La Ferme Nieuwenhof, dans une classe à part

La Ferme Nieuwenhof parvient à maintenir l’excellence en production laitière grâce à une formule innovante en nutrition et à l'agriculture régénératrice.

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Reportage de ferme
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Le duo père-fils Justin et Benjamin Nieuwenhof
Le duo père-fils Justin et Benjamin Nieuwenhof de la Ferme Nieuwenhof, sont membre d'Uniag Coopérative.

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Étienne Gosselin

Agronome et rédacteur

Étienne est détenteur d’une maîtrise en économie rurale et œuvre comme pigiste en communications. Il cultive commercialement le raisin de table à Stanbridge East dans les Cantons-de-l’Est.

En 2018, juste avant qu’ils n’accueillent le pique-nique annuel Holstein Québec, le Coopérateur titrait que les Nieuwenhof étaient engagés dans une démarche d’évolution disruptive, forme extrême d’amélioration continue.

Déjà sacré maître-éleveur en 2009 (préfixe LARELEVE), le duo père-fils Justin et Benjamin Nieuwenhof a obtenu un deuxième titre en 2023 en pulvérisant le record du nombre de points par vache enregistrée (41,7 points). Au concours Performance laitière de Sollio Agriculture, Nieuwenhof & Associés figurait en 2024 au sommet du réseau coopératif avec 3,53 kg de gras-protéine.

En 2025 (avec 3,52 kg de gras-protéine au concours), la moyenne de production par vache avoisinait les 16 900 kg de lait avec trois traites espacées aux neuf, huit et sept heures.

« Le fait d’être au top est un exploit, mais le demeurer en est un autre. »

— Simon-Pierre Loiselle, expert-conseil d’Uniag Coopérative qui conseille les Nieuwenhof

À l’étable

Dans l’étable, peu de changement. Les ventilateurs-brumisateurs, qui généraient une humidité dans l’air excessive, ont été remplacés par de vrais gicleurs qui douchent les vaches lors des canicules – c’est à Dundee qu’on trouve les terres les plus chaudes au Québec. La litière des vaches est toujours ce bon sable inerte, frais et modelable.

Dans la sélection des taureaux, Benjamin privilégie maintenant les kilos de lait par vache plutôt que les composantes, sur lesquelles portait la sélection génétique des dernières années. Il a remarqué que les kilos de lait au pic de lactation des primipares ont baissé de 53 à 47. Or, si le lait va en diminuant, la production lipidique compense vers le haut, mais pas la production protéique. «La manière la plus efficace de produire plus de protéines est d’augmenter le lait total», analyse l’éleveur, qui a remarqué une tendance à la valorisation de la protéine dans le prix du lait.

À la mangeoire

Parlant protéine, connaissez-vous vos acides aminés? Benjamin Nieuwenhof navigue aisément entre la lysine, la méthionine et les autres acides aminés essentiels qui ne peuvent pas être synthétisés par l’animal. Il teste donc un acide aminé à la fois, comparant les effets sur la production et les composantes, trois semaines avant le test et trois semaines plus tard. Des essais certes empiriques, mais néanmoins révélateurs.

On sert encore de la graine de coton riche en fibres et aux profils d’acides aminés et d’acides gras différents, trois remorques par année achetées de la Virginie. Mais la grande nouveauté est qu’en 2024 et en 2025, la ferme a expérimenté le soya à haute teneur en acide gras oléique, modifié pour rehausser sa teneur en gras monoinsaturés. En remplacement de la fève de soya rôtie, ce soya mieux assimilable, à la fois protéique et énergétique, a permis d’augmenter le taux de gras de 4,1 % à 4,21 % au moyen de deux kilogrammes de soya rôti servis par jour. Les Nieuwenhof planifient d’investir dans un microniseur afin de pouvoir alimenter le soya oléique produit à la ferme.

Mais ce sont les performances reproductives qui enthousiasment le plus l’éleveur : diminution des pertes embryonnaires et taux de gestation supérieur de 11 % à la moyenne annuelle en raison de la meilleure teneur énergétique de la ration. Pour Benjamin, ce soya est un game changer dans la nutrition.

Au champ

Sur 10 % des 475 hectares en culture, on pratique toujours trois récoltes en deux ans : après le maïs fourrager, on implante un seigle d’automne fourrager récolté à la fin mai, suivi d’un soya. La rotation typique reste maïs-soya-blé, un engrais vert d’avoine-pois est ensuite implanté. Fin octobre, on travaille ce couvert végétal en bande sur 20 cm (8 po) et on applique de la potasse. Résultat : une terre qui sèche plus vite, prête au semis du maïs au printemps.

Les Nieuwenhof dénichent ces pratiques dans les magazines et les balados, mais aussi par l’entremise de groupes sélects d’innovateurs comme NextLevel ou Total Acre. Ce dernier est mené par Randy Dowdy et David Hula, des États-Unis, recordmans mondiaux du soya et du maïs, qui ont visité les Nieuwenhof lors d’une journée de champ, en juillet dernier.

Avec ces groupes, on s’intéresse à la fertilisation, mais aussi à des détails pas anodins comme le réglage du planteur ou le choix des disques. Chaque semaine, on échantillonne le soya et le maïs à la recherche de carences.

— Benjamin Nieuwenhof

Le partage de mégadonnées entre les fermes permet de déceler des tendances dans les besoins physiologiques des différentes variétés.

En production laitière, Benjamin trouve aussi passionnant d’écouter le bon orateur, penseur et producteur innovateur ontarien Ben Loewith de Summitholm Holsteins, qui vient avec sa famille de lancer une laiterie à la ferme pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) et les kilomètres alimentaires en livrant des produits laitiers directement aux consommateurs.

Dowdy, Hula, Loewith, même les meilleurs s’inspirent des meilleurs!

Merci de votre participation!

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