Diversité et créativité pour démarrer
Samuel Lanctôt a gagné le gros lot : un quota de 6000 poules pondeuses. En sus du concours : une conjointe et une famille avec qui partager le projet!
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De bonnes études d’agronomie et de maîtrise en sciences animales à l’Université McGill. De fortes aptitudes entrepreneuriales qui lui viennent de sa famille, qui opère la ferme laitière familiale. La main heureuse lors du tirage au sort du programme d’aide au démarrage des Producteurs d’œufs du Québec. Et un joli sourire qui a fait craquer la belle Delphie Gendreau, sa conjointe avec qui il a eu deux enfants, Clovis et Blanche. Soit tout sourit à Samuel Lanctôt, soit l’Estrien fait sa chance en cultivant les conditions gagnantes.
En 2017 après deux tentatives, il a remporté le concours, fondé Ferme Bec-O Lanctôt et pu démarrer, en janvier 2019, dans les œufs de consommation, construisant d’abord un poulailler capable d’héberger 15 500 pondeuses en cages enrichies. Déjà rempli avec les allocations usuelles et la location de quota, Samuel Lanctôt a même prévu un toit monopente pour doubler le poulailler au temps opportun. Il suffira d’abattre le mur central pour multiplier le plaisir de produire des cocos. Prévoyant, l’homme a opté pour un séchoir à fumier situé sous les cages. Ce système permet de produire un fumier plus sec (66 % de matière sèche) qui conserve mieux sa richesse azotée et qui pourrait être cubé et commercialisé.
Samuel est reconnaissant envers les anciens gagnants du concours qui l’ont aidé à structurer son projet. Mais il a fallu qu’il fasse ses devoirs en montant, par exemple, un chiffrier dans lequel il fait varier le nombre de poules pour constater l’impact sur le flux de trésorerie… sur les cinq prochaines années!
À deux c’est mieux
Et Delphie? Elle a atterri chemin Cookshire à Compton quelque part en septembre 2019 après une soirée d’étable dans le patelin. Si Samuel est bardé de diplômes, Delphie n’est pas en reste avec des études à l’ITAQ, en agroéconomie à l’Université Laval et en administration des affaires à l’Université de Sherbrooke.
En 2021, c’est le projet de poulettes qui a animé les tourtereaux, projet d’envergure qu’ils ont mené de front à deux, profitant de l’appui financier à la relève que Delphie a obtenu de La Financière agricole du Québec. L’idée? Ne plus dépendre de plus d’un éleveur pour constituer le troupeau de ponte de Bec-O et connaître le statut sanitaire d’oiseaux dont on aura pris soin. Grippe aviaire, salmonelles, bronchite infectieuse variant Delmarva : on n’utilise pas d’antibiotiques dans la production des œufs. Vaccination et prévention font foi de tout! Tant qu’à avoir maintenant un beau poulailler d’élevage sur parquet pour élever des poulettes en liberté qu’on entraîne pour la ponte en volière, pourquoi ne pas en produire aussi 23 000 pour le réseau de Sollio?
À côté de leur belle maison de style farm house, une parcelle de terre plus rocailleuse a été plantée de 1000 noisetiers et ceinturée de 300 mètres de clôture contre les chevreuils. Un projet cher à Delphie pour diversifier encore davantage les produits de la ferme. L’automne dernier, on a procédé à une première récolte, l’équivalent de deux pots de crème glacée Coaticook, unité de mesure typiquement estrienne!
C’est sur une terre qui appartenait à la ferme familiale que les poulaillers sont maintenant construits, à quelques centaines de mètres du site laitier exploité par le frère de Samuel, Antoine, sa conjointe Catheryn et ses parents Maurice et Élaine. Samuel multiplie les liens amicaux et d’affaires avec sa famille. Notamment, il gère, en mode biologique, des terres en copropriété. Bref, l’entraide demeure dans la famille.
Commercialiser des œufs
Deux après-midis par semaine, on reprend des plateaux d’œufs dans la chambre réfrigérée pour mirer, laver, classer et empaqueter les œufs au moyen d’un poste de classement comme il en existe peu au Québec, une douzaine tout au plus. Cette unité permet d’imprimer le code de Bec-O (QC8T1) sur les œufs pour pouvoir les vendre ailleurs qu’au kiosque de la ferme, kiosque qu’on trouve au cœur de Compton, route 147, 7000 voitures par jour!
On livre donc des œufs à la laiterie La Pinte d’Ayer’s Cliff qui distribue les œufs à 70 points de vente dans un rayon de 100 km. La majorité des œufs (70 %) prend encore le chemin du classificateur Burnbrae à Saint-Zotique. Le prochain projet? Automatiser à l’aide de caméras et de l’intelligence artificielle le mirage des œufs pour faire passer de trois à un seul employé ce travail fastidieux.
Diversifier leurs productions et leurs marchés fait donc partie de leur mission. Faire preuve de créativité dans leurs opérations de leur vision. Dans chaque projet, le couple cherche les valeurs ajoutées. Mission, vision, valeurs : le langage de vrais entrepreneurs agricoles!
Cet article est initialement paru dans le Coopérateur de mars 2026.
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