Ingrédients laitiers : MacAulay promet de fermer le robinet

Totalement absent du paysage médiatique depuis son élection en octobre 2015, le nouveau ministre fédéral de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Lawrence MacAulay, a accordé une entrevue de quelques minutes au Coopérateur peu avant Noël.

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Lawrence MacAulay

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Nicolas Mesly

Journaliste, agr.

Nicolas est journaliste, agroéconomiste, auteur, conférencier et documentariste.

Dernier d'une série de trois articles sur les ingrédients laitiers

Originaire de l’Ile-du-Prince-Édouard, il se dit bien au fait des problèmes liés à l’importation de lait diafiltré « parce qu’il y a des producteurs laitiers dans ma province ».

Pour le moment, le lait diafiltré contourne deux fois la réglementation canadienne. Le produit entre d’abord au pays sans tarif. Les concentrés liquides ou solides qui contiennent plus de 85 % de protéines laitières sont exempts de tarifs en vertu des accords commerciaux. Une fois la frontière canado-américaine franchie, les camions-citernes se dirigent vers les usines où les transformateurs utilisent ce lait super protéiné dans la composition de fromage.

Ce produit, dernier cru de la technologie laitière, contourne ainsi les normes fromagères canadiennes qui exigent l’utilisation de lait, mais n’en précise pas son origine. Il n’y a rien d’illégal à cette pratique et, à la limite, un transformateur canadien pourrait faire venir tout son lait des États-Unis, car il coûte deux fois moins cher!

M. MacAulay ne peut préciser en détail comment il entend colmater la frontière. Deux agences sont impliquées, soit l’Agence des services frontaliers du Canada (tarifs) et l’Agence canadienne d’inspection des aliments (normes fromagères). « Ce que j’essaie de faire… est de m’assurer qu’il y a un contrôle effectif du lait diafiltré à la frontière et de l’endroit où ce produit est utilisé par la suite », indique le ministre. Ce dernier assure que les deux agences fédérales travaillent de concert pour régler le problème.

L’échéancier est-il une question de jours? De mois? « Le plus tôt possible », répond-il.

Au sujet de l’Accord du Partenariat transpacifique (PTP), le nouveau gouvernement de Justin Trudeau a-t-il l’intention de renégocier cet accord comme veut le faire la candidate démocrate à la présidence américaine Hilary Clinton? « Je ne peux pas répondre pour les Américains. Mais nous avons l’intention de débattre cet accord à la Chambre des communes et cela va déterminer ce que l’on va faire », dit le ministre.

Le précédent gouvernement avait prévu une somme de 4,3 G$, dont une partie pour compenser l’ouverture de 3,5 % du marché canadien négocié sous cet accord. En fin d’entrevue, le ministre a insisté sur le fait que son gouvernement entend appuyer la gestion de l’offre.

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