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Grâce à L’ARTERRE, 124 couples « aspirants agriculteurs - propriétaires » ont été formés depuis 2018.

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Article technique
Production et rendement
Michel Govaerts et sa famille.
Michel Govaerts est un vrai passionné d'agriculture! Il travaille dans le domaine depuis près de 20 ans. Il recherche une ferme laitière d'environ 50-60 vaches Holstein et minimalement 60 hectares.

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Nancy Malenfant

Collaboratrice

Nancy est détentrice d’une maîtrise en gestion et gouvernance des coopératives de l’Université de Sherbrooke ainsi que d’un diplôme d’agriculture. Elle travaille chez Viridis Environnement.

Il était un temps où l’on était agriculteur de génération en génération. Dorénavant, les transferts entre personnes non apparentées (non membres d’une même famille) constituent un mode fréquent de transmission des entreprises agricoles. Il n’est cependant pas toujours simple pour les propriétaires et la relève de se rejoindre.

C’est à ce problème que répond le réseau L’ARTERRE. Lancé en mars 2018, ce service de maillage, chapeauté par le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ), repose sur le jumelage entre aspirants agriculteurs et propriétaires fonciers ou exploitants. « Nous sommes un élément de plus dans la trousse à outils de l’établissement agricole, déclare Benoît Curé, coordonnateur de L’ARTERRE et chargé de projets en établissement et transfert au CRAAQ. Nous ne remplaçons pas les conseillers en transfert et en gestion. Quand l’agent de maillage de L’ARTERRE accueille un candidat, il tricote autour de lui une équipe. Il va le mettre en relation avec les bons intervenants, les personnes qui vont l’aider à faire cheminer correctement son projet, et il l’accompagne dans le processus. »

Après trois années d’activité, ce service a réalisé 124 jumelages entre des aspirants agriculteurs et des propriétaires. On compte aussi 214 établissements de candidats qui ont entamé le processus avec L’ARTERRE, mais ont trouvé leur « partenaire idéal » hors du réseau. « Sans lui en attribuer tout le mérite, on peut penser que l’accompagnement fourni par l’agent de maillage a eu un impact positif sur ces établissements », croit Benoît Curé.

Selon les besoins et attentes de chacune des parties, il existe différentes formes de jumelages possibles : vente, location avec ou sans option d’achat, transfert, partenariat. Parmi les jumelages réalisés, une panoplie de productions, autant végétales qu’animales, sont représentées.

Des candidats sérieux

On ne papillonne pas librement dans la banque de candidats de L’ARTERRE à la recherche d’une fleur à butiner. Les candidats, qu’ils soient aspirants agriculteurs ou propriétaires, doivent montrer leur sérieux. L’inscription passe par la prise de contact avec l’agent de maillage de son territoire. « Beaucoup de gens montrent de l’intérêt, mais se découragent après un survol du processus d’établissement et de ce qu’il représente, note Benoît Curé. Ceux qui s’engagent finalement dans la démarche sont sérieux. On leur demande d’ailleurs de passer par l’agent de maillage tout au long du processus afin que celui-ci puisse les accompagner. »

L’agent de maillage évalue les candidatures sur les plans à la fois humain et entrepreneurial. Avant de mettre un candidat en relation avec un autre, il va l’amener à bien préparer son projet, que ce soit par l’établissement d’un plan d’affaires ou de retraite, l’acquisition d’expérience sur le terrain ou d’une formation complémentaire, etc.

« Le processus est normé, car on veut avoir des candidats qualifiés, dit le coordonnateur de L’ARTERRE. On veut éviter qu’un aspirant ne soit jamais en mesure d’aller plus loin qu’une intention. De l’autre côté, on invite les producteurs à déterminer exactement ce qu’ils veulent. On va poser des questions et amener les gens à réfléchir à leur projet, leurs critères, leurs valeurs. Le but est de créer une base de discussion et de ne pas faire perdre son temps à l’autre. »

Se préparer tôt et bien

Selon Benoît Curé, il n’est jamais trop tôt pour se préparer à un transfert d’entreprise – surtout lorsqu’il n’y a pas de relève familiale. « Plus on commence tôt, plus on se donne le temps et la chance de trouver la bonne personne, déclare-t-il. Parfois, le premier jumelage n’est pas nécessairement le bon, et il faut faire une autre tentative. »

Malheureusement, les producteurs pensent souvent à cette question lorsqu’ils sont rattrapés par le temps, l’âge, la maladie. Ils souhaitent alors un transfert rapide, ce qui n’est parfois pas possible, parce qu’il aurait fallu se préparer correctement, réinvestir ou faire des changements draconiens au préalable. Certains décident alors de vendre les actifs et de démanteler leur ferme. « Il est préférable de passer les rênes de l’entreprise quand tout va bien, dit Benoît Curé. Si je vous passe le volant lorsque la voiture commence à déraper, ce n’est pas certain que vous tiendrez la route. »

On continue

Fier de son succès, L’ARTERRE continuera sans nul doute à contribuer à la vitalité des milieux agricoles, pense Benoît Curé. « Notre mission va au-delà de l’aspect économique, car ce n’est pas uniquement une entreprise en milieu agricole qui s’installe, c’est aussi une famille qui va occuper le rang, avec des enfants qui vont aller à l’école du village et des gens qui vont utiliser les services de proximité », conclut-il.

Merci de votre participation!

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