. »
Il s’agit d’un concours rigoureux qui ne laisse aucun détail de côté : visites terrain, tournages, dépenses payées pour les finalistes lors de l’AGA. Mais c’est aussi un concours aux allures d’investissement dans la relève agricole. « Malgré la situation financière difficile de Sollio des deux dernières années, il n’a jamais été question d’arrêter le concours », révèle l’administrateur de Sollio Groupe Coopératif et président du jury, Normand Lapointe, producteur laitier à la Ferme Saguenayenne.
Chaque année, des façons de faire créatives surgissent et nos entrepreneurs trouvent encore le moyen de nous surprendre, de nous émouvoir et de nous inspirer à poursuivre l’aventure humaine en agriculture.
Cinq questions sur le Prix relève Sollio
1. Une ferme dont les relations sont fluides a-t-elle plus de chance de gagner?
Pas nécessairement. Parfois, ça coule dans les relations, la confiance mutuelle entre cédants et accédants est manifeste. Parfois, le conflit entre les générations est l’éléphant dans la pièce. Parfois, prédécesseurs et successeurs ont eu besoin d’aide professionnelle pour surmonter leurs différends. Les juges s’attardent moins au processus, qui peut avoir inclus la consultation de ressources spécialisées, qu’au résultat. Est-on arrivé à mettre ses différends de côté? Ou, au contraire, les relations humaines mettent-elles en péril la pérennité de l’exploitation?
2. Y a-t-il une recette pour gagner le Prix?
Non. Les entreprises qui ont investi dans des tests de personnalité, des consultants en relations humaines, qui ont rédigé leur mission, leur vision et leurs valeurs et qui ont un plan stratégique ont souvent des points bonis dans les points discrétionnaires des juges. Parfois, la volonté inébranlable d’un entrepreneur de vivre de la terre et les gestes qu’il pose en ce sens apportent quelques points de plus. Certaines histoires aux 1000 embûches peuvent aussi se faufiler dans les finalistes, car la résilience, la créativité et l’abnégation font partie de l’entrepreneuriat agricole. Malgré une grille d’analyse Excel explicite, les juges expriment parfois un coup de cœur pour une candidature. Chose certaine, les ingrédients de base d’une bonne mise en candidature sont : un dossier écrit bien étoffé, l’accompagnement par sa coopérative et la mise en lumière des points forts! La question est alors : le gagnant inspirera-t-il durablement d’autres entrepreneurs en devenir?
3. Les résultats technicoéconomiques font-ils foi de tout?
Non. Bien entendu, les juges désirent couronner des entreprises qui ont toutes les chances de durer. Pour cela, des points sont attribués selon des critères technicoéconomiques, mais il faut parfois comparer des pommes et des oranges, des performances et des rentabilités dans les bouvillons, le lait, l’érable ou les œufs de consommation!
4. Les fermes reçoivent-elles toutes la visite des juges?
Non. Le concours juge les candidatures écrites. Les meilleurs dossiers passent ensuite à l’étape des visites : deux heures à la ferme pour discuter et visiter les installations. « Les visites permettent de bien évaluer les candidatures, estime Normand Lapointe. Parfois, la visite inverse un préjugé défavorable, un dossier écrit léger. Mais il faut dire que la qualité des candidatures ne cesse de nous épater année après année. »
5. Pourquoi y a-t-il toujours plus de finalistes en production laitière?
Au Québec, les fermes laitières sont partout : elles représentent 16 % des entreprises agricoles et 25 % de l’économie agricoles. L’envergure de ces fermes, avec les quotas et les autres actifs, fait qu’elles sont complexes à transférer ou à démarrer. Les producteurs laitiers ont donc intérêt à rédiger un plan, à bien s’entourer. En fin de compte, ces agriculteurs sont-ils plus fiers de leur cheminement, au point de présenter leur candidature? Chose certaine, tous les membres de Sollio ou clients d’Agromart peuvent soumettre leur dossier, peu importe la taille de l’entreprise ou le type de production.
Salut Muriel!
Les 20 ans du concours ont marqué la dernière participation comme membre du jury de l’ex-première vice-présidente de Sollio Groupe Coopératif, l’agronome Muriel Dubois. Elle a toujours vu le Prix relève Sollio comme une manière de resserrer les rangs de la coopération. Pour Muriel, le Prix fait partie des affaires coopératives, du penchant naturel des coops à mettre en valeur les brillantes réalisations de leurs membres.
Texte de Sollio Groupe Coopératif