Faire du lait : Croissance et efficacité

Des propriétaires de grands troupeaux laitiers du Québec, de l’Ontario et de l’Alberta nous font partager leur vision de la croissance de leur entreprise et de l’avenir de la production laitière au pays.

Publié le
Reportage de ferme
Gestion
Vaches en lactation.
Les Entreprises Lavoie, Saint-Isidore, Alberta

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Patrick Dupuis

Directeur et rédacteur en chef au magazine Coopérateur

Agronome diplômé de l’Université McGill, Patrick travaille au Coopérateur depuis une trentaine d’années.

Dossier : faire du lait, 3 provinces, 3 producteurs, 3 points de vue

Croissance et efficacité

La gestion serrée des entreprises agricoles est un incontournable. Nombre d’experts le répètent. Les marges faiblissent, la concurrence s’intensifie, le monde frappe de plus en plus fort à nos portes.

Une tendance lourde au Québec et au Canada : la polarisation des entreprises laitières. D’un côté, de grandes exploitations qui poursuivront leur croissance. De l’autre, de plus petites qui cibleront des marchés de créneau.

« On ne pourra pas demeurer la région d’Amérique du Nord où on a, en moyenne, le plus petit troupeau », croit Alphonse Pittet, 59 ans, dont la ferme, installée à Saint-Tite depuis 1980, produit 324 kg de quota avec 240 vaches.

Alphonse Pittet, son épouse, Claire, et leur fils, Jérémie, sont au diapason. Malgré le pessimisme qui plane, ils entrevoient positivement l’avenir dans leur secteur. En 2016, ils laisseront définitivement tomber les quatre robots de traite acquis en 2003 au profit d’un carrousel de 24 places, déniché sur Facebook pour la moitié du prix d’un neuf.

Un nouveau bâtiment d’élevage verra le jour. Une infrastructure polyvalente qui leur permettra d’agrandir le troupeau au besoin. « On veut d’abord accroître la productivité sans augmenter le nombre de têtes : on vise 375 kg », indique Jérémie, 27 ans. L’entreprise misera sur les gains d’efficacité, avec trois traites par jour, en conservant les mêmes coûts d’alimentation.

Enthousiasmés par leur projet, les Pittet disent vivre une période exceptionnelle pour prendre de l’expansion, grâce à l’accès au financement et aux bas taux d’intérêt. « La technologie est là, on est super bien équipés, dit Alphonse. Tout coûte cher et on s’endette, mais c’est le propre des entrepreneurs. On est “condamnés” à l’efficacité. »

Nick Thurler, producteur de lait de South Mountain, en Ontario, achète du quota tous les mois. La production de son troupeau est en hausse constante. Son frère et lui possèdent 560 kg de quota.

« Quand on a eu atteint 200 vaches en lactation, on a bâti une salle de traite double-12, dit le producteur d’origine suisse. Aujourd’hui, on y trait 440 vaches trois fois par jour. Il faut dépenser beaucoup pour en faire plus avec moins de personnel, mais tu deviens plus efficace. L’important, c’est que l’entreprise génère suffisamment d’argent pour assurer le remboursement des investissements. »

Les propriétaires des Entreprises Lavoie, une des exploitations laitières les plus rentables de l’Alberta, voient les choses du même œil. Pour prospérer, ils ont misé sur la croissance et la gestion serrée de leurs actifs.

Cette ferme laitière de Saint-Isidore, à 500 km au nord d’Edmonton, a connu une importante évolution. Elle est passée d’une dizaine de vaches à ses débuts, en 1953, à 250 en 1995, puis à 420 en 1999.

« Grossir procure des économies de taille et permet d’atteindre une masse critique suffisante pour se procurer des technologies plus efficaces et plus rentables », souligne Claude Lavoie, 36 ans, un des six actionnaires de l’entreprise.

« Prendre de l’expansion est aussi une mentalité dans notre province », indique Richard Lavoie, 64 ans, le père de Claude.

Les entreprises qui choisissent le statu quo se feront dépasser et finiront par reculer, estiment les producteurs interrogés.

Calculs à l’appui, Claude mijote un projet d’étable de 1000 vaches en lactation. En matière d’équipements et d’infrastructures, les Entreprises Lavoie ont déjà la capacité de combler cette croissance. « Claude a beaucoup d’ambition et c’est un bon gestionnaire », souligne son père.

Vous pouvez lire le dossier complet dans l'édition de février 2016 du magazine Coopérateur.

Dans le même dossier :
Faire du lait : Quota et gestion de l'offre
Faire du lait : Ingrédients laitiers
Faire du lait : Transfert d'entreprise

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