Endettement, partie 8 : La gestion des priorités

L’agronome André Grenier, président du Réseau d’expertise en gestion agricole (REGA) et consultant en gestion d’entreprise agricole pour Question-Conseil, a des phrases clés qu’il ne cesse de répéter aux producteurs qui le consultent.

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Patrick Dupuis

Directeur et rédacteur en chef au magazine Coopérateur

Agronome diplômé de l’Université McGill, Patrick travaille au Coopérateur depuis une trentaine d’années.

En voici quelques-unes, en rafale : « Il y a des économies qui ruinent et des dépenses qui enrichissent. » « On fait notre bonheur avec les choses qu’on peut se permettre. » « Le pire ennemi de l’endettement, c’est de regarder ce que le voisin fait. » « La remise en question est la clé de la réussite. » C’est pourquoi il recommande aux producteurs d’élaborer une liste de priorités.

1. La tenue de livres

« Ce devrait être une priorité, dit-il. On la fait le lundi matin, quand on est en forme, éveillé – pas le jeudi soir, fatigué. Ça permet de voir où l’on est rendu. Y a-t-il eu des erreurs? La tenue de livres nous fait réaliser qu’on ne peut dépenser ce qu’on n’a pas. À la limite, on peut la faire faire à forfait. »

2. La planification de chaque saison, chaque mois, chaque semaine, chaque jour…

Chaque saison a son importance, rappelle André Grenier. « L’hiver, c’est le moment du constat global et de la planification de la prochaine saison avec ses conseillers. C’est le temps de l’entretien préventif et de la réparation de la machinerie. Les garages sont peu occupés, donc on peut bénéficier de réductions. » La planification comprend une saine gestion des ressources humaines. « Éviter les surcharges. Que chaque heure soit productive et non pas toujours constituée de travail “plate”. Une main-d’œuvre bien gérée et bien rémunérée est heureuse, productive et efficace. Faites confiance à vos employés. Demandez-leur ce qui ne va pas. Faites des réunions. »

3. La détermination du coût d’opportunité

« Il faut distinguer entre envie et besoin, dit l’agronome. Doit-on acheter une terre ou acheter du maïs récolté? Le financement d’une terre de 3 millions $ à 5 % coûte, en intérêts, 150 000 $ par année – sans remboursement de capital ni coût d’exploitation. En revanche, acheter 500 tonnes de maïs à 200 $ la tonne coûte 100 000 $. Le coût d’opportunité est peu analysé. »

« Je n’ai jamais dit qu’un agriculteur n’a pas le droit de se faire plaisir. Je dis seulement : a-t-il les moyens de le faire? » conclut André Grenier.

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