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COVID-19 : Olymel en pleine mouvance

Olymel a connu des hauts et des bas en 2019 et elle a su tirer son épingle du jeu. Avec la pandémie de la COVID-19, l’année 2020 s’annonce corsée. Un premier cas a été déclaré chez un travailleur de l’usine ATrahan, de Yamachiche. Olymel met tout en œuvre pour remédier à la situation et continuer de remplir sa mission : nourrir le monde. Entrevue avec son PDG Réjean Nadeau

 

Après un premier cas de COVID-19, quelles seraient les conséquences si les contaminations étaient multiples?

S’il était nécessaire, en raison d’une contamination, que l’on en vienne, ultimement, à devoir fermer un ou des établissements, au Québec, en Ontario ou en Alberta, les conséquences seraient beaucoup plus importantes, pour l’entreprise et les producteurs. Les capacités d’abattage, autant dans le porc que dans la volaille, ne nous permettent pas, dans l’hypothèse de fermetures d’usines ou de réductions importantes de capacités, de replacer ces volumes dans nos autres usines. Il y aurait un impact important chez les producteurs tant de porc que de volaille. Nos voisins américains vivent la même chose. On ne peut donc pas compter sur eux pour nous aider dans une telle situation. C’est pourquoi nous avons mis en place toutes les mesures de sécurité et d’hygiène nécessaires pour éviter que nos employés risquent de contracter la maladie.

 

Dans le contexte du COVID-19 qui sévit, comment se portent les exportations d’Olymel?

Les exportations fonctionnent somme toute bien. Jusqu’à maintenant, la pandémie n’a pas entravé la libre circulation des produits. Nos ventes vers les États-Unis se poursuivent. La demande chinoise reprend aussi presque à des niveaux normaux. C’est une bonne nouvelle. Il y a toujours deux de nos établissements (l’abattoir de Red Deer, en Alberta, et l’entrepôt de produits congelés de Saint-Simon) dont nous souhaiterions obtenir l’admissibilité pour la Chine. Quant aux ententes avec les services d’inspection canadiens et chinois, tout est approuvé. Plus rien ne pourrait nous empêcher d’exporter. Toutefois, il y a encore des tracasseries politiques qui retardent les activités d’exportation.

 

Qu’en est-il de la demande domestique, sachant que la plupart des restaurants ont dû cesser ou radicalement réduire leurs activités?

Puisque les restaurants ne sont autorisés à fournir leur clientèle que par l’entremise des livraisons et commandes pour emporter, on assiste à une diminution de l’ordre de près de 70 % de l’achalandage dans les établissements de restauration, ce qui affecte bien sûr nos usines spécialisées dans l’approvisionnement de ces marchés. Je pense notamment à celle de Brampton, en Ontario. Pour le moment, cette très forte diminution est compensée par une augmentation importante de la demande au détail, et ce, pour les produits de porc et de volaille frais et transformés. Les consommateurs mangent davantage à la maison. Les volumes sont donc encore au rendez-vous pour Olymel. Mais comme on le sait, la situation évolue très rapidement.

 

L’impact économique est-il important pour Olymel?

Il est difficile à évaluer. Au moment où l’on se parle, il n’est pas encore important en raison du maintien des volumes.

 

Les travailleurs de vos usines sont-ils affectés par les mesures d’hygiène demandées par le gouvernement et la santé publique?

Dès les débuts de la crise, on a pris les devants. On gère la situation au mieux. En plus de respecter les demandes gouvernementales, nous suivons les recommandations de deux médecins spécialistes, un microbiologiste et infectiologue, et un expert en santé publique dans le domaine du travail. Ils nous conseillent sur les mesures à prendre pour se conformer et même parfois pour être à l’avance des exigences en matière d’hygiène. Il faut savoir que dans nos usines nous respectons déjà des règles de salubrité dictées par l’Agence canadienne d’inspection des aliments qui sont nettement plus sévères que celles de la majorité des usines d’autres secteurs d’activités, que ce soit en ce qui a trait au lavage des mains, à la désinfection des lieux de travail, et au port de vêtements de protection adaptés à la situation. Nous sommes allés encore plus loin pour assurer la protection et la sécurité de nos employés, de même que pour toute notre filière d’approvisionnement.

 

Pour le moment, comment les producteurs qui vous approvisionnent vivent-ils la situation?

À ce stade-ci, les approvisionnements se passent bien. En ce qui concerne les conventions de mise en marché, s’il y avait une réduction majeure de nos activités, les obligations d’achats devront être révisées. Nous évaluons actuellement des plans de contingence en fonction de l’évolution des événements.

La rédaction

edition@lacoop.coop